PARCE. DOMINE, PARCE POPULO TUO
» Au R. P. Arina-Vwa, Sujpérieur géné- » rai de la Compagnie de Jésus — à lui » seul.
» Vingt-deuxième nuit de mai.
» C'est vers vous que je crie, ô mon père, vers » vous qui êtes mon Dieu et mon Christ vivant!... )) 0 mon père ! qui donc a osé dire : Jésus nous a » sauvés de la Malédiction^ en se faisant Mdlé- » diction lui-même?... Fallacieuse assurance! dé- » cevante promesse ! Non, non, cela n'est pas, et » TApôtre a menti au Monde ! Il a menti, lui qui » savait la Parole : Vous aurez toujours des pau- » cr es parmi cous . . . Yié\di?,\ si tel est l'arrêt de » rimmuable Sagesse, si toujours parmi nous doi- )) vent se rencontrer des êtres condamnés à la pau- » vreté et à la faim — toujours, sans doute, existe- » ront parmi nous des créatures vouées au déses-
» poir et à la damnation! Le grain ne germe-t-il » pas au sillon pour le broiement de la meule? » l'agneau ne naîl-il pas dans Tétable pour le cou- » teau de rabattoir?... Ah! pardon, mon père, si » ma plume ose tracer de tels blasphèmes! par- » don!... mais, en vérité, le doute m'environne et » l'effroi me mord le cœur !... Ayez pitié! Qu'un » seul mot tombé de votre bouche rende la paix » et le calme à mon âme! (Jue votre Parole daigne » m'apprendre si j'ai réellement commis l'iniquité; » si ma main bientôt souillée de sang est devant le » Seigneur une main homicide! !...
» Mes dernières lettres vous en ont instruit : un » homme a été par moi livré à l'épée du Siècle — » un homme qui avait projet de frapper le Roi jus- » que dans son Louvre... Oh! je l'ai déjà dit, je le » répète encore : soyez sans crainte ! Le sacrement » redoutable n'a pas été violé, le sceau de la con- » fession est demeuré intact... Quand, il y a trois » ans, le jour même de la Commémoration des » Morts, Pierre Maréchal, venu exprès à Douai, » m'avoua spontanément son dessein, il s"adres- » sait non pas au prêtre, mais à Thomme. A gey> noux près de moi, Pierre Maréchal pouvait res- » sembler peut-être au coupable qui s'humilie : il » n'était vraiment que le superbe qui s'exalte, le