‹ L'aviation; ses debuts--son développementChapitre 20 sur 45 · WRIGHT DE 1903 A I9O · texte numérisé non relu

WRIGHT DE 1903 A I9O

an operator and supplies of fuel etc. sufQcient for a flight of 160 ki* lometers. We would be willîng to make contracts in which the minimum distance of the trial trip would be more than ^o kilometers, but, of course^ the priée of the machine in that case would be greater. We are also ready to construct machines carrying more than one man.

Respectfu llj^yours,

WiLBUR and Orville Wright.

J'étais le premier dans le monde entier à connaître, longtemps avant les autres, une nouvelle sensationnelle ; je connus ce sentiment d'assurance et de légitime fierté que ne connaissent d'ordinaire que les grands politiques ou les hommes des grandes affaires, et je voulus en faire profiter mon pays ; l'armée d'abord naturellement.

Chose étrange, cela me fut impossible par la succession logique des faits que je vais raconter. Je fis mon rapport à mes chefs hiérarchiques, qui n'en crurent pas un mot, et me traitèrent comme un doux illuminé. Ils auraient cependant dû être avertis de la possibilité des choses par les glissades stables que je faisais avec mon appareil déjà muni d'un moteur et qui authentiquait toutes les prémisses du problème.

Les deux grandes raisons dont on se servit à ce moment pour douter furent : Si des hommes avaient réellement volé dans les airs, on le saurait. Et comment un simple capitaine d'artillerie peut-il savoir une chose qu'ignorent même les journalistes américains, qui tiennent à honneur d'être les mieux informés du monde !

D'un côté tous mes travaux répondaient pour moi et de l'autre il n'y avait qu'une hypothèse réalisée depuis, c'est que les reporters américains n'avaient pas fait leur métier, et n'avaient rien compris aux expériences de Wright. D'ailleurs l'Amérique, sauf quelques personnalités éminentes, était à ce moment prodigieusement en retard sur toutes les questions aéronautiques.

Dans une seconde lettre du 4 novembre, les frères Wright me font connaître que le prix qu'ils fixent pour leur machine est de i million de francs, payable seulement après qu'un parcours de 5o km aura été effectué.

Ce qui était prohibitif; mais les acheteurs ne risquaient pas d'être trompés.

Entre temps, je fais une enquête par l'intermédiaire de M. Chanute et de notre consul à Chicago qui m'indique un M. Gouffault, Français habitant Dayton. Je demande le 2 novembre à M. Lahm, Américain et membre de l'Aéro- Club, de prendre des renseignements dans son pays, ce qu'il fît immédiatement avec l'intention d'y faire... une affaire.

Malgré cela, un mois entier passait, et je perdais tout

Fig. 6'|. — L'Auto du 24 décembre 1906.

espoir d'intéresser le ministre de la guerre par la voie hiérarchique. La nouvelle allait s'ébruiter. Je mis les pièces sous les yeux de M. Archdcacon, qui, à ma grande surprise, eut des doutes extraordinaires qu'il a formulés dans un article aux Sports du 3 décembre igoB, et il me quitta en me disant qu'en aucun cas il ne se mettrait à la tête d'un comité d'achat.

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