ACTE V
DUFERIUER. y
Lequel?
Vous avez besoin de quelqu'un qui vous aime?
DUPERRIER
Oh ! ne parlez pas de moi.
- DARCY
-Si, si, narlons-eu, au contraire. Cetle jeune femme vous a connu jaais, prenez-la pour tenir votre maison; elle vous sera dévouée, elle aura pour vous l’affection qui vous manque, et vous aurez pour elle cette fortune.... dont elle manque aussi.
DUPERRIER
C’est convenu. Il faut me la faire venir.
• DARCY
C’est cela, nous l’établirons ici près de vous.
♦ DUPERRIER
Oui, hâtez-vous. Pauvre Louise-! je ne serai plus seul.
DARCY, revenant sur ses pas.
Ah! dites donc, si... au lieu d’une personne, il y en avait deux pour vous aimer, ça n'en serait pas plus mal ; c’est qu’il y a, .. le petit, un amour d’enfant...
DUPERRIER
Soit, amenez-les... Au revoir. «
DARCY
Au revoir. (Revenant.) Dites donc...
DUPERRIER^ avec boulé.
Voyons, qu’est-ce encore? ne vous gênez pas.
J’y pense... nous amènerons ici la mère et l’enfant, c’est trèsbien... mais, mais...
DUPERRIER
%lais quoi?
• DARCY
11 y a encore le... le mari.
DUPERRIER
Le mari?
DARCY. y
Oui, le mari, le père de l'enfant; qu’est-ce que vous voulez qu'il devienne ce mari sans sa femme, ce pèresans son petit?... Bah! quand, au lieu de de^x personnes, il y en aurait trois à , vous aimer, où serait le mal?
DUPERRIER, lui tendant la main
Amenez donc le mari, docteur.
DARCY, avec joie.
v Et celui-là ne sera pas le moins ardent à vous, chérir... un brave cœur, allez!
DUPERRIER, gaiement.
Oui; eh bien, tant mieux! je les aimerai aussi, ce sera une nouvelle famille que je me ferai. '
DARCY
Bravo!... (Le regardant.) Dites donc, ça va mieux, vous?
DUPERRIER
C’est vrai, c'est vrai, je me sens déjà mieux depuis...
DARCY
Depuis mes prescriptions... mes ordonnances et mes drogues... Ah ! j’ai bien autre chose encore à vous faire avaler.
DUPERRIER
Vraiment? Eh bien, je tâcherai d'être un malade très-docile, trcs-obéissant.
DARCY, sérieusement.
Vous le promettez?
DUPERRIEH. -
Je vous le promets.
DARCY
Au revoir, mon cher malade.
DUPERRIER
^U revoir, docteur. (Lui tendant la 10310» ) Mon ami.
DARCY
Déjà!... Il n’y a pas un quart d’heure que vous vouliez me faire mettre à la porte.
Je ne vous connaissais pas.
DARCY; rient.
Vous ne m’offrez plus votre argent?
DUPERRIER
Non, je vous paye avec le cœur, j ’ai changé de monnaie, voilà tout.
DARCY, loi serrant la main.
J’aime mieux celle-là. A bientôt, (n sort.)