‹ L'aventurierChapitre 5 sur 16 · IK · texte numérisé non relu

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« tout à coup dans ses méditations scientifiques par un n bruit inusité qui paraissait venir des abords du pont « Neuf, et qui ressemblait fort à une querelle d'ivrognes.

« Du moins, c'est l'opinion du citoyen Marius Cruche.

« Tout à coup à cette querelle a succédé un grand « cri, suivi lui-même d'un profond silence.

« Il était environ quatre heures du matin, ou quatre « heures et trois minutes au plus, le citoyen Cruche, « tout absorbé qu'il fût dans ses calculs, n'ayant pas « négligé de consulter sa montre; il est persuadé que le « meurtre a dû avoir lieu à ce moment précis, mais il « n'oserait pas l'affirmer sous serment, car la fraîcheur « de la nuit venait de réveiller ses rhumatismes, et il « n*a pas jugé nécessaire d^aller lui-même vérifier ses « conjectures.

« Il est donc allé se coucher, ainsi que devait le faire « un homme âgé à qui ses longs travaux ont valu le titre « de membre correspondant des Académies de Berlin, « de Vienne, de Madrid, de Londres et de Pétersbourg.

« Un autre témoin — si là déposition du citoyen Ma- « rius Cruche peut passer pour un témoignage — a « révélé quelques circonstances plus précises; c'est la « citoyenne Euphrasie Merlin, marchande de volaille, « demeurant à l'angle de la rue Dauphine et du quai « Conti, qui se levait vers quatre heures du matin, sui- « vant son habitude, et qui a entendu le bruit de pas « précipités.

a Elle a ouvert la fenêtre et cherché à distinguer ce

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« qui se passait, mais elle n'a rien pu voir, si ce n'est « trois hommes qui luttaient ensemble. L'un des trois, « qui paraissait grand et robuste, semblait tenir en « respect les deux autres. Ceux-ci criaient : Au secours! « A l'assassin! On m'étrangle î »

« Quant à lui, sans dire un seul mot, il a saisi l'un de < ces deux malheureux à la gorge, l'a enlevé de terre « sans effort apparent et l'a précipité dans la rivière. A « cette vue, l'autre a voulu fuir, mais il a été pris à son « tour et jeté sur la berge.

« C'est à ce lïioment qu'à retenti ce cri déchirant que « le citoyen Criiché croit avoir entendu. Au dire de là « citoyenne Merlin qui, malgré soh épouvante, suivait a avec intérêt les détails de cette scène tragique, le cri « a dû être poussé pendant que le malheureux était en- « core en l'air, car le corps eh tombàht sur la berge, « qui est fort large en Cet endroit, s'est aplati comme « une grappe de raisin qu'on ébache, et les membres « sont dérîieurés iiiimobiles.

« Je m'aperçois, citoyen rédacteur, en relisarit ma « lettre, que je finis par où j'aiiraiâ dû commencer.

ce Ort a trouvé ce matin, sur la berge du tjual Gonti, « un malheureux agent dé la poUce secrète, tout couvert « de sang et à demi toort. Il avait les deux jambes cas- « sées, une côte enfoncée, le crâné fracassé et ne vivait « plus îque par miracle.

« Ce malhëurelix, relevé î^ar la patrouille et trauâ- « porté au poste voisin, a déclaré se nommer Jacques,

c être âgé de quarante-cinq ans, et avoir été assassiné « dans les circonstances suivantes :

c On l'avait chargé depuis quelques jours de surveil- € 1er particulièrement les démarches d'un individu fort « dangereux, qu*on croit être ancien émigré et envoyé c du prétendu comte de Lille. Comme il ne le connaissait c pas de vue, on lui avait adjoint un camarade, nommé c Foucard, qui sans être lui-même inspecteur de pro- « fession, avait consenti dans l'intérêt de la loi à lui « servir de guide.

c Tous les deux, d'ailleurs, avaient reçu pour instrucc tions de se borner à un rôle d'observation, et de cher- « cher à connaître la retraite de l'émigré. Cet homme, c qu'on appelle Robert de Fénestrange, fut condamné « à mort il y a trois ans dans le département de la « Creuse, pour avoir pris part à l'assassinat du citoyen € Dupuy , procureur-syndic d'Aubusson et des gen- « darmes qui l'accompagnaient. Il sait donc qu'il ne doit c espérer aucune grâce et il est toujours prêt aux réso- « lutions les plus désespérées.

c Foucard avait bien averti du danger son compa- « gnon; mais Jacques, se fiant à sa force physique et à € son sang-froid éprouvé, a voulu, par excès de zèle, « dépasser ses instructions. Mal lui en a pris.

t Fénestrange revenait du ministère des relations € extérieures, où il avait trouvé, on ne sait conmient, € le moyen de se faire inviter sous un nom supposé, « et il allait, suivant toute apparence, coucher dans un

« hôtel garni de la rue Saint-André-des-Arts , lorsque « s*étant retourné, il a vu les deux hommes qui le < suivaient de loin, et s'est douté de quelque chose.

« Aussitôt il s'est précipité sur le trottoir opposé pour € les aborder. Foucard, qui connaissait la force prodi- € gieuse de Fénestrange, a essayé de fuir; mais ce « bandit Ta saisi à la gorge pour l'étrangler.

c Jacques a voulu venir au secours de son camarade c il a pris Fénestrange au collet juste au moment où € celui-ci lançait le malheureux Foucard par-dessus le c parapet dans la Seine. L'agent s'est alors cramponné à « son adversaire, et une lutte terrible, mais courte, s'est c engagée. Enfin Fénestrange l'a étendu à terre d'un « formidable coup de poing et l'a lancé à son tour c dans la rivière.

« Par malheur pour lui, il est tombé sur la berge, et « on l'a relevé, comme je l'ai dit plus haut, dans un « étal pitoyable. 11 a pu, cependant, avant de mourir, « dicter sa déposition au commissairede police chargé « de l'enquête.

« Tout le quartier de la rue Dauphine est vivement « ému de cet événement. On accuse la vigilance des c autorités chargées de veiller au maintien de l'ordre. € D'où vient que l'on assassine impunément dans les c rues de Paris? d'où vient qu'aucune patrouille n'a « entendu ou voulu entendre les cris des victimes? « Que faisaient tant de soldats chargés de nous garder ?

« On ne sait ce qu'est devenu Fénestrange. La

« ciloyeilne Merlin, qui était témoin du combat, prétend « qu'il a suivi le qiiai des Augustins pendant quelques « minutes. Au milieu dd silence général, elle entetidait « résonner sur le pavé lé talon de ses bbltfes. Il a dû c ensuite chercher un asile dans la Cité; tliàis on n'en a « trouvé aucune trace de ce côté.

« On a fdiiillé, Sut* quelques indications vagues, un « hôtel garni de la rue Saint-André-des-Arts. C'est là « qu'en ettét Pénestrange était descendu de|iuis six « jours.

(t Le ttiattre d'hôtel, arrêté pendant quelques heures « et rigoureusement interrogé , a répondu qu'il avait « logé, en effet, l'homme qli'on lui dépeighait; que cet «hortime, qui paraissait fort jeune, mais grand et « robuste , ne parlait qu'italien , ou par signés. Son « passe-port était en règle, et l'hôteliet n'avait pas cru « devoir lui refuser une chambre.

<r On a établi sur-le-chàmp une souricière; tuais « Fénestrange ii^a pas reparu; et l'on voit qu'il avait € pris d'avance la résolution de ne pas revenir , car « il avait laissé sur le marbre de la chehiinée soixante « francs ëti or et le billet suivant :

c( Mon cher hôte^

« Une affaire iniprévue m'obligera peut-être à par-- Il tir subitement. Dans ce cas, je vous laissé d^avance € la soniffie ci-jointe pour prix de mon logement. Salut € et fraternité.

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M ■ I ■■ — ■ ■ — — - ■ ■ — ,.,■■■■■■■ Il ■!— - — 1»^ y .1.— ,-. .— .

« J'espère, citoyen rédacteur que cette étrange his- « toire avertira les bons bitoyenis et les vt*ais patriotes « de se tenir sur leurs gardés. Quand les sicaires de la « tyrannie lèvent sur nous un poignard hottiicide, 11 faut « que tous les amis de la Révolution s'arment à leurs « gardes.

à ELÊUTHÉROPHILE SATURNIN,

ff àticiën membre du club des CoHeliers,

« avocat, »

Avant de t-eprendre le fll de raoii histoif e, il faut d*âbord que je complète le récit du citoyen Eleuthérophile Saturnin, et que j9 vous dise ce que devinrent ma chère Clélie et la petite Tibéria qui raccompagnait; — car ma destinée a toujours été attachée à celle de ces deux âities, et ce lieii né pduvalt être t-ohlpii que pàt la mort.

Une lettre de Ciélie complétera le récit du Patriote de 93 et vous dira mieux que je ne pourrais le faire les événements qui suivirent la fuite de Mauléon.

« Paris;»

a Mon fcieti cher àtaijfe suis heureuse d'apprendre c enfin qué vous êtes ëû s6rét^. Lès détails que vous

c me donnez sur votre terrible voyage m'ont fait tour à « tour sourire et frissonner; mais j'avais foi dans votrei « courage et dans la justice de Dieu. Il me semble que « vous ne pouvez pas périr, et qu'une âme aussi noble, « aussi généreuse, aussi intrépide que la vôtre, triom- « phera enfin de toutes les rigueurs de la destinée.

c Je souffrais cependant de mortelles angoisses penc dant cette nuit que vous avez passée au bal du ministre € Talleyrand; je craignais à tout moment d'apprendre c que vous aviez succombé dans votre héroïque « entreprise.

c Le matin , Bourgoin qui est vraiment un homme a excellent et dévoué à ses amis, m'offrit de s'informer c de vous.

« Comme il arrivait au pont Neuf, croyant vous trou- « ver encore dans votre logement de la rue Saint-André- « des-Arts, il rencontra une foule nombreuse qui rai- « sonnait avec chaleur sur les événements de la nuit, c c'est-à-dire sur le meurtre de l'agent de police et du « misérable Foucard. Bourgoin ne jugea pas à propos de « pousser plus loin ses recherches de ce côté-là, se dou- « tant bien que vous ne deviez pas être rentré dans « votre logement, et il alla rôder autour de l'hôtel de « Mauléon, supposant que Mauléon lui-même donnerait « quelques éclaircissements.

« Mais il apprit avec stupeur que celui-ci n'avait pas c reparu. Les domestiques montrèrent même quelque « inquiétude, et Tun d'eux qui connaissait Bourgoin,

Ht « offrit d'avertir madame d*Albret qui était là. Bourgoin 3sy « accepta Toffre avec empressement, et fut reçu par j(fe « cette femme qui s'était levée d'assez bonne heure, k; « contre son habitude, et qui parut encore plus inquiète tu « que ses domestiques du sort de Mauléon.

î. « Dès lors Bourgoin ne douta plus (mais dès le soir sf « même son erreur était dissipée) que Mauléon ne fût iiiê: t l'homme qui accompagnait l'agent de police et que •go: « vous aviez jeté dans la Seine, et il se hâta de rentrer t)jj « chez lui pour m'apporter celte nouvelle. En effet, rien

« ne paraissait plus vraisemblable. Madame d'Albret ji « racontait que Mauléon l'avait chargée tout bas de vous f « retenir au bal, ou sous le vestibule du ministère, le

« plus longtemps possible; elle ajoutait que vous l'aviez t « quittée brusquement pour vous mettre à la poursuite t « de ce brigand. Tout cela formait donc une explication f « très-naturelle. Mais dès le soir il apprit que l'homme it, « Jeté dans la rivière était le misérable Foucard. lu « Deux jours après, il reçut un billet deTalleyrand, et le € se hâta de se rendre au ministère des relations exté- ]. « rieures.

g « Là, Talleyrand lui parla de quelques affaires dont ( «il l'avait chargé; puis, prenant tout à coup un air 1 « indifférent :

« —Qu'est donc devenu votre ami Robert ? demanda- 1 < t-il.

« A cette question, Bourgoin tremblant, — et il y avait

« de quoi, car il s'agissait pour lui d'aller rejoindre h

m L'AVENTUUIER

« Slnnamary les proscrits du 18 hriictidor, — Bourgôin,

« dis-jë se hâta de protester qu'il hé vous avait pas vu k depuis le bal, et qu'il était môme assez inquiet de « Votre absence.

« — En vérité, continua Tallëyrand avec un sourire, « vous ne l'avez pas revu?

« — Je le jure, citoyen ministre, sur la tête de thés « enfants.

« — Là! là! je vous crois, continua l'autre, vous « n'avez que faire de serments solennels... Eh bien, « je l'ai rëvii, moi !

« — Pas possible, citoyen ministre ! s'écria Bourgôin c stupéfait.

« Vous savez que le sang-froid n'est pas la qualité « dominante de cet excellent homme.

« — Et je vous conseille, citoyen Bourgôin, ajouta « Tallëyrand, de choisir un peu plus soigneusement vos « protégés. Savez-vous que, sur la foi de votre recom- « mandation, j'allais donner à ce jeune homme une mis- « sion de confiance pour la maison iCrump, de Haha- « bourg, et que je lui avais donné rendez- vous au mini- « stère, pour midi, avant hier.

« A l'heure dite, il arrive et décline hardiment son « nom. Mon secrétaire le fit entrer quoique un peu étonné, a m'a-t-il dit après coup, de cette physionomie qui n'a « rien de diplomatique. Moi-même, en le considérant « de plus près et plus attentivement que je n'avais pu « le faire la veille, je demeurai frappé de cet air hardi.

UN DUEl. SOUS L'EMPIRE 107

« résoli^ et un peu sprobre qu'il porte sur tou^ ses tfaits. «Du reste, il p'avait pas Tair d'un scélérat vulgaire...

« — Çooiment (Jonc I interrompit Bou^goin, aurais-je « em affaire à ufl scélérat, ]l ip'çi donc bien trompé ! Ah ! « mon pieu, à qui ç^onc se Qer maintenant?

ç — Â personne, maître Bo^rgoin, pas même ^ vous, c qi»i faites Tinpocent, et que je devrais envoyer trois « mois à la Conciergerie, pour vous apprendre à trom- « per 1^ conf^aiice ^es honnêtes gens !... Mais rassurez- « vous. Pour cette fois, je, suis bon prince, et je par- « donne.

<K — Mais enfin, citoyen ministre, demanda Bourgoin, <t quel est ce je^ie homme, et quel mal a-t-^ pu faire ? « Çdx je l'ai reçH, moi> et présenté, sur la foi d'un ami de « prpvipce... Ah| s'il m'arrive jamais I...

« — gien I bien ! Vous ser^ sage à l'avenir je le crois. « Eh bien, votre protégé est m bandit des plus dangec reux, qui ne se soucie pas plus de tuer un l^Qi^pae que « de crisser une noisetle, et je vous engage beaucoup à « vous défier 4e lui. C'es| vin certain Robert de Fénesc trange qi|i s'est déjà fait connaître en province par « l'assassinat d'un procureur-syndic et de plusieurs gen- % darme^, qui s*est paché depuis dans les rang? de Tar- « mée d'Italie, où il a fait plusieurs actions d'éclat, par < persopae ne lui refuse un courage à toute épreuve ; « e^^)n à l'aide d*up faux nom, il a épousé la fille du « procureur-syndic et tué son frère pour avoir lui seul « tout l'héritage, du beau-père, etc. Et je ne vous dis

que la moitié de ses hauts fadts. Fouché qui a pris quelques informations (vous savez qu*il fait toujours un peu de polioe en amateur et pour le plaisir), Fouché assure que la vie de ce jeune homme est un roman. « Au reste, il n'est pas facile à déconcerter. Je lui ai fait coup sur coup et sans me douter de rien, mais simplement pour éprouver son esprit, les questions les plus variées et les plus imprévues ; il a su répondre à tout, et m'a donné la plus haute idée de sa capacité et même de sa sincérité, car, sans se compromettre, il n'a pas menti d'un mot.

« Cependant, par un reste de précaution dont je me félicite à présent, je ne l'ai chargé que d'une mission de médiocre importance pour l'électeur de Wurtemberg, qui demande, comme tous ses pareils, qu'on le dédommage , aux dépens de l'Église cathoUque allemande, des pertes qu'il a faites en Alsace et dans a le Palatinat depuis le commencement de la Révolution. « Je ne serais pas étonné qu'il eût rempli sa mission « exactement ; il a l'air d'un homme d'honneur, malgré « lous les assassinats qu'il a sur la conscience.

a A l'heure qu'il est, il doit avoir dépassé Strasbourg, « car il m'a demandé, et je lui ai donné de mon plein « gré une autorisation de requérir partout, au nom de « la République, des chevaux de poste, afin qu'il ne d soit pas retardé; et, condamné à mort comme il l'est, « il aura dû faire toute la route au galop.

« Maintenant, maître Bourgoin, je vous ai fait venir

c pour VOUS recommander un profond silence sur toute c cette aJETaire, car un ministre de la République fran- « çaise une et indivisible ne doit jamais se tromper, « ni prêter à rire, et si j'apprenais que par votre

« faute I Mais je vois bien que vous saurez vous

« taire, et que vous connaissez le danger de révéler des « secrets d'État.,. Je ne vous retiens plus... Ah ! n'ou- « bliez pas de vendre pour moi deux cent mille francs « sur le cinq pour cent. J'ai reçu de fâcheuses nou- « velles de Vienne. Le peuple autrichien a fait mauvais « accueil à notre ambassadeur Bernadotte. Paris le saura « demain matin. Dans huit jours nous apprendrons « tout le contraire, et nous aurons racheté la veillé.

€ Voilà mot pour mot, au dire de Bourgoin, la con- « versation dont l'a honoré le citoyen Talleyrand , « ministre des relations extérieures.

« Mon ami, vous avez tort de ne pas m'avoir donné c ces détails. A qui voulez-vous désormais que je « prenne intérêt dans la vie?... Vous êtes en sûreté, c dites-vous, dans une petite maison, près d'Iéna, et « vous n'attendez que ma réponse pour vous remettre et à la poursuite de Mauléon. Hélas ! cher et bien-aimé •I Robert, à quels nouveaux dangers allez-vous encore « vous exposer ? Abandonnez une vengeance inutile, f vivez, ami, et soyez heureux !

« Vous ne pouvez pas l'être sans moi, dites-vous, et t vous reviendrez me rejoindre en France si je ne vais « pas moi-même vous rejoindre à l'étranger... Ami, que

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