‹ L'aviationChapitre 43 sur 81 · MONOPLANS ET BIPLANS · texte numérisé non relu

MONOPLANS ET BIPLANS

repartir après avoir réparé 1 accident auquel était due la panne ; mais on n'a pas encore obtenu de résultat pratique. Dans sa traversée de la Manche, Blériot s'était contenté d'emporter un petit canot en toile caoutchoutée qui lui aurait sans doute permis, s'il était tombé à la mer, d'attendre quelques heures un secours efficace.

Nous avons laissé de côté jusqu'ici la distinction entre monoplans et biplans ; il ne sera pas inutile de les comparer, avant de parler de l'utilisation pratique de l'aéroplane.

Monoplans et biplans.

L'histoire même du développement de l'aviation a semblé marquer entre monoplans et biplans une différence essentielle. Aujourd'hui encore, après les expériences les plus récentes, c'est une opinion assez générale que le biplan est en soi plus stable que le monoplan ; mais que le monoplan utilise mieux la force motrice parce qu'il présente moins de résistances parasites.

Il n'est pas inutile de montrer que cette opinion est mal fondée et que les raisons simplistes par lesquelles on prétend la justifier sont sans valeur.

Admettons avec la plupart des constructeurs (c'est là une hypothèse essentielle qui sera discutée plus^[loin).^ que l'écart des deux plans sustentateurs du biplan est suffisant pour que l'action de Tair sur chacun d'eux ne soit pas influencée par l'autre. Faisons la même hypothèse sur l'écart des cloisons verticales s'il en existe. Dans ces conditions, aucune différence n'existe entre

L'AVE y m DE LAEROPLASE

la théorie rigoureuse du monoplan et celle du biplan : les mêmes équations régfissent, par exemple, les mouvements du biplan à longue queue cellulaire et du monoplan à longue queue horizontale et à quille verticale. Les grandeurs dont dépendent leur stabilité, leur vitesse, etc., peuvent être rendues égales dans les deux cas. Comme Ta toujours affirmé Wilbur Wright, ce sont les questions d'encombrement et de commodité de construction qui doivent déterminer le choix de Taviateur entre la forme biplan et la la forme monoplan.

Pourtant bien des théoriciens ont affirmé la supériorité du biplan quant à la stabilité et celle du monoplan quant à la vitesse. Discutons leurs raisons.

Stabilité. — Parlons d'abord de la stabilité. Comparons un monoplan et un biplan qui aient oième surface portante totale, les ailes étant^Za^^^ et le rapport de l'envergure des ailes à leur largeur étant le même dans les deux appareils. Supposons que Tappareil pique légèrement du nez, d'un angle de 1° par exemple : le centre des pressions sur les ailes va s'avancer* un peu et son déplacement sera plus grand (dans la proportion d'environ 1,4) pour le monoplan que pour le biplan. Cela est indiscutable. Mais faut-il en conclure, comme on le fait généralement, que ce soit là pour le monoplan une cause d'instabilité ? En aucune façon.

I. Si les ailes sont suffisamment incurvées, le centre de pression ]>cut reculer quand 1:1 ppnrcil pique du nez (d'après certaines expélicnvL-s). Mais la queue renversera C^i effet si elle att plut efiacée

que la voilure et placée as>ez en arrière.

MOyOPLAi\S ET nîPLAi\S

C'est au contraire le déplacement du centre de pression qui tend à redresser le nez de l'appareil, qui crée ce que les mécaniciens appellent un couple* de rappel. Plus ce déplacement est prononcé, plus le rappel à Tordre est énergique. Cela est si vrai que, dans le cas du biplan Voisin la queue est plus effacée que les ailes, cela pour accroître le déplacement du centre de pression et le rendre aussi marqué que dans le cas du monoplan *. Toutefois un déplacement exagéré du centre de pression a un double inconvénient : d'une part Tappareil devient résistant à la gouverne : d'autre part il épouse trop fidèlement les fluctuations de l'air et l'hélice pousse mal. Mais rien de plus aisé que de combattre ce défaut s'il existe, soit par la forme du fuselage, soit par la position du centre de gravité, soit par une inclinaison plus accentuée de la queue. En un mot, que l'appareil soit monoplan ou biplan, on peut lui donner la stabilité qu'on veut.

Vitesse. — Passons à la question vitesse. De nos deux aéroplanes supposés du même poids et munis du même moteur quel est celui qui ira le plus vite? C'est le monoplan, dit-on, car il n'offre pas à la résistance de l'air j?es multiples entretoises qui retardent le biplan. Mais, d'autre part, pour être rigides, les ailes (plus larges) du mono-

I. Remarquons qu'on lit presque partout qu'un des effets utiles de la queue est d'atténuer le déplacement en question. Cela ne serait vrai que si la queue était beaucoup moins large, de l'avant à Tarrière, que les ailes, ou plus inclinées que celles-ci. Pour le biplan Voisin notamment, cette influence de la queue est donc précisément inverse de celle qu'on s'imagine.

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