‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 109 sur 232 · SCENE VIT · texte numérisé non relu

SCENE VIT

Les Mêmes , ARMAND.

ARMAND

Dubois!... Dubois!... où diau'e le coquin s'est-il donc fourré?

DUBOIS

Je vous attendais , Monsieur !

ARMAND , voyant Justine.

Ali ! fort bien . je ne m'e'ionnc plus que tu ne sois pas déjà installé à l'officf ! {A Justine.) On vient de me dire que Dorval n'était point au château ?

JUSTINE

11 est à la chasse pour deux jours.

ARMAND

C'est incroyable ! il n'a donc pas reçu ma lettre?

JUSTINE

Si fait, Monsieur, mais il est si distrait il ne vous attend

qu'ajirès-demain.

ARMAND

Il mériterait bien, pour le punir de son étourderie, que je repartisse Mir-!e-ch.^D)p ! mais non , puisque j'y suis.... demandons à voir madame de St.-Clair... cette cbère prétendue I je ne puis trop m'en dispenser.

JUSTINE , à part.

Oh ! mon Dieu , quel ton g! ice !

DUBOIS

Vous l'entendez, mon enfant, voulez-vous annoncer mon maître?

JUSTINE

Ah ! il sera impossible à Mn-iame de vous recevoir.

ARMAND

Pourquoi donc ?

JUSTINE

Elle e>t malade à mourir..! uue migraine afFrc use ; ell c ce v

personne.

DUBOIS, bas à son maître.

Dites donc, Monsieur, il {araît qu'il y a autant d'empresse- UitDt ù'iiii côté que de l'entre.

ARMAND, avec joie.

El'e ne reçoit persoune... c'est délicieux....

JUSTINE

Mais je vais avertir Mlle. Dorval , sa tante, la sœur de mon maître.

ARMAND

Sa taille 1... je la verrai avt o plaisir.

DUBOIS

Une tante î certainement... c'est une personne à me'nager , si elle est vieille et > iche.

JUSTINE, à part.

Je n'en reviens p.isl... quelle froideur I... srrait-cc déjà l'avant-

goùt du mariage qui [H. ait.) Monsieur, je cours pre'vcnir

Ml'e. DorVrti de votre vi>ite; j'aurai soin , en même ttmps, de faire paît à ma maîtresse de votre empressement et de vos tendres inquiétudes sur sa sanlé....

Elle sort.

SCEiNE VïlI.

ARMAND, DUBOIS

DUBOIS

A ce ton , moitié plaisant , je vois qu'on a déjà péne'trc vos sentiments : les femmes ont un taci î

ARMAND

Parbleu ! je suis ravi du btsard qui me prive de la vue de ma future.

DUBOIS

Re'jouissfz-votis, Monsieur , vous a'Iezvoir à sa place une douaiîière du dernier siècle.... C'est fort intéressant I. .

ARMAND

Que m'importe, pourvu qu'elle ,'^ei ye nies intérêts! Je comptais parler à Dorval de mon éloignement pour lo mariage; le cher lioinme se serait peut être fâché, tandis que sa sœur....

DUBOIS

Mais, Monsieur, réfléchissez encore î refuser une fille unique daj)t le père a soixante raille livres de rente! c'est un trésor qui %ous tombe du ciell

Je méprise la fortune!

DUBOIS

Ail ! Moiisiour , pif luz garde qu'elle ne vous le rende I

ARMAND

D'ailleurs tu conuaiij mes piincipcs sur le mariage.

DUBOIS

Oui , je sais que vous declimiz sans cesse contre h s femmes, et que vous vous enflacnmez en un quart d'heure j.jOur le premier minois qui se présente.

ABM.^^D,

J'ai résolu de n'épor.ser jainus une femme trop jeune. Le« jeunes femmes sont toutes coquelles.

DUBOIS

Et les vieilles..,, sont... sont vieilles... Quoi ! mou cher maître, parce que vous avez éié dujie d'une coquette de vingt ans !...

ARMAND

Comme elle m'a rendu malheureux ! Tiens , Dubois, ne me parle jamais de ceite femme ; je ne voudrdis plus en regardçr aucune ; je suis teitlé de croii-e que tout son sexe lui ressemble, tt je redouterais plus une femme jeiiuc et jolie, qu''uu escadroa d'eunemis.

DUBOIS

Que vous êtes poltron ! Moi , Monsieur, je craindrais beaucoup moins une armée de jolies femmes , qu'uQ seul ennemi : oh ! )';«• du cœur !

ARMAIVD.

Je sais que Madame St.-Ciair , h fille de mon tuteur, e,>t coquette, légère... Oh I j'ai pris des informations sur son caractère!

DUBOIS

Oui-dà !

ARMAND

C'est une petite folle dont l'esprit est rempli de malice... et bien certaineun ut je n'irai pas m', xposer....

DUBOIS

Ah ! Monsieur , avec vos beaux systèmes , je vous prédis que vous restenz garçon.

ARMAND

Eh ! bien , la philosophie me consolera.

DUBOIS

Oui.... la philosophie me p.iieia l-c'!c mcsgiges?

ARMAND

Tes gages.... si lu savais comme moi te con'eatcr de peu f

DUBOIS

Ma foi, Monsieur, quand le maître se contente de peu, il faut donc que le valet se coulente de rien.

ABMAND.

Chut.... on vient.

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