SCÈNE IV
MUCARADE, CÉLIE, HORACE.
CE LIE , à Horace, dans le fond.
Tâchons de l'attendrir; tombons à ses genoux.
(Ils se mettent à genoux à droite et à gauche de Mucarade.) Ah î mon père !
HORACE
Ah! mon oncle!
MUCARADE.
Hé bien! que voulez-vous?
HORACE
Je viens de rencontrer mon père sur la porte...
MUCARADE, tirant sa montre.
C'est midi, mes enfants : il est temps que je sorte.
CÉLIE
De grâce, écoulez-nous.
MUCARADE.
Je n'ai pas le loisir. (Fausse sortie). (A part.)
Au fait, c'est un assaut qu'il me faudra subir : Autant vaut sur-le-champ que je m'en débarrasse.
(Haut.) Voyons.
Par vos genoux, mon père, que j'embrasse !
MUCARADE.
Au fait !
HORACE
Par celte main que je baise ! .
MU C A RADE
Morbleu !
CE LIE
Si je suis voire fille
HORACE
Et moi voire neveu . . .
MU CAR A DE
Ce dont vous me priez, sans tant de patenotre , C'est de sacrifier mon mariage au vôtre ? Hé bien, je vous réponds que je ne le veux pas , Que vous y perdriez vos peines et vos pas ; Bien plus : si le hasard brouillait mon mariage, Le vôtre pour cela n'irait pas davantage, Car, tout bien réfléchi, vous êtes tous les deux Trop jeunes et légers pour serrer de tels nœuds. Enfin — el c'est le coup par lequel je termine, — Comme il te faut, Horace, oublier ta cousine, Tu ne la viendras plus voir que de loin en loin. (A part.) Ouf!
Vous voulez. . .
MUCARADE.
Je veux!. . . Qu'on ne réplique point,
Adieu donc, cher Horace!
HORACE
Adieu, chère Célie!
CE LIE
Mes jours s'achèveront dans la mélancolie!
HORACE
Et moi, loin de les yeux je n'ai plus qu'à mourir Mucarade sofI précipitamment )