PARCE, DOMXE, PARCE POPULO TUO
» leiitateur qui séduit et suborne! L'amour — et )> c|uel amour, mon père ! — l'amour charnel de » TEnfer, non pas le repentir, non pas la contri- » tion, le jetait ainsi à mes pieds... Oh! pareille » confidence faite par cet orgueilleux, la tète haute, » l'œil hardi, la voix assurée, pareille confidence, )> je le jure, ne fut jamais une confession!... » D'ailleurs, inébranlable en son vouloir, ce dé- » moniac|ue m'a depuis lors — il y a huit jours à » peine — répété son propos : et cette fois nous » conversions ensemble, hors le tribunal de la pé- » nitence. Aussi, le Conseil de la Province consulté » a-t-il répondu : Il faut parler!
» J'ai parlé.
» Et pourtant, j'ai péché, ignominieusement pé- » ché!... A mes frères, j'ai pu celer en partie la » vérité ; mais à vous, père miséricordieux, je dois » la dire entière. — Eh bien! l'homme livré de la » sorte est l'ennemi de ma race, la haine de mon » âme, le frisson de ma chair!!...
» Tu suceras le ve/ii/i de Vaspic, et la iiiorsure » de la vipère te tuera, » m'avaient annoncé les » Livres dans une nuit exécrable où, moi, prêtre de » rÉternel, je ne craignis pas d'interroger Sa- » Lan!... 0 Dieu! tu sais quelle pensée germa » dans mon cœur, quand, blême, secoué par » répouvante, j'appris ainsi que mon destin était
)) le destin de mon père, le destin de tous les » miens — Tagonie dans le sang!!... Non, ah! » non! cela ne pouvait être... Je ne voulus pas que » cela fût ! !
» La vipère!... il fallait trouver la vipère !... )) Mais où se cachait-elle?. . . Et je cherchai, je cher- » chai longtemps... et je trouvai enfin! Oui, je » trouvai : je découvris à des signes infaillibles le » scorpion venimeux, l'aspic muet!... Il était près » de moi, vivant à mes côtés, élevé par mes soins, » nourri par ma main, me prodiguant les baisers » qui empoisonnent, les caresses qui assassinent — » et celui-là, ô rage de l'Enfer ! celui-là c'était le » descendant d'une damnée, le petit-fils d'un dé- » mon dont la morsure a déjà tué tous les miens !... » La mère et l'enfant s'unissant pour parfaire l'œu- » vre de la Mort!... Les Livres n'avaient donc pas » menti!...
» Oh! ne souriez pas, mon père! Ne dites pas : » Qu'on traite ce fou selon sa folie!... Pierre Ma- » réchal est bien le scorpion venimeux, l'aspic » muet que m'ont annoncé les Livres : son nom » seul contient écrits et mon destin et ma » perte ! »
Le P. de Martincoiirt interrompit sa lettre ; il