‹ L'aventure de Nicolas CorbinChapitre 27 sur 28 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

LA FIN

Descente dans la brume.

C'est la chute ! .

Le moteur d'Abraham Wigson a fonctionné près de soixante heures sans interruption et vient de s'immobiliser brutalement, faute d'air liquide.

Durant ces soixante heures, les voyageurs ont dû parcourir plus de six mille sept cents kilomètres.

Où sont-ils maintenant? Où vont-ils tomber? Est-ce à la mer? Est-ce sur la terre ?

Il se peut en efPet que l'avion, jouet d'un courant capricieux, soit revenu audessus d'un continent.

La brume toujours dense qui s'étend sous leurs pieds ne leur permet pas de s'en assurer.

Et ils tombent. Et, suivant les lois naturelles, la vitesse de leur chute va s'augmenter de seconde en seconde.

Que ce soit la terre ou les flots, le résultat sera presque le même. Ils seront broyés ou noyés. C'est la mort.

A moins que l'on ne puisse enrayer cette descente vertigineuse.

Cette pensée traverse le cerveau des trois hommes avec la rapidité de la foudre. D'un même mouvement, ils se ruent vers l'entrée du capot, sautent plutôt qu'ils ne se laissent glisser dans l'intérieur de la cabine.

D'un bond, ils sont sur les leviers, les saisissent, les font jouer, au hasard.

Ils sentent que la chute continue et s'accentue encore.

Et soudain, Nicolas Corbin se souvient de la petite chambre de veille située à l'avant et dans laquelle est établie une petite roue à main qu'il a jugée, primitivement, comme devant appartenir au gouvernail.

Se précipiter dans ce réduit est pour lui l'affaire d'une seconde.

IE!iî!l!!!!ll*

D'une main tremblante il saisit la poignée de la roue.

D'une main tremblante il saisit la poignée de la roue et la fait évoluer d'un mouvement violent de gauche à droite.

Il y a alors un déclanchement sec.

Deux secondes passent.

Ils ne vivent plus. La chute ne cesse pas.

Ils tombent toujours.

Oui, ils continueut à descendre, mais cette descente, peu à peu, semble se ralentir, des oscillations violentes secouent l'appareil.

L'avion roule, tangue, tourne sur lui-même... mais la chute ne s'effectue plus qu'avec lenteur.

Qu'est-il arrivé?... ir faut savoir.

Nicolas Corbin met sa roue à bloc et, trop ému pour parler, fait signe à ses compagnons de lé suivre sur le pont.

Il j arrivent à peine qu'un choc violent les renverse tous les trois.

Lorsqu'ils se relèvent, c'est pour constater que leur descente est terminée.

Sous la manœuvre exécutée par Nicolas Corbin, les ailes de l'avion, dressées verticalement, ont repris leur position horizontale et, immobilisées, ont formé

parachute, ralentissant peu à peu la vitesse de tombée.

Sauvés!

Aprésent,rappa'reil flotte surles flots, soulevé, comme un immense radeau, par des lames assez fortes.

Ils sont à la mer et ils vivent.

Ils vivent, et, à un quart de mille environ, une voile leur apparaît : un grand brick goélette, toute toile dehors, court dans leur direction.

Cramponnés à la balustrade de la plate-forme, ils se mettent alors à crier, à faire des signaux de détresse.

Pourvu qu'on les aperçoive ?

Un moment ils en doutent.

Le voilier opère en effet une large abattée sur tribord et semble li ^ ' vouloirprendre une autre direction, f - Un instant la stupeur s'empare

des trois malheureux, mais bien

Ils sont sur le pont du bâtimeat. vite la joie renaît.

LA FIN

On les a vus, on vient vers eux.

Ils sont sauvés.

Vingt minutes plus tard, en effet, ils sont sur le pont du bâtiment, entotirés de gens aux visages rudes, mais sympathiques, qui leur parlent dans une langue qu'ils ne connaissent pas.

Par bonheur, le commandant du bord sait un peu d'anglais.

Ils apprennent alors qu'ils viennent d'être recueillis par un baleinier danois qui se rend à Goothabt, sur la côte groenlandaise, où ils aborderont à la tombée du jour.

Ainsi, l'avion du docteur Wigson les a conduits un peu au-dessus du soixantième parallèle, à l'entrée du détroit de Davis et non loin de la côte ouest du Groenland.

Si le moteur avait fonctionné Us ne peuvent que regarder disparaître dans la mer...

seulement quelques heures de

plus, ils s'échouaient dans les glaces polaires, et, cette fois, c'était bien la fin de tout.

Heureusement, ils sont sauvés.

Et le secours qui leur est arrivé est survenu à temps.

En effet, à peine ont-ils quitté le pont du navire aérien que celui-ci s'incline lourdement sur la gauche et s'enfonce lentement sous les flots.

Par les hublots restés grands ouverts, les lames sont en effet entrées. De plus, sous le choc, les ailes se sont brisées. Les larmes aux yeux, Nicolas Gorbin et les deux Américains ne peuvent que regarder disparaître dans les abîmes de la mer la nierveilleuse découverte qui a failli causer leur perte, l'avion surprenant du docteur Abraham Wigson.

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