‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actesChapitre 6 sur 92 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les mêmes, TREVOR.

TREVOR, entrant vivement et mettant la main sur l’épaule de Berthet

agenouillé.

Non, debout, homme! debout, pour parler comme pour agir!

B E RT H El..

Ah ! ma voix de clairon ! (il se relève.)

TREVOR, embrassant Margaret.

Ronsoir, ma mère chérie.

MARGARET

Bonsoir, mon Georges.

TREVOR

Pourquoi donc, mon pauvre Berlhel, vous maltraitiez-vous

ainsi?

BERTHEL

Maître Trcvor, parce que je sais, à cette heure, que ce qui fait l’homme, c’est la parole, et que je ne suis pas un homme.

TREVOR

Vous n’étes pas un homme, Berthel? — Et pourtant qu’avezvous fait depuis que vous m’avez quitté?

BERTHEL, stupéfait.

Comment! vous savez?...

TREVOR

Oh! je ne vous ai, certes, ni suivi, ni fait suivre, Berthel, et je ne vous avais rien conseillé, rien indiqué. Mais taudis que je ‘'parlais pour vous, tandis que je me portais garant pour vous, je vous regardais , et j’ai vu dans vos yeux où vous iriez tout de

suite en sortant du tribunal.

BERTHEL

Pas possible!

TREVOR

Dickson laisse sa mère, Dickson laisse une veuve et deux orphelins. Berthel , votre premier usage de la liberté a été de courir au logis de Dickson, et d’offrir tout ce que vous possédez et une partie de ce que vous gagnerez à ces pauvres abandonnées.

BERTHEL

Vous êtes sorcier!

TREVOR

Non, mais lu vois bien que toi, tu es un homme! Tiens! sans approcher, j’affirme qu’il y a là, sous cette bure, un cœur vivant et chaud qui bat aussi fort que le mien. (Lui posant la maiu sur la poitrine.) J’ai dit vrai ! Eh bien! est-ce que pour ça je suis sorcier?

BERTHEL

Oh! c’est égal! maître. Vous ne savez pas la suite de ma visite chez la veuve de Dickson?

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