‹ L'aveu; comédie en trois actesChapitre 58 sur 75 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MADAME DE CERNE

Celte chère Jane ne pourra donc jamais-être sérieuse?

[Elle lui serre la ?7iain.)

MADAME MARNIEU

Je plaisante. Mais ne va pas croire que je lui donnais de mauvais conseils. Au contraire... Demande-lui... Tu n'aurais pas mieux dit.

Oh! moi ! je déteste me mêler des affaires des autres.

MADAME MARNIER, à part.

Quand ils sont là.

MADAME DE CERNE

Berthe n'est plus une enfant. Quand elle prend un partie surtout un parti aux conséquences graves, elle en sait les raisons beaucoup mieux que nous ne pourrions les deviner, et partant nos conseils...

MADAME MARNIER

Bah! on peut toujours en donner. Comme les gens ne les suivent pas...

MADAME DE CERNE

Alors à quoi bon ?

MADAME MARNIER

On peut avoir son avis...

MADAME DE CERNE, interrompant.

Et le garder.

MADAME MARNIER

Il faut bien parler de quelque chose.

MADAME DE CERNE

On parle d'autre chose!... {Ai>ec intention marquée.) Une tasse de thé, n'est-ce pas ? [Elle remonte.)

madame marnier

Volontiers. [Chez madame Dautresme, silence, mimique d'éneri'ement.)

MADAME DE CERNE, redescendant, elle offre une tasse de thé.

Eh bien ? l'affaire de M. Marnier, avec Belinonl ?

MADAME UrARMER

Toujours au même point... On ne se bat pas... mais le froid demeure... •

MADAME DE CERNE

C'est absurde !... Vous n'allez pas rester ainsi... en y incitant un peu du tien, il serait facile d'arranger... MADAME MARNIER, vivement.

Arrange, si tu veux. Pour moi, je ne m'en mêle pas. Certains ont déjà pris la chose trop en plaisanterie. Conçois-tu, ce petit imbécile de Gaston qui vient me raconter, tout fier de son idée, un projet de duel pour rire.

MADAME DE CERNE, SOUrire.

Ah ! oui ! j'ai su...

MADAME MARNIER, vif ressentiment.

J'étais furieuse !... Alors ce monsieur prend mou mari pour un grotescjue !

MADAME DE CERNE

Soit ! mais pourquoi faire payer à Belmont les torts de Gaston ?... Allons, du bons sens. Il est temps que cette bouderie finisse. Elle désorganise nos parties, jette des froids. Quelle malechance, depuis peu, dans notre o-roupe jusqu'alors si uni ! L'affaire Marnier-Belmont, la rupture... [Par le fond entre Marnier.)

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