LANGLEY
machine s'inclina et se brisa. Sir Hiram Maxim perdit courage et arrêta les frais, qui s'élevaient déjà à plus de I million.
Langley
Pendant ce temps le secrétaire de la Smitlisonian Institution de Washington, M. Langley, commençait aussi avec un manège des expériences sur les surfaces et les hélices. Parvenu à la certitude que le vol mécanique était possible, il fit un petit modèle (fig. lo) à vapeur (i3 kg) qui parcourut en 189C. trois quarts de mille (i 200 m) au-dessus du Potomac. Ce résultat enthousiasma les dirigeants du War Department et une somme de 5oooo dollars fut mise à sa disposition pour construire un appareil définitif.
Il faut lire dans son rapport (') la quantité de déboires qui lui arrivèrent. Par une phrase typique il fait comprendre ce qui a retardé si longtemps l'aviation : l'inventeur débutant qui arrive avec une simple esquisse de principe, croyant avoir tout trouvé, ne se doute pas de l'effort colossal qu'il aurait à fournir pour mettre sa machine au point, car la question est toute en détails et chaque détail nécessite une invention particulière qui demande du temps, de l'argent et un dressage des ouvriers. Une grande partie des déboires de Langley tient à la décision prise de faire les expériences au-dessus de l'eau. Il est bon de se méfier du mode de lancement sur l'eau, il parait moins dangereux que sur terre et c'est pourquoi beaucoup de personnes le préconisent ; mais outre le risque de disparaître sous les toiles, toujours à craindre, il est incontestablement un moyen plus cher — il y atout un service de batellerie à organiser, et le repêchage par
(i) Résumé dans L'Aérophile de mars 1906, par F. de Rue.
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Fig. 10. — Planement d'un modèle de l'appareil Langley igoS.
Fi g, ti. — Moyt^H tlo d^pftri îmoginn par le proft^s^eur LrJngîey
Fig. 12. — Aéroplane Langley, le 7 octobre 1908. — Le professeur Manley est à bord*
Fig. i3. — L'aéroplane Langley dans le Potomac. — Le professeui' Manley est sain et sauf.
des barques soumises au roulis, qui ne peuvent donner leur effort synchroniquement, abîme le matériel.
On voit également dans ce rapport que l'aéroplane n'a pu être essayé que deux fois : le 7 octobre igoS, où il a piqué droit dans le Potomac parce que le bout-dehors d'avant qui retenait les haubans avait heurté le plan incliné de lancement ; et deux moi^ après, à Arsenal-Point
Fig. 14. — L'aéroplane Langley dans le Potomac. — Sauvetage du professeur Manley.
à Washington, où il a encore piqué parce que cette fois le bout-dehors arrière avait accroché (fig. 12, i3, i4).
L'aéroplane n'a donc jamais été en liberté dans son élément ; on a cru en Amérique que la machine ne pouvait voler et Ton a refusé des fonds à Langley. On a eu tort, la machine pouvait voler, et la preuve, c'est que M. Blériot, avec le même type d'appareil, mais disposé pour partir sur terre et pour pouvoir recommencer ses expériences sans trop de frais, est arrivé à le faire voler.