‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actesChapitre 11 sur 92 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

MARGARET

Georges, no crois pas que j’aie méconnu jamais ton Ame volontaire et flère. Ce souvenir de Ion père vénéré, les épreuves de ta jeunesse, cet Apre travail auquel tu dois ton éloquence, et enfin, et surtout peut-être, la sombre menace qui pèse sur ton sort, — tout a épuré en toi la conscience, trempé le caractère, suscité les grandes forces : la passion de l'honneur, le culte du devoir, la haine de l’iniquité...

TREVOR, souriant.

O les chimères maternelles!

MARGARET

Et toutes ces énergies, toutes ces vertus, depuis trois ans, par dévouement filial, pour m’épargner de mortelles angoisses, tu les laisses dormir et languir dans l’ombre. Sans doute, tu les mets au service des souffrants et des petits; sans doute tu es l’appui de tout ce qui chancelle, la voix de tout ce qui est sans voix. Mais enfin, — et c’estàcela, Georges, que je m’attendais, — tu te lusses aujourd’hui de cet horizon Uorné. A ton ardeur d'action il faut la lutte, il faut le péril. Eh bien! va, je ne t’en blAme pas, je ne te retiens pas. La lumière sur ton passé, une rencontre avec ce sir Jaffray mettent en jeu ta vie et par conséquent la mienne. N’importe! je comprends, hélas! que tu appelles ces hasards et ces dangers comme d’héroïques besoins de ton orgueil.

TREVOR

S’il se trouvait pourtant qu’il n’y a d’orgueil ici qu’au cœur de la mère, ô ma mère bion-aimée? — Allons! il faut que vous lisiez dans mon Ame...

MARGARET

Ah! toi, tu vas me séduire!

TREVOR

Je vais me confesser. Et comme vous allez être surprise et humiliée quand je vous aurai découvert les Tai blesses de ce « ferme caractère, » les enfantillages de ce « héros! »

MARGARET

Mais Efflam ?

L’AVOCAT DES PAUVRES

Elle n’écoute ni ne comprend. — Mère, vous vous rappelez, quand nous habitions, à Edimbourg, la vieille maison de mon père, il y avait chez nous, avec nous, grandissant près de moi votre fils, il y avait votre fille d’adoption, l'orpheline que lord Windall avait recueillie et vous avait confiée au berceau.

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