Anchor, ancre. — Capstan, cabestan. — Ballast, lest
Le Français découvre une pelile porte.
il s'y trouve installée une petite barre à main qui, d'ailleurs, est aussi inutile que celle se trouvant sur le pont.
Cette petite pièce est éclairée par deux larges hublots .
Dans la pensée du docteur Wigson, il est évident que l'homme chargé de diriger l'avion devait, par mauvais temps, se placer là. La barre du pont ne devait servir que par journée calme.
Tout décidément était fort bien compris à bord de cet engin merveilleux.
Et Nicolas Corbin, en le constatant, s'en désole de tout son cœu*.
« Sûrement, gémit-il, le gouvernail a dû se démolir sur le toit de ces maudites maisons. S'il est permis aussi de construire des immeubles de vingt étages! On ne voit jamais cela à Paris. »
Comme il pense de la sorte, la voix de l'ingénieur le tire de sa rêverie.
Cyrus Count, courbé sur le moteur, l'examine avec une attention soutenue et paraît en proie à une émotion assez forte.
Lorsqu'il voit près de lui le capitaine et le domestique du docteur, il se redresse alors et, désignant la machine :
« Un hasard, prononce-t-il, a mis ceci en route. L'un de nous, sans le vouloir, a dû toucher à la mise en train, mais du diable s'il m'est possible de dire comment nous l'arrêterons. Tenez, voyez vous-même et dites-moi quel agent de propulsion la fait mouvoir.
— Mais l'électricité, parbleu! déclare Nicolas Corbin.
— La vapeur? L'essence? » questionne le capitaine. Mais l'ingénieur secoue la tête de gauche à droite.
« Non, dit-il, ce qui fait mouvoir cette machine, ce n'est, écoutez-moi et croyez-moi, ni l'électricité, ni le charbon, ni l'essence, ni le gaz. Non, tout surprenant que cela puisse paraître, aucun de ces éléments différents n'est employé ici. Ce qui fait mouvoir ces bielles, ces pistons, ce qui donne enfin le mouvement à cet appareil qui nous emporte avec lui, c'est une décou^ verte nouvelle que le docteur Wigson, par un moyen connu de lui seul, a su domestiquer ; c'est, en un mot, messieurs, ce que nous ne connaissons encore que fort succinctement sous le nom à^air liquide! »
Et comme ses deux compagnons le regardent muets de surprise :
« Oui, achève-t-il, Vair liquide, cet élément nouveau encore, fort peu connu, et dont le maniement est à ce point dangereux qu'une imprudence peut en faire un agent de destruction formidable. »
Et, lentement :
« Nul de nous ne sait comment se manœuvre ce moteur, fit-il. Il nous reste donc à discuter, messieurs, si nous devons essayer de descendre ou non; mais je vous préviens à Tavance qu'en le tentant nous risquons de sauter. »