‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 108 sur 232 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

DUBOIS

Salut à l'aimable Soubrette,

Au fin sourire , aux charmes séduisants !

La J". Tante» 2,

(lo)

JUSTINE , fie même.

Salut au galanl interprète Du plus empressé des amants !

DUBOIS , à part.

D'honneur, la friponne est jolie,

Et si mon maître, dans ces lieux,

Youlait enfin fixer sa vje,

Je pourrais faire la folie

De l'adorer... un jour ou deux !

JUSTINE, à part.

Bon , je devine dans ses yeux Que l'amour se glisse en son ame, Et grâce à sa naissante flamme, Je saurai tout ce que je veux!...

DUBOIS , avec passion et comiquement.

Dis-moi, cliarmamc amie , Maîtresse de ma vie , Combler:is-tu mes vœux?

JUSTINE

Vraiment , je ne vais pas si vite , Il faut se connaître' un peu mieux.

DUBOIS

De ma flamme subite

N'accuse que tes yeux!

Ah ! prends piiit^ de mon martyre, "Vois mon ardeur , vois mon délire !

Hélas! je n aurai qu'un seul jour Four iiler le parfait amour !

JUSTINE

le ne puis m'empêcher de rire De ses soupirs, de soii amour!

DUBOIS , voulant lui prendre la main.

De cette main que je presse la tienne !

JUSTINE , jouant Vemharras.

Non pas... non pas. . cela ne se fait pas.

Ne sois point inhumaine, Quand on a tant d'appas

Craint-on de faire des ingrats?

Celte main ?

JUSTINE , la laissant prendre.

Non pas !

JUSTINE , à part.

Son cœur palpite de pl.usir , Ah ! de tendresse il va mourir , r^ 1 En vaiu il voudrait s'en défendre, j l Un legaid b'Cn doux , un soupir, CQ I Et le séducteur va se rendre.

^ S DUBOIS, à part.

^ i Son cœur pakiiie de plaisir, S f Son trouble enror vient rembellir , ■ En ■"ain on voudrait s'en défendre, Un regard vainqueur, un soupir , Et la pauvrette va se rendre.

( Agitato. )

DUBOIS

Je n'y résiste plus, Et de mes sens émus L'amour s'est rendu maître !...

JUSTINE

Quel transport!

DUBOIS

Un baiser î

JUSTINE

Non pas... non pas...

DUBOIS

Peux-tu le refascr ?

JUSTINE

Non..; mais il fau' mieux nous connaUr*. Dis-moi d'abord birn franchement Tout ce ijue tu sais de tin maître :

Est-il discret, *-st-iI aima;.t.

Est-il léger , esl-il constant?

DUBOIS

Doucement, doncemrnt,

Je ne parle pas de mon maître..

JUSTINE

Ce baiser ne te séduit pas?

DUBOIS

Sifait, vraiment...

JUSTINE

Tu l'obtiendras...

Il l'embrasse.

Eh bien! tu <îis donc que ton maître...

DT'BOis , l imitant.

Non pas , non p;is , cel^ ne se fait pas ! Je n'ai jamais ii alii mon mahre, Pciur pirene;a^r:r ilaiiS ce taux pas, Un seul baiser ne sulût pas.

JUSTINE

Oh ! le traître !

DUBOIS, riant.

Ne piturc pas !

JUSTINE

J'ai du niallieiir.. liclas ! hélas!

Moi j'ai toujours l'ait des ingrats.

ENSEMBLE

Son cœur palpite déplaisir, etc.

JUSTINE

C'est affreux, Monsieur, siii prendre ma bonne fui!

DUBOIS

Allons, ne te fàclie pas, ma cliètc enfant, je vais satisfaire ta curiosité je vois que ta maîtresse brûle de connaître son prétendu.... c'est trop juste.... mais au moins que mon maîlic ne se doute pas

JUàTINE.

Comment !... il y a donc des choses.,..

DUBOIS

Ah ! des choses auxquelles vous ne vous attendez pas , j'en suis sûr !

jvsTiy'E , ai^ec empressement.

Voyons , voyons vite.

DUBOIS

Figure-toi d'abord que c'e*t uu fort aimable cavalier , brave ,

spirituel , généreux... miis il a de si sinç;uHères irlces qu'il Devient ici que pour... ah ! mon Dieu , je l'entends ; sileucc !

JUSTINE

Que c'est désagréable ! j'allais tout savoir !

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