‹ L'aviation; ses debuts--son développementChapitre 8 sur 45 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

Je désire payer un jiiste hommage de reconnaissance à Mr Archdeacoiï d^^nt la voix plus libre portait plus haut que la mienne, et qui par ses prix a déterminé la victoire* Je remercie particulièrement M. Blériot qui le premier a eu confiance en moi et m'a aidé matériellement en 1906, et enfin M. Ler vayasseur qui m'a aidé pour la partie mécanique..

Par un sentiment d'amour-propre peul^tre excusable, j'ai retardé la publication de cette brochure, prête depuis le gain du prix Deutsch-Archdeacon, jusqu^au jour où j'ai pu moi-même prouver ce que j'avançais en partant du sol dans mon aéroplane n° 9 et en exécutant un vol mécanique sur une trajectoire horizontale,

Paris, 26 juillet 1.908.

Ferber, Capitaine d'artillerie en congé.

« Concevoir une machine volante n'est rien; « La construire est peu ; « L'essayer est lout(*). »

Quel était le bilan de Taviation à la fin du siècle passé ? — Exactement ceci : Du milieu de la foule sceptique et même hostile, qui traitait l'aviation de folle utopie, émergeait de tout temps une poignée d'individus outrageusement résolus qui affirmaient, contre le veto de tous les savants officiels du monde, la possibilité du vol mécanique, ce rêve qui hantait l'humanité depuis qu'il y avait des yeux pour voir les ébats des oiseaux dans le ciel.

Le veto du monde savant, qui influençait si fâcheuse-

(i) J'avais mis ces quelques mots en tête de mon premier article de la Revue d'Artillerie^ parce qu'ils résumaient dans ma pensée la seule méthode qui devait conduire au succès. M. le commandant Ferrus» avec sagesse, me conseilla de ne pas signer, moi inconnu, ces lignes, mais de les attribuer à Lilienthal, dont en somme ils représentaient synthétiquément l'œuvre. Ces lignes ont eu le plus grand succès et ont été reproduites partout. En Allemagne, on a cherché dans les livres de Lilienlhal et naturellement on n'a rien trouvé, Alors on a carrément traduit. Le major Mœdebeck a traduit dans les Aeronaulische Mitteilangeriy en igoS : Einen Drachenjlieger tu erjinden ist kein Kunststàck , einen zii bauen isi bereits sckwieriger, aber zujliegen, das ist ailes. Le D"* de Rosenberg a traduit dans la Neae Freie Presse, en 1906 : Fine Flugmaschine erjinden heisst gar nichts, sie bauen nicht viel, sie versuchen ist ailes. C'est cette dernière traduction que je préfère.

l'aviation l

ment la foule ignorante, tenait à une loi ('), due à Newton, radicalement fausse et que personne, par respect ou par paresse, ne s'était avisé de contrôler par l'expérience (*). Il y a quelquefois dans les livres classiques et les formulaires de ces hérésies religieusement reproduites d'édition en édition et qui entachent gravement, devant la foule respectueuse, la responsabilité des élites qui ont charge de l'instruire.

Heureusement les oiseaux volaient et c'était pour cette poignée d'irréductibles une raison suffisante pour travailler toujours. Sans doute, parmi ceux-là se trouvaient beaucoup de rêveurs ou d'hommes trop peu préparés scientifiquement ; mais avec le recul des années on peut juger aujourd'hui que leurs voix n'ont pas été vaines.

Leurs efforts se sont disséminés sur les types de machines volantes divers, mais qu'un savant congrès a pu repartir eti trois claisses dès 1889, époque à laquelle aucun aviateur n'avait quitté le sol et où il fallait un vrai courage devant l'opinion hostile pour oser légiférer sur une matière aussi ingrate. Ces trois classes sont : les ornithoptères, les hélicoptères et les aéroplanes.

1° Ornithoptères C)

Les ornithoptères se soutiennent dans l'air par des ailes battantes : c'est l'imitation directe de l'oiseau ;

(i) G*est la loi du sinus carré. Je n'en avais pas parlé dans mes ouvrages précédents, car j'estimais qu'il ne fallait plus en parler. Cependant elle est encQre inscrite dans tous les formulaires ! Et dans les comptes rendus de l'Académie du a5 mars 1907, côte à côte sont deux articles sur l'aviation, dont l'un fait encore état de celte loi fausse. Elle obligerait nos aéroplanes à porter 5oo m-, là où ils n'en portent que 5o.

(2) Cependant les expériences du colonel Duchemin existaient, mais ou bien on les passait sou^ silence, ou bien on mettait leur exactitude en doute.

(3) On écrivait jusqu'à présent orthoptère, nnais la commission de terminologie de l'Aéro-Club de France, ayant fait remarquer que les battements n'étaient pas droits, que de plus ce nom appartenait aussi à une classe d'insectes» a adopté en juin 1907 le mot ornithoptère, proposé par le commandant Renard.

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