LA MIT
féroces; ils continuèrent de faire un vacarme infernal.
Pour le faire cesser, le chevalier prit sa gaule et frappa sur l'arbre. Les chats, au lieu <le fuir , se rapprochèrent avec un redoublement de cris rauques et furieux.
Depuis très-longtemps les bois étaient parcourus par des bandes de ces animaux , qui le cédaient à peine aux jaguars en grosseur , en force et en voracité ; ils avaient attaqué et dévoré de jeunes chevaux , des chèvres et jus- (ju'à de jeunes génisses.
Pour expliquer au lecteur les intentions hostiles des bètes carnassières qui rôdaient autour du chevalier, que la subtilité de leur odorat leur avait fait éventer , il faut retourner à la caverne où est demeuré le colonel Rutler.
On sait que le cadavre de John, mort d'une piqûre de serpent , obstruait complètement le passage souterrain, par lequel on pouvait seulement sortir de la caverne. Des chats-tigres, étant descendus dans le précipice, dépistèrent le cadavre de John, s'en approchèrent d'abord timidement , puis , bientôt enhardis . ils le dévorèrent.
Le colonel les entendit et ne sut que penser de ces cris féroces; au jour, grâce à l'avidité
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de ces animaux , l'obstacle qui empêchait Rut- 1er e sortir avait presque complètement disparu, il ne restait dans l'étroit souterrain que les ossements de John, et le capitaine pouvait facilement les déplacer.
Après cette horrible curée, les chats-tigres, affriandés , mais non rassasiés , par ce régal nouveau pour eux, se sentirent en goût de chair humaine; ils abandonnèrent le fond du précipice, regagnèrent les bois , éventèrent le chevalier, et leur férocité carnassière s'exaspéra.
Pendant quelque temps la crainte les retint, mais enrouragés par l'immobilité de Croustillac, l'un des plus hardis et des plus affamés grimpa lentement sur l'arbre, et le Gascon vit tout à coup près de lui deux gros yeux brillants et verdàtres qui luisaient au milieu de l'obscurité.
Au même instant il se sentit mordre vigoureusement au mollet; il retira brusquement sa jambe, mais le chat-tigre le retint en enfonçant ses griffes dans la chair, et fit entendre un grondement sourd, furieux, qui fut le signal de l'attaque ; les assaillants grimpèrent de tout côté, le chevalier ne vit autour de lui que des yeux nand)oyanls , et se sentit mordre en plusieurs endroits à la fois.
Cette attaque avait été si imprévue, les as-