LE MUK1\E-.\II DIABLE
— Maîtresse, je viens d'apporter des fleurs. . . el je les arrange.
— Elle nous entend... dit Angèle, en faisant un signe mystérieux au mulâtre ; puis elle s'auiusa encore en riant comme une folle à éboul'iffer la chevelure de M. l'Ouragan.
M. l'Ouragan, puisque nous devons l'appeler de ce nom, se prêtait complaisamment aux gentils caprices d'Angèle , et la comtemplait avec amour.
Il lui dit en souriant :
— Enfant! parce que vous avez continuellement seize ans, vous vous croyez tout permis; puis il ajouta en soupirant d'un air gravement railleur :
— Et qui dirait pourtant, à voir cette petite mine si rose, si ingénue, que je tiens sur mes genoux , la plus insigne scélérate des Antilles ?
— Et qui dirait que cet homme, qui parle d'une voix si douce, est ce féroce capitaine rOuragan, la terreur des Anglais et dos Espagnols? s'écria Angèle en éclatant de rire.
Nous devons avertir le lecteur que le mulâtre et la veuve s'exprimaient dans le meilleur français et sans le moindre accent étranger.
— Quelle différence! s'écria ce dernier en