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L'UTILISATION PRATIQUE

densité de l'air diminue à peu près d'un dixième à 800 mètres d'altitude et d'un cinquième à 2.000 mètres ; l'influence de telles diminutions est assez faible ; il n'en serait pas de même pour la diminution de moitié qui se produit à 5.500 mètres d'altitude ; mais on n'a pas encore volé au-dessus du Mont-Blanc. En attendant qu'on y parvienne, il pourra être intéressant d'utiliser l'aéroplane pour explorer des régions montagneuses mal pourvues de routes, au besoin même pour se rendre d'un point à un autre pardessus une chaîne de montagnes qui ne serait percée d'aucun tunnel.

A côté de la montagne, on peut mentionner les régions désertiques, équatoriales ou polaires ; l'établissement de communications au-dessus de la mer, pour lesquelles les vitesses actuelles des aéroplanes dépassent déjà largement celles des meilleurs transatlantiques, etc. Mais nous n'avons pas à dresser un plan complet d'exploration du globe; il suffit d'avoir fait pressentir, par quelr ques exemples, quels pourront être les premiers emplois utiles de l'aéroplane. Mentionnons simplement, pour terminer, l'idée déjà émise de transporter des ballots de lettres dont le poids pourrait être strictement réglementé; la possibilité de telles applications montre l'importance d'un élément, jusqu'ici trop négligé dans les meetings d'aviation et cependant essentiel : le poids utile transporté.

La réglementation adminis tr ati ve . — Arrivera-t-on à empêcher ce développement de l'aéro-

LAVEiym DE L'AEROPLANE

plane, à Taide de règlements administratifs ingénieusement combinés ? Il faut souhaiter que non ; mais il ne faut pas avoir une confiance excessive dans les bonnes dispositions des administrations à l'égard de toute nouveauté. Bien des habitudes seront évidemment bouleversées, et l'Administration n'aime pas qu'on dérange ses habitudes.

Sans parler des douanes et des octrois, bien des questions juridiques pourront être soulevées, et il est à craindre que ce ne soit pas seulement par des humoristes ; dans quelle mesure le propriétaire d'un champ, ou d'un parc clos de murs peutil interdire Taccès de l'atmosphère au-dessus de sa propriété? On a déjà nommé des commissions, dont certains membres, intègres fonctionnaires plus soucieux d'assurer la tranquillité publique que de favoriser le progrès, ont proposé des textes invraisemblables d'après lesquels tout aviateur, comme d'ailleurs tout aéronaute, serait a priori considéré comme suspect et regardé comme coupable des pires méfaits (espionnage, contrebande, etc.) à moins qu'il ne puisse apporter la preuve certaine et indubitable de son innocence. Cette mise hors la loi n'a pas été admise et ne le sera sans doute jamais ; le fait seul qu'elle ait pu être sérieusement proposée est l'indice d'un état d'esprit qu'il convenait de signaler afin qu'il disparaisse *. (Depuis que ces lignes ont été écrites, hi commission instituée au Ministère des Travaux

I. Par contre une réglementation qui deyiendra utile dès que l'aéroplane se sera vulgarisé est celle de la route k tenir dans les croisements. Lorsque deux appareils se dirigeront Tun vers l'autre, ils ne pourront s'éviter qu'en prenant chacun leur droite:

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