‹ L'aventure d'une âme en peineChapitre 75 sur 102 · L'ANGE AIME ISRAËL · texte numérisé non relu

L'ANGE AIME ISRAËL

songe n'est pas dans Ion cœur... En vérité, la Mort est bien sur toi !

Dieudonnéesaisit avidement le llacon, et l'élevant jusqu'à ses lèvres, y déposa un baiser passionné.

— Maintenant^ laisse-nioi partir! dit-elle à la Juive.

Dame Blémille ouvrit une porte masquée dans le mur, et la Nina s'élança dans la rue. La porte se referma derrière elle.

D'un pied rapide, la comédienne prit sa course, et presque aussitôt s'arrêta défaillante : elle porta vivement la main vers son épaule droite. Son front était baigné de sueur, ses membres grelottaient. Elle voulut étendre les bras pour chercher un appui ; mais ses yeux se voilèrent, ses jambes fléchirent : elle tomba sur le sol...

Longtemps elle demeura inanimée, battue par le vent glacé du soir, mouillée par l'eau croupie du ruisseau. Enfin le Dieu pitoyable parut avoir pitié : la misérable femme rouvrit les yeux... La nuit était avancée; déjà la lune déclinait sur l'horizon. D'un violent effort, Dieudonnée se releva et reprit sa marche... Bientôt elle heurtait éperdue à la porte du fermier des Prisons.

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