DUO
DUBOIS
Salut à l'aimable Soubrette,
Au fin sourire , aux charmes séduisants !
La J". Tante» 2,
(lo)
JUSTINE , fie même.
Salut au galanl interprète Du plus empressé des amants !
DUBOIS , à part.
D'honneur, la friponne est jolie,
Et si mon maître, dans ces lieux,
Youlait enfin fixer sa vje,
Je pourrais faire la folie
De l'adorer... un jour ou deux !
JUSTINE, à part.
Bon , je devine dans ses yeux Que l'amour se glisse en son ame, Et grâce à sa naissante flamme, Je saurai tout ce que je veux!...
DUBOIS , avec passion et comiquement.
Dis-moi, cliarmamc amie , Maîtresse de ma vie , Combler:is-tu mes vœux?
JUSTINE
Vraiment , je ne vais pas si vite , Il faut se connaître' un peu mieux.
DUBOIS
De ma flamme subite
N'accuse que tes yeux!
Ah ! prends piiit^ de mon martyre, "Vois mon ardeur , vois mon délire !
Hélas! je n aurai qu'un seul jour Four iiler le parfait amour !
JUSTINE
le ne puis m'empêcher de rire De ses soupirs, de soii amour!
DUBOIS , voulant lui prendre la main.
De cette main que je presse la tienne !
JUSTINE , jouant Vemharras.
Non pas... non pas. . cela ne se fait pas.
Ne sois point inhumaine, Quand on a tant d'appas
Craint-on de faire des ingrats?
Celte main ?
JUSTINE , la laissant prendre.
Non pas !
JUSTINE , à part.
Son cœur palpite de pl.usir , Ah ! de tendresse il va mourir , r^ 1 En vaiu il voudrait s'en défendre, j l Un legaid b'Cn doux , un soupir, CQ I Et le séducteur va se rendre.
^ S DUBOIS, à part.
^ i Son cœur pakiiie de plaisir, S f Son trouble enror vient rembellir , ■ En ■"ain on voudrait s'en défendre, Un regard vainqueur, un soupir , Et la pauvrette va se rendre.
( Agitato. )
DUBOIS
Je n'y résiste plus, Et de mes sens émus L'amour s'est rendu maître !...
JUSTINE
Quel transport!
DUBOIS
Un baiser î
JUSTINE
Non pas... non pas...
DUBOIS
Peux-tu le refascr ?
JUSTINE
Non..; mais il fau' mieux nous connaUr*. Dis-moi d'abord birn franchement Tout ce ijue tu sais de tin maître :
Est-il discret, *-st-iI aima;.t.
Est-il léger , esl-il constant?
DUBOIS
Doucement, doncemrnt,
Je ne parle pas de mon maître..
JUSTINE
Ce baiser ne te séduit pas?
DUBOIS
Sifait, vraiment...
JUSTINE
Tu l'obtiendras...
Il l'embrasse.
Eh bien! tu <îis donc que ton maître...
DT'BOis , l imitant.
Non pas , non p;is , cel^ ne se fait pas ! Je n'ai jamais ii alii mon mahre, Pciur pirene;a^r:r ilaiiS ce taux pas, Un seul baiser ne sulût pas.
JUSTINE
Oh ! le traître !
DUBOIS, riant.
Ne piturc pas !
JUSTINE
J'ai du niallieiir.. liclas ! hélas!
Moi j'ai toujours l'ait des ingrats.
ENSEMBLE
Son cœur palpite déplaisir, etc.
JUSTINE
C'est affreux, Monsieur, siii prendre ma bonne fui!
DUBOIS
Allons, ne te fàclie pas, ma cliètc enfant, je vais satisfaire ta curiosité je vois que ta maîtresse brûle de connaître son prétendu.... c'est trop juste.... mais au moins que mon maîlic ne se doute pas
JUàTINE.
Comment !... il y a donc des choses.,..
DUBOIS
Ah ! des choses auxquelles vous ne vous attendez pas , j'en suis sûr !
jvsTiy'E , ai^ec empressement.
Voyons , voyons vite.
DUBOIS
Figure-toi d'abord que c'e*t uu fort aimable cavalier , brave ,
spirituel , généreux... miis il a de si sinç;uHères irlces qu'il Devient ici que pour... ah ! mon Dieu , je l'entends ; sileucc !
JUSTINE
Que c'est désagréable ! j'allais tout savoir !