‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 128 sur 232 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

TIEUBRÏQUET , çin retourne près de la porte> TRICOT , JVIad. BOiNACCUEIL.

TRICOT

Invalide, à volfe poste I

JWad. BONACCUEIL.

Eli bien, laistez moi donc passer.

TRICOT

Impossible Madame, nous ne pouvons pas,

ïiaJ. BONACCUEIL.

Que je parle au moins à quelqu'un du Gymnase.

TRICOT

Qu'y a-t-il pour voire service ?.. je le devine : vous demandez a entrer.

m.td. BOITACCUFIL.

Au contraire. {Montrant ses clefs,) je demande à foire

entrer les aulres... je voudrais une place d'ouvreuse de loges*

Dialile! diahie! Madame, ce sont des places bien recherchées ; nous avons beaucoup de demandes.

Mad- EONACCUEIL.

Mais, moi, Monsieur, j'ai fait mes preuves; ce n'est pas d'aujourd'hui que j'csercc, et vous pouvez vous informer de Madame Bonacccuil.

TRICOT

Le nom promet.

Mad. BO.NACCUEIL.

Je puis dire que je suis au Théâtre depuis mon enfance. Air : La Séance est terminée.

Avec un peu cl'geulillesie ,

On se ]>ousse toujours là ;

3'(]ébutai dans ma jeunesse

Au balcon de rOjiéia, Je n'voyais que des diplomalfs :

Et là, plus d'un grand seigiieur.

Dans des missions délicates

M'cboisit pour aiubassadeui-.

Mais on décim' nos cohortes :

K'gardant comme soins suj.-eiflus

A Favait d'ouviir des ])oites Où personne irfrap|iail plus.

Quittant à r''5rel le lyrique,

On m'chargea peu d'temps après.

Vu mon goût pour la musique.

D'ouvrir l'orchestre des Français.

Pour Sluart et sa belle intiigue ,

Que de mal nous avons eu!

J'en s'rais morte de fatigue, Si VParesseux n'fut pas venu.

Pour me r'fair' quelques semaines,

A rOdéon j'm'en allaij Aux. V^épres Siciliennes

J'eus trois fois le bras foulé;

Mais tout le temps, sans reproche}.

Que Phocion fut r'présentéj

Le Boulevard Bonne-Nouvelle. a

J'avais les mains dans mes poches

Et mes clef-, à mon côté.

Ainsi , de toutes les manières , Mon p'iit talent fut placé; J'n'demande plus les premières , Aux s'cond's niêm' j'ai renoncé,

Aux troisièmes j'étais naguère ;

Mais tous mes vœux s'rout remplis, Si , sur la fin de ma carrière,

J ai les clefs du paradis.

TRICOT

Le paradis : c'est Irop juste , elle l'a bien gagné. Allons, ma bonne j je vous promets ma pintection , pourvu que vous songiez bien à ce que je vais vous dire.

siad. BdvAcccr.iL.

Ah! Monsieur^ vous n'avez qu'à parler.

TRICOT

Voilà ce que nous voulons.

Air du Ballet des Pierrots.

Sans être obligé de se battre, Que les spectateurs soient assis, Et que dans les loges de quatre On n'en mette pas plus de six; Placez chacun comme il désire , Sans eu exiger de cadeau.

Mad. BOMACCUEIL.

Ab! pour le coup on pourra dire :

C'est bien un théâtre nouveau.

TRICOT

M âme air.

On n'entenilra pas les ouvreuses l'atler plus haut que les acteurs ; Et jamais leurs mains scrupuleuses Ne mettront d'écriteaux meoleurt.

La salle ne sera pas pleine Avant qu'on ouvre le bureau.

Mad. BONACCECIL.

Ah! pour le coup, j'en suis certaiue, C'est bien uu théâtre nouveau.

Soyez tranquille Monsieur.

Air : Pégase est un cheval qui porte.

R'iionçanl à d'diici enn's habitudes , A vos goùls on se conform'ra; Et dans mes nouvelles éludes, L'Jt-Mr d'vous plaire m'soutieijdra.

Messieurs , quand un hasard propice En ces lieux conduira vos pas, Me» clefs sont à TOlre service j Mais ne me les empruntez pas.

( Elle sort. )

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