‹ L'aviation; ses debuts--son développementChapitre 10 sur 45 · AÉROPLANES · texte numérisé non relu

AÉROPLANES

S'il n'y a pas de propulseur, un vent ascendant peut en tenir lieu. S'il n'y a ni propulseur lii vent ascendant, l'aéroplane descend doucement et obliquement vers la terre (').

L'oiseau qui ne bat pas des ailes est un aéroplane, de sorte qu'il y a entre un cerf-volant et un oiseau planeur la plus grande analogie*

Chose infiniment curieuse comme donnée psychologique, il n'y a pas très longtemps que l'esprit humain s'est montré apte à saisir cette analogie. Cela est regret-

Fig. I.

Le premier projet d'aéroplane date de i843 ; c'est celui de Henson. Il n'a pu être réalisé qu'en petit et était instable. (Voir nilustration de i843.)

table, car le cerf-volant remontant à la plus haute antiquité, il y a longtemps que l'aéroplape, en tant du moins qix^aérotoboffffan^ aurait amusé les générations passées comme il délectera les générations futures.

L'aéroplane jouit, par rapport aux deux systèmes précédents, de l'avantage de la loi de la résistance de l'air la plus favorable. En effet, j'ai signalé que le coefficient de la résistance de l'air à employer dans le cas du mouvement oblique d'une surface d'aéroplane est presque dix

(i) Un cerf-volant est également un aéroplane à l'ancre.

fois plus grand que dans le cas du mouvement orthogonal d'un plan ('). Ce fait, soupçonné déjà en 1901, sera, je Tespëre, pleinement élucidé dans la suite de ce travail.

Cela donne à ce genre de machine volante une supériorité incontestable Q) et c'est pour cela que l'on a déjà vu des hommes traverser l'air en aéroplane et qu'on n'en a pas encore vu arriver d'une autre façon à ce résultat.

Cependant l'aéroplane paraît avoir deux graves défauts qui font dire à bien des gens qu'il ne peut pas avoir la prétention d'être la machine volante de l'avenir. Il semble en efifet assez instable et il faut, pour qu'il commence à flotter, lui communiquer une grande vitesse initiale.

Cette réputation d'instabilité a été répandue autrefois par les anciens expérimentateurs eux-mêmes qui opéraient sur de petits modèles. Or un petit modèle est très effrayant. 11 finit toujours par rencontrer quelque circonstance extérieure qui le fait chavirer. En principe, celui qui fait trop de modèles ne montera jamais en aéroplane. Pourtant, si l'on observe froidement ces naufrages, on s'aperçoit qu'un tout petit coup de barre donné au moment voulu aurait remédié à tout. C'est pourquoi j'ai toujours affirmé qu'il fallait une intelligence à bord. Beaucoup d'inventeurs veulent remplacer cette intelligence par des mécanismes automatiques. J'ai pour ma part très peur qu'ils ne fonctionnent à faux et ne précipitent la catastrophe.

Dans la torpille, les gouvernails sont automatiques Q),

(1) Cela fait tomber l'objection sans cela inattaquable des partisans des hélicoptères qui disent : « Une hélice a déjà beaucoup de peine à enlever son moteur. Comment espérez-vous faire mieux en lui donnant en plus à entraîner une surface ?»

(2) Si le colonel Renard a prédit qu*à partir de a kg par cheval les hélicoptères voleraient, il a prédit aussi qu'à partir de 7 kg par cheval les aéroplanes voleraient. Or ce dernier résultat est atteint depuis 1902 et le premier vol de Wright avec son aéroplane à moteur est du 17 décembre 1908

(3) La torpille est la machine la plus parfaite créée par l'homme à son image. Elle est douée en effet de l'axe réflexe. Elle a trois sens : le sens

Page 1