‹ L'aventurier espagnol; comédie en trois actes et en proseChapitre 136 sur 232 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

Les Précédkns , M. PONCTUEL , purs la Comtf.sse CHIN- CHILAetM.DUJOUR.

PONCrVEL.

Silence donc monsiieur Tricot ! et vous Mesdames volis faites un bruit à notre porte! vous allez réveiller la fille de la Xe Boulevard JBonne-Nouvelîe, 4

maison qui revient, de la Belgique, et qui e'tait si fatiguée qu'elle s'est endormie en arrivant.

( On entend la ritournelle de l'air suivant. ) TKicoT, regardant' La voilà qui vient de ce coté... et Dieu me pardonne, elle dort encore.

DUJOL'R.

Gomment! elle dort en marchant? voilà qui est très-curieux.

LA COMTESSE CHIKCHILA.

Oh! certainement, je reste.

Air ds la Contredanse de la Somnambule. Chœur.

Silence ! {bis.) "La 70113 qui s'avance:

Silence! (bis.) Surtout n'arrêtous pa»

Ses pas.

Sa grâce Efface Le» Amours qui sultent ses tracos ; Et même On airue Son ïomnaeil Autant que son réveil.

Silence ! {bis.) Chez nous elle s'avance.

Silence , (*'*•)

Surtout n'arrêtous pas

Ses pas.

Oui , dénêchez-vous ! nous n'arriverons jamais ..ah ! mon dieu 'quel e ro.Ue et quels chevaux.. .(Ecoumnf.) Ou,, ,e suis ^.;À..iÉcoutanth l'on m'attend à Par. ^ -n.^ o..e^oa n'allend... du n.oins je l'espère !... enfin vo la a bar e « notis entrons... comment... où )eveux descendre ?..13oulevaid Bonne-Nouvelle... OIU mon dieti ! à mesure que nous ap,)rocho.,s, le cœur me bat... postillon , phis doucen.en . . va comme le vent. A présent , je voudrais ne pas annei...

comment vais je être acnneillie ?... ne m'aura-l-on pas oublire 'i*... ali ! j'ai eiileiidu mon nom... quelqu'un ni'asaluée... ( s' inclinant. ) on nie reconnaîl !

Elle penche la tête sur le fauteuil et i'encîort.

TRICOT

C'est étonnant I ça me fait l'ellel Je la Belle au-bois-dormant^

DUJOUR.

Taisez-vous donc , vous allez l'éveiller.

ChCiLE , se levant vivement.

Mais un instant , Mademoiselle... on jeul })ien attendre un instant... Dites au Régisseur que je veux lui parler... qu'il monte sur-le-ehamp... ali ! vous voilà... cofii-nent, r»loiisicur, vous laites couiinencer... vous voyez bien que je ne sUis pas encore prêle , que ma toque n'est j>as encore posée... et je ne deicendrai, pas sans mes m..ral)outs..liein... qu'est-ce que vous dites ? Cerlaniement au Gynniase... [écoutant.) Comment, Monsieur , on ne fera pas d'enir'acles et l'on ne fera jamais îitlendie le jiublic... c'est dillérent... je descends... écoulez... voilà les trois coups... [Lj orchestre joue a^^ec sourdines l'air : Dormez donc mes chères amours. ) C'est l'ouverlure qui commence... ( Arranfjeant ses gants , sa coiffure, et repoussant sa robe avec son pied 3 comme si c'était une robe longue. ) On a beau dire... ce momentlà produit toujours un certain effet... moi surtout qui n'ai pas encore vu la salle... Si je regardais à travers la toile... Ah mon dieu !.. quel coup d'ceil !... comme c'est joli et comme ça fait peur !

Air : Donnez donc mes chères yimours.

Ici, quel spectacle enchanteur !

Je sens tléjà bitlie mon cceur

Et de plaisir et de frayeur.

Corallien ces loges sont bri'lanles .'

Que de lollcUes séduitanles !

Ah ! combien de femmes cliiki^manteg !

"Vraiment, elle y voit en dormant.

Vraiment, %'raiment !

Je crois qu'elle y voit eo dormant !

cÊCTtE , écoutant. ,

TTaisez-vous doro, je crois qu'on applaudit,

DUJOUR.

Ma foi, j*ai envie de l'inlerroger. j

LA COMTESSE CUIITCHILA.

Oui , on prétend que les somnambules répondent quand oti leur parle,

DUJOïMt.

Et on assure même qu*ei!es disent toujours la vérité.

Oui j croyez cela i ce sant des contes à dormir debout^

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