‹ L'aventure de Nicolas CorbinChapitre 13 sur 28 · DE CHARYDDE EN SCYLLA · texte numérisé non relu

DE CHARYDDE EN SCYLLA

Et résolument ii marche A^ers l'échelle.

Puis, il lève la tête et ne peut réprimer une exclamation qui contient autant de surprise que de joie.

C'est que, dans le plafond de cette chambre, il vient de découvrir une ouverture pouvant donner passage à un être humain, et par l'ouverture il aperçoit un coin de ciel, des étoiles.

Enfin, voilà donc la sortie. Voilà le salut!

Du coup il va pouvoir s'échapper et savoir peut-être ce qui est arrivé.

Se hisser le long de l'échelle est un jeu pour lui. Parvenu en haut, il passe

la tête et regarde pru-

demment au dehors,

mais il ne voit rien

Il n'y a là qu'une

Des piquets dispoliés entre eux par des de supports à une pour le moment, mais doit donner à cette ombre agréable.

On dirait, à s'y méd'un navire, y comme la roue du gou-

Geci semble explisur l'échelle et auroue qu'il a fait maqui a eu, certainel'ouverture de cette tréé duquel, curieux pour le moment légè-

Enfin, brusqueliisse tout à fait sur la bond court à l'un des

La main gauche née à l'un des piquets rivée à la balustrade forme, il se penche

Il regarde, et ses l'ahurissement, la stu-

La ville de Chicago s'étend à mille pieds cxu-dessous de lui.

d'inquiétant, large plate-forme, sés aux angles et recâbles minces servent toile de tente roulée qui, par grand soleil, sorte de terrasse mie

prendre , la dunette pris l'habitacle et mêvernail.

quer le mot deck gravé dessus de la petite nœuvrer, manœuvre ment, pour résultante sorte de capot à l'enet intrigué, ii se tient rement étonné, ment le voilà qui se plate-forme, et d'un angles.

solidement crampondétente, la main droite qui entoure la platealors et regarde, yeux s'agrandissent ; peur, se reflètent sur

ses traits. Avec un cri il se rejette en arrière, et, comme s'il voulait chasser de son cerveau une vision surprenante, incroyable, par deux fois il passe la main sur son front.

Cela fait, il revient vers îa balustrade et, avec une légère hésitation, se penche à nouveau.

Oh! cette fois, il n'y a pas d'erreur. Il a vu, bien vu! Non! ce n'est pas là une hallucination.

« Sapristi ! gronde-t-il, elle est raide, celle-là. ■»

Et cette exclamation est amplement justifiée par le spectacle qui s'offre à ses yeux.

Un navire aérien. -

Ce qu'il voit, en effet, c'est la ville de Chicago qui s'étend à mille pieds au-dessous de lui; c'est la cité immense de laquelle il s'éloigne; c'est le lac Michigan au-dessus duquel il plane.

De chaque côté de la cabane, les immenses auvents aperçus dans le jardin se meuvent, semblables à de grandes ailes noires, tandis qu'à l'un des bouts de la plate-forme une sorte d'hélice tourne, produisant ce bourdonnement mystérieux perçu quelques instants plus tôt.

Et tout à coup, comme si un voile épais se déchirait devant ses yeux, il voit, il comprend où il est, il devine à quelle étrange besogne se livrait secrètement son maître, à quelle merveilleuse découverte cet homme, qu'il avait considéré jusqu'ici comme un innocent maniaque, donnait tous ses instants.

Il se rend compte alors pourquoi l'accès de l'aile droite du jardin lui était interdit, ainsi que l'entrée de certaines pièces du pavillon.

Avec un soin jaloux, le docteur Wigson voulait cacher à tous son invention admirable. Nul regard ne devait profaner, avant l'heure, le fruit de ses veilles et de ses travaux : son navire aérien.

Et il n'a fallu qu'un événement stupide et imprévu, la venue de chenapans dans le logis isolé, pour que toutes ses peines, toutes ses précautions, soient détruites d'un seul coup.

Ah ! mais non, non ! mille fois non ! cela ne se peut pas !

Et c'est lui, Nicolas Corbin, qui, en cherchant le docteur, en oubliant ses prescriptions rigoureuses, est la cause indirecte de cette catastrophe; c'est à lui de la réparer au plus tôt.

Un hasard lui a fait mettre en marche l'appareil volant; il faut maintenant qu'en connaissance de cause il le ramène à son point de départ; oui, il faut qu'avant une heure cet engin admirable, l'avion du docteur Abraham Wigson, ait repris sa place dans l'aile droite du jardin d'où le savant seul devait le faire sortir.

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