ACTE V
TREVOR
Je demande pour délai à Votre Altesse le temps qu'un messager aille en France et en revienne. *
CROMWELL
Bien. Mais jusque-là, restez libre et, jusque-là, qu’il soit dit et publié pour tous comment et pourquoi vous voulez mourir. (au lord grand juge.) Écrivez, milord...
TREVOR, allant à air Jaffray, à voix basse.
Vous, je suis assez vengé de vous. Vivez. C’est mon état de défendre et non pas de dénoncer.
SIR JAFFRAY, de mime.
Dites plutôt que vous avez voulu m’effrayer, mais que vous n’avez pas ces preuves. Oh ! j’en suis sûr! je vois juste.
TREVOR
Non, malheureux, vous voyez bas !
CROMWELL
Sir Jaffray, j’aurai à vous parler; vous allez me suivre. — Maître Trevor, je consens à votre sublime requête. Moi, conducteur de ce peuple, je ne peux pas lui faire tort d’un si grand exemple, car pour que l’Angleterre soit une nation, il faut que l'Anglais soit un homme. Oui, vous irezà l’échafaud, seulement je veux que vous y marchiez comme en triomphe. Je veux que tout Londres soit témoin de ce glorieux supplice. Je veux moi-mème, chapeau bas sur votre passage, saluer en vous, devant la ville et l’armée, le héros du courage civil et le martyr de l’honneur. Au revoir. Monsieur, dans quinze jours.
TREVOR
Au revoir et merci, Altesse! (Sortent Cromwell, sir Jaffray el le grand juge.)