‹ L'aveugle drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 35 sur 86 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ALBERT, LOnSIK. A

Non, non.

DARCT.

ALBERT

Louise!... il est donc vrti! ce bonheur tant de lois rêvé par

L’AVliUGLE.

moi, ce n'est plus une illusion, un mensonge! vous m'aimes... «b! j'ai besoin d’entendre cet aveu de voire bouche... Ditcat:u»i que vous m'aimer, Louise, ditcs-le-nioi pour que j'aie m force de supporter mou bonheur, dites-le-inoi... pour que j'aie le courage de vous faire un terrible aveu...

LOUISE

Un aveu!... Qu'avez-vous doue à m'apprendre?

ALBERT

Je suis sans famille, et le nom que Je porte est celui de ma. mère...

LOUISE

Je le savais.

ALBERT

Je n'avais qu'un seul protecteur, un seul ami, monsieur [>uperrier, qui m’avait accueilli dans sa maison et confié sa caisse... Dieu sait combien fêlais heureux et fier de sa confiance... combien je lui étais dévoué... («*■* combien je l'aimais!...

lui!... lui!... Kl» bien! un jour, Louise, un homme, dont je n'ai pu voir le visage qu'un instant, s'était introduit dans la maison... je voulus le [poursuivre, il avait disparu, et quand je revins à ma caisse, clic était forcée... cet bomme avait soustrait quarante mille francs. Monsieur Duperrier m’accusa du ce vol...

LOUISE

Vous?

Oui, moi, moi, son... Ah! vous ne pouvez pas comprendre, Louise, tout ce qu'il y avait d’affreux, de déchirant pour moi, dans cette horrible accusation.

LOUISE

Oh 1 si, je le comprends, Albert.

ALBERT

Vainement je i’implorai, je le suppliai de m’énicmlre... Vainement ma fierté se lévolta, rien ne put le persuader, le convaincre, rien ne put toucher son cœur... ce cœur, le dernier qui eût dri m’accuser! voilà pourquoi je suit sorti, voilà pourquoi je suis allé m'agenouiller sur la tombe de ma mère, voilà poiiiquoi j’ai voulu mourir!

LOUISE

Pauvre Albert !

ALBERT

Monsieur Duperrier m’a promis de garder pour lui Seul l’indigne soupçon dont il ma accablé... Cette promesse... oh! je sais qu’il la tiendra, mais je ne pouvais pas, je ne devais pas, moi, accepter le Itonheur que vous m'offrez sans vous avoir fait cet aveu. Louise, l'homme qui vous parle, et dont la main serre la vôtre, peut marcher le front haut, car cet homme n’a commis ni lâcheté ni bassesse. H vient de vous ouvrir son cœur, il met sa destinée dans voi mains... Cette vie que vous avez sauvée, vous pouvez d'un mot la lui conserver ou la lui reprendre, cl quel que soit votre arrêt, il s’y soumettra sans sc plaindre.

LOUISE

Albert, vous êtes innocent, je le crois, (iitiux n o.»io «r «» •mi,) Je le sens et je vous aiine.

ALBERT, tombant è

Louise! oh! tous mes malheurs sont évanouis, toutes nies souffrances sont oubliées! je suis aimé de vous, Louise : qui peut sc dire maintenant aussi heureux que moi?

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