‹ L'aviation; ses debuts--son développementChapitre 24 sur 45 · ARCHDEACON ET VOISIN · texte numérisé non relu

ARCHDEACON ET VOISIN

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tafent pensa qu'il pouvait embaucher en surnombre un jeiine homme aussi débrouillard.

Tous deux furent à Berck-sur-Mer avec l'aéroplane, et là, du haut d'une dune abrupte on jeta dans le vide Voisin montant l'aéroplane, sans autre résultat que de multiples contusions.

Gomme j'étais responsable, car j'avais le premier publié les expériences Wright et les miennes, je fus appelé par dépêche de Nice et je traversai toute la France pour venir

Fig. 72. — Aéroplane Archdeacoii expérimenté le 10 avril 190^ par M. Voisin. Durée du séjour en l'air, 5 secondes 1/4.

expliquer aux nouveaux aviateurs la manière de se placer dans l'aéroplane, de tenir le gouvernail et de partir. On ne peut pas en effet partir d'un escarpement, car le vent déferle comme une vague contre une digue et vous chavire. Il faut partir sur un glacis en pente douce permettant au vent d'épouser la forme du terrain et de devenir ascendant sans tourbillonner.

A la suite de ces explications pratiques plusieurs vols

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furent faits par Voisin et moi qui démontraient parfaitement la possibilité du glissement sur les couches d'air à la façon de Wright (fig. 72, 78 et 74).

L'engin était délicat à manier, il était d'une grande sensibilité. 11 fallait agir souvent au gouvernail et même se déplacer dans l'intérieur de l'appareil pour conserver Téquilibre.

Rentré à Paris, qui n'offre aucun terrain en pente commode, M. Archdeacon, pour continuer ses expériences, imagina de faire des départs à la Pilcher en cerfvolant sur le champ de manœuvre d'Issy-les-Moulineaux. Ce champ qui devait devenir célèbre dans les fastes de l'aviation est le seul à Paris qui soit commode. 11 est vaste, suffisamment roulant et près des ressources des usines.

Les départs en cerf-volant sont toujours très dangereux, cela lient beaucoup à ce qu'on n'a pas soin d'opérer la traction de la corde dans le sens où le vent veut porter l'aéroplane (*). Il y a aussi les questions de formes (Voir page 46) d'aéroplane qui ne sont pas très favorables à la stabilité du cerf-volant.

Dans l'expérience du 26 mars 1906 on avait heureusement remplacé l'aviateur par un sac de sable, de sorte qu'il n'y eut pas d'accident de personnes, mais l'aéroplane fut détruit entièrement (fig. 76).

Pour diminuer ce danger M. Archdeacon voulut expérimenter au-dessus de l'eau (fig. 76) et il transporta ses appareils aux ateliers Surcoût', à Billancourt près de la Seine. Le 8 juin, remorqué par le canot Antoinette^ l'aéroplane monté sur des flotteurs et conduit par M. Voisin fit un magnifique parcours de i5o m à 17 m de hauteur environ, d'une façon très stable. 11 faut dire que le jeune constructeur avait ajouté à la cellule d'avant, munie

(1) Pour opérer le mieux possible le conducteur du tracteur automobile devrait regarder dans une glace, le diriger dans la direction de la remorque et diminuer sa vitesse lorsque l'aéroplane tend à piquer du nez.

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