SCÈNE IV
Lis Précédens, M. DUJOUR, la Comtesse GHINCHILA-
DCJOL'R ET LA. COMTESSE CHINCHILA.
Air de la Walse de» Montagnes russes.
Temple charmant Qu'édifie La folie ^ Tu fus vraiment Fait par enchantement.
M. DXJJODR.
Chaque aurore Vient encore Faire éclore Un plaisir.
Tout en France riaît d'avance ; L'inconstance Aime à choisir.
Ensemble, Temple charmant , etc.
LA COMTESSE CHINCHILA.
L'emplacement est fort bien et l'on aurait pu y élab quelque chose de plus eonsidérable.
DUJOUR.
Mais oui , c'était assez pelit pour y mettre legraj
on ne voulait pas tie ce nouveau ihéâtre... on disait qu'il y en avait trop 5 niais je tiouve au contraire qu'il n'y en a pas assez. Je vais tous les soirs à chaque spectacle pour voir ce qu'il y a de bon... je n'y resie pas cinq minutes, et au bout d'une heure je ne sus phis que faire de ma soirée. Il faudrait nous adresser à cpielqu'euiployé... où est la location ?
viEUBRiQUET , luontraJit Tricot.
Voilà Monsieur, qui est un des administrateurs.
D u j o 0 K , le refjardan L .
Ah! c'est-là... Eh ! mais c'est Monsieur Tricot, mo.i bonnetier. Il paraît qu;^ nous ne sommes plus dans les bouncis de cotan , et que nous avons abandonné notre maison de commerce, du carré Saint-Denis ?
Mad. CHiNcniLA.
Carré Saint-Denis!... comment! vous alliez dans un pareil magasin ?
DUJOUR.
Vous sentez bien que j'y allais iucognilo... la boutique était assez vulgaire; mais il y avait au compluir une petite fille supéi ieure... au-dessus du genre. Cette pelif-^ Aguès, qu'estce qu'elle est devenue monsieur Tricot? n'av ez-vous pas envie d'en faire vulre femme ?
Je vous en prie, Monsieur, n'en parlon - plu . Je venais tous les matins inspecter les travaux du G mn se et pend.int ce temps-là... Agnes... enfin \\n jour ;e ne l'ai plus retrouvée, voyez-vous , ce sont des chagrins domestiques...
DUJOUR.
Je comprends, je comprends... on ne voit que cela celte année, c'est épidénncjue. Et c'est par désespoir que vous vous êtes jeltô dans les entreprises théâtrales ?
TRICOT
Oiîi , Monsieur^ par désespoir... Et un peu par spéculation.
DUJOUR.
Eh bien , mon cher , nous venons ce soir vous applaudir. CrO}ez-vous avoir du monde ?
TlilCOT,
Nous l'espénns du moins , et je vous conoeille de vej.ir de !)omie heure.
Mad. CHINCHILA.
"D.t lionne heure ? impossible.
TRICOT
' Madame a du monde à diner,
Mud. CHINCHII.A.
Non, je n'iii rien à faire , mais on ne peut pos arriver au premier acic , ec sérail .s'alî'icher. Le bon genre est d'entrer dins sa loi;e au milieu de la seconde pièce , au moment le plus intéressant; voyez-vous le parterre en fureur, qui se retourne pour gronder... et qui s'arrête pour lorgner. Tout en ayant l'air de s'asseoir et d'arranger négligenimcnt son scliall sur le devant de la loge, on a déjà parparcourii toute la salle d'un coup d'œil , on a remarqué Al. l'ambassadeur qui paraît au balcon , Madame la comtesse qui se montre aux premières, et le petit chevalier qui se cache aux lroi.sièm;îs. Ou donne à l'un un salut.... à l'autre un signe tie tète,., et plus haut un sourire... c'est charmant! tout Paris est là , et sans sortir de sa loge on a fait ses visites.
DUJOUR.
Et souvent on a causé tout le temps de la pièce.
Mad. cniNCHiLA.
Oui , cela nous arrive quelquefois à la tragédie ou à l'opéra. Mais il faut nous rendre justice.
Air lies Maris ont tort.
Q'ianil It pantomime commence, Il est défciuln de parler.
Ou poiiirait, quand Zépliire danse, Entendre une mouciie voler ; Car dans la bonne compagnie Quij TOUS le savez, s'y connaît.
On regarde la tragédie, Mais on écoute le ballet.
Dansera-t-onchez vous, Monsieur?
TRICOT
Je ne crois pas, Madame.
Mad. CHINCHILA.
Eh bien ! que fera-t-on, et quel est ce tiom-là, Le Gjtii^ nasc ?
TRICOT
Mais c'est un nom grec , ou lalin. Voyez-vous , Madame , le Gymnase, c'était comme qui dirait l'Ambigu- Comique d'Athènes... excepté qu'on y boxait.
Mad. CHirîCHiL4.
Oli ! mon dieu ! je pensais que ce n'était qu'à Londres...
TRICOT
Du tout le^ Grecs étaient les plus grands boxeurs de l'anliquilé , et les coups de poing anglais sont renouvelés des Grecs.