‹ L'aviation; ses debuts--son développementChapitre 28 sur 45 · VOISIN FRÈRES I · texte numérisé non relu

VOISIN FRÈRES I

plus. Les Wright s'en méfiaient beaucoup — ils n'ont rien voulu montrer — mais leurs seules brochures de 1901 et 1902 ont suffi pour percer àjour leur découverte; il n'y avait plus qu'à expérimenter — à comprendre — à corriger et à recommencer.

Au moment où le public mettait la réussite à l'actif des brillantes qualités d'équilibriste et de sportsman dn

Fig. 85. — Farman a compris qu'il devait braquer le gouvernail vers la terre et il parcourt 771 m le 26 octobre 1907

sympathique aviateur , M. Delagrange, qui n'avait pas le même entraînement, prenant tout à coup une grande confiance, s'exerce le i4 mars et s'envole d'emblée immédiatement sur 3oo m, le 16 mars il passe à 600 m et le 17 mars gagne le prix dit des 200 m. Il commence les cercles le 21 mars, et le 11 avril il s'adjuge la coupe Archdeacon par 3 926 m.

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A ce moment la foule commença à entrevoir la vérité et le nombre des clients augmenta qui commandèrent à Voisin des appareils de sa marque.

Dans rhistoire des inventions, celle-ci aura cela de particulier qu'elle se sera faite sans capitaux. Dans tous les cas le mérite des frères Voisin sera dans le futur apprécié à sa juste valeur.

Après le gain du prix Deutsch il n'y avait plus qu'à s'efforcer d'installer à bord la partie mécanique comme elle l'est dans les automobiles, c'est-à-dire rationnellement et avec tous les accessoires nécessaires.

Ce n'est pas facile, car il y a beaucoup de détails à régler ; mais il est visible aujourd'hui que seule l'installation était en défaut car rien n'a été changé au moteur.

Le prix du quart d'heure [ i o ooo fr offerts par M. Armengaud](*)n'aété gagné que le 6 juillet, mais à mesure des progrès la durée de marche finira par être ce qu'elle est €n automobile, c'est-à-dire qu'elle se prolongera jusqu'à l'épuisement de l'essence.

Esnault'Pelterie

M. Esnault-Pelterie de bonne heure se rend compte de l'avenir de l'aviation. Dès igoS, il cherche aussi à répéter les expériences de Wright ; mais il ne les réussit pas et abandonne cette voie. Il se range à la solution indiquée par Penaud, c'est-à-dire deux ailes d'oiseau fixes et une queue. Il invente un moteur spécial très intéressant en 1907 et le place sur son aéroplane. Ce qui le distingue c'est son moyen de départ dont nous trouvons le principe infiniment pratique et qui restera certaîne-

(1) M. Armengaud, président de la Société de navigation aérienDe dès 1878, s'est de tout temps intéressé à l'aviation et a voulu par son prix important pousser les inventeurs vers les résultats pratiques.

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ment. Deux roues en tandem supportent le corps et à chaque extrémité d'aile se trouve une roue. Au départ il part donc incliné, penchant sur une aile et roulant sur trois roues. Dès qu'il est en vitesse l'équilibre se produit sur les deux roues centrales en tandem et l'aéroplane ne tarde pas à s'enlever à la moindre sollicitation du gouvernail de profondeur ou de l'avance à l'allumage (fig. 88).

Malheureusement, en 1907, cet aéroplane a paru manquer de stabilité longitudinale car il n'a jamais pu être chronométré officiellement par la commission d'aviation de l'Aéro-Club.

En 1908, dans un essai qui a fait quelque bruit, M. Esnault-Pelterie s'est heurté à cette difficulté, insoupçonnée du public, qu'un aéroplane jouissant d'uri certain excès de force ne peut pas descendre. M. Esnaultr-Pelterie,les mains occupées par les gouvernails, ne pouvait pas atteindre l'avance à l'allumage, et plus il mettait le gouvernail pour descendre, plus il diminuait son angle d'attaque, plus sa vitesse augmentait.

La force portante due à l'air, augmentant alors comme le carré de cette vitesse, devient excessive. L'air semble devenir de plus en plus impénétrable et l'aéroplane bondit de plus en plus haut par à-coups successifs correspondant aux mouvements du gouvernail.

Ce jour là, le 8 juin, les témoins s'accordent pour indiquer un trajet de i 200 m et une hauteur finale de 3o m. Le tout se termina par une chute grave pour l'aéroplane, mais qui ne laissa à l'aviateur que de fortes contusions.

Une meilleure concentration sous la main des organes de conduite mettra fin à ce trouble et nous verrons marcher à la conquête de l'air une solution monoplane très intéressante et capable de très grande vitesse.

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