ALBERT, JULIETTE
ALBERT, *llm l’iMeoir pr«« «le II utile mm U tonnelle.
Juliette... tu es restée?
JULIETTE, cornai A Ini.
Oui, papa.
ALBERT, Ini prenant U main.
Sa main est bien fraîche, (am.) Je ne suis pas content de toi...
JULIETTE
De moi, papa?
ALBERT
Oui de toi, mon enfant, tu soutires et tu ne le dis pas. JULIETTE.
Je te jure que je n’ai pas de mal du tout, c'est bien plutôt maman qui. est malade.
Ta mère?...
JULIETTE
Elle travaille tant! Quand elle ne te fait pas la lecture, quand tu crois quelle se promène le jour ou quelle dort la nuit, file brode, elle brode toujours. Je le sais bien, inoi, c’eat dans ma chambre que Suzanne lui monte son métier le soir.
ALBERT
Chère Louise! elle veut tromper son ennui. Je lui ai fait une existence si triste, si monotone...
JULIETTE
Dis donc, papa, tu n as pas reçu de lettres aujourd'hui ?
ALBERT
Non, pourquoi?
JULIETTE
Ah! c'est que je te ménageais une surprise... mais vois-tu les secrets, ça m'étouffe... je vais tout te dire; à présent, je pourrai remplacer maman, je lis dans l’écriture.
ALBERT, Muriant.
Toi?
JULIETTE
Oui... et Suzanne dit que je Iis comme dans l'imprimé. Tu ne me crois pas, as-tu une vieille lettre dans ta poche ?
ALBERT
Non.
JULIETTE, cbmkni.
Attends... en voilà dans le panier à ouvrage de maman.
ALBERT, A iM-mAmit.
Je ne veux pas que Louise se fatigue ainsi... Eh bien ! nous voyagerons s’il le faut.
JULIETTE, qal ■ pal» le* «Jeu* leilrrt q«e LoaiM • d«o« ion *■
(toilit ont *t l»l« * t’iairA nr U utile .
Ah! quel bonheur! voilà de la grosse écriture... ça ira tout
seul, (saunai *r i« g*no«* d’Alhart.) Tu me diras si je lis aussi bien que maman?
ALBERT, l'f t w in .
Allez, ma petite lectrice, je vous écoute.
JULIETTE
Si tu m'embrasses toujours, je ne pourrai pas lire... Ah! m'y voilà. (unitac«M.) « Madame, lorsque j'ai relevé le corps de bâtiment que l’incendie avait détruit, je vous avais promis de vous laisser du temps pour me payer... *
ALBERT
C'est de monsieur Girard, l'entrepreneur... Louise m’avait dit...
JULIETTE
Est-ce bien?
ALBEBT.
Continue, mon enfant, continue.
JULIETTE, liunl,
« Mais j’ai besoin de mon argent, et mon avoué, qui connaît votre gène, craint d'être obligé de faire saisir cl vendre votre maison... »
ALBERT
C'est impossible!...
JUUKTO.
Oh! j'ai bien lu.
ALBERT
La signature?... la signature?...
JULIETTE
Girard.
ALBERT, rbtrchiBl a »allri«*r toa tfmalioa.
Juliette, va, va retrouver Suzanne.
JULIETTE
Maman, m'avait bien recommandé de ne pas te quitter.
ALBERT
Fais ce que je veux, ma Juliette... Ah! cette lettre, où estelle?
JULIETTE
Je la remets là sur la table, (eu* la p«m a cm «w u luira 4a
JlMMM.)
ALBERT
Bien, va. (L%»bn«aat.) Va, chère enfant.
JULIETTE, «•« allant.
Tiens, il n’a pas l'air content... il inc semble pourtant que j’ai bien lu, moi.
ALBERT, Mal.
Girard que je croyais payé... Girard est notre créancier et U menace d’une saisie... Oh! ‘je comprends tout maintenant. L'ingénieux mensonge de Louise pour me faire sortir d'ici... se» jours, ses nuits, consacrés à un travail incessant qui nous faisait vivre et qui la tue. (a»«-c toi wqlili.) Le ruiiie, la misère, voilà ce que je lui ai donné à elle, pour prix de son amour... voilà ce que je léguerai à ma fille I... Oh ! c'est horrible !... c’est hoirible ?... (*• fc»*, •«< a-vor.) Que faire... que faire? Etre jeune, fort, courageux, avoir l'intelligence au iront, l'énergie au cœur, et ne pouvoir lien... rien... non, ip ne puis rienl El pourtant, je ne laisserai pas chasser Louise ue la maison de son père... non... non... mon Dieu! venez-moi en aide, vous savez que je n’ai pas mérité tant de malheur! vous êtes jus!e,et vous me prendrez en pitié. Un miracle... faites un miracle, car moi, je n'ai plus à donner à ma femme et à mon i nfant que ma vie.
(S'trfjunl tant à to«v, M roMm* Irjpf* 4‘uoe i4ê*.) Si... SI... jlî puis CllCOre
leur assurer une fortune... Ah! merci, mon Dieu! c’est vous qui vouez de m'inspirer. Louise, Juliette, pour vous, je croyais n’avoir plus à donner nue mon sang, il me reste encore mon honneur... mais pour aller jusqu’à Lyon, il me faut un guide.