‹ L'aviation (volume 2)Chapitre 3 sur 57 · I. SuUy Prudhomme, Le Zénith · texte numérisé non relu

I. SuUy Prudhomme, Le Zénith

^ I ^ PAIMLEVÉ et BORBL. — a,

PRÉFACE

OU du moins, ils lui ont permis de se diriger dans une certaine mesure. Malgré les progrès réalisés depuis lors, qui ne voit que c'est là une solution bâtarde et provisoire? Sur un ballon comme sur un dirigeable, l'homme ne surmonte son propre poids qu'en s'accrochant à une énorme masse de gaz plus léger que l'air. Mais quel embarras qu'un tel support, gigantesque, mou, flasque, inerte, vulnérable et prêtant une prise presque irrésistible aux moindres remous de l'air.

Loin de nous la pensée de médire d'une des belles inventions du génie humain, dont pendant quinze ou vingt ans on peut attendre encore tant de services. Mais un fait certain, c'est que le dirigeable ne nous réserve plus de surprises. Ses défauts sont irrémédiables. Il lui faudra toujours des hangars immenses, sa manœuvre sera toujours extrêmement délicate; sa sortie et sa rentrée, toujours dangereuses, exigeront un personnel considérable.

Ses vitesses actuelles ne pourront être notablement dépassées.

Il existe aujourd'hui des dirigeables qui font i6 mètres à la seconde, c'est-à-dire près de 58 kilomètres à l'heure, du moins dans les circonstances les plus favorables. C'est presque la limite de leur vitesse.

PRÉFACE

Belle vitesse, dira-t-on, et qui leur permet de sortir par les temps où le vent ne dépasse pas i6 mètres à la seconde, c'est-à-dire presque toute l'année. Erreur : un vent de i6 mètres à la seconde s'accompagne toujours de remous violents qui bousculeraient rénorme appareil.

En fait, jusqu'ici, nous ne croyons pas qu'un dirigeable ait affronté impunément un vent de 10 mètres à la seconde. Or les aéroplanes ont volé par des vents plus violents et leurs vitesses atteignent et dépassent déjà 80 kilomètres à l'heure, soit 22 mètres à la seconde.

Ceci est l'opinion même de ceux qui ont réalisé ou perfectionné les dirigeables. Lorsque Renard, alors jeune capitaine du génie, mettait un moteur sur le ballon La France^ il frémissait d'impatience de ne point posséder le moteur assez léger pour lui permettre de s'attaquer au problème définitif, au plus lourd que l'air. Seul, d'après lui, le plus lourd que l'air, avec ses organes minces, à la fois résistants et souples, avec ses dimensions bien plus restreintes, pouvait permettre à l'homme de rivaliser avec l'oiseau.

Mais rivaliser avec l'oiseau n'était-ce pas une chimère ? C'est une évolution de millions d'années qui a abouti à Toiseau, qui lui a

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