IV. — CAUSES DE L’AVORTEMENT NATUREL
J’aborde, Messieurs, une étude sur laquelle j’appelle toute votre attention, car la plupart des traités de médecine légale la passent sous silence. Tardieu n’en parle pas ; il en est de même de Taylor, et elle est à peine indiquée par Hofmann, Maschka, Vibert et Briand et Chaudé.
Cependant les fausses couches naturelles sont fréquentes et comme médecin légiste vous devez en connaître les causes ordinaires.
Toutefois, les statistiques des auteurs allemands, portant sur le nombre des avortements naturels, me semblent en avoir exagéré la fréquence.
Schrôder considère que sur 100 grossesses, il y a 37 fausses couches; Whitehead arrive au même nombre. Il est loin de ma pensée de contredire les recherches de ces auteurs, mais il me semble qu’en France les avortements naturels sont moins fréquents, et que les statistiques de Abegg*, qui compte un avortement sur onze accouchements, et de Hennerig, qui en fixe la proportion à un sur dix, se rapprochent plus de la réalité (1).
La raison du nombre considérable de fausses couches enregistrées par Schrôder et Whitehead provient probablement de ce fait, qu’ils regardent comme une interruption de grossesse toute hémorragie survenant chez une femme ayant eu un retard menstruel d’une, de deux, trois, quatre et même six semaines. Ces retards peuvent provenir de circonstances particulières, en dehors de toute conception ; ils
(1) Hofmann, Nouveaux éléments de médecine légale , traduction française, commentaires du professeur Brouardel, 1881 ,p. 146 (en note;.
INFLUENCES PATERNELLES. 63
sont du ressort de la gynécologie, et n’intéressent pas, en général, la médecine légale.
Dans les causes qui peuvent provoquer l’avortement naturel, je laisserai de côté celles qui concernent Yâge, les mariages consanguins , dont l’influence est encore mal connue.
On peut ranger les autres en trois catégories. Ce sont :
1° Des influences paternelles ;
2° Des influences maternelles ;
3° Des influences provenant du produit de la conception.