Mercure
Le Dr Lewin rapporte que, dans la Lithuanie, les femmes prennent, dans le but de se faire avorter, du mercure en nature, qu’elles mélangent à un corps gras quelconque, constituant ainsi une sorte d’onguent gris (2). Cet usage semble purement local, et le mercure et ses sels sont bien rarement employés comme abortifs.
L’hydrargyrisme chronique a été plus volontiers incriminé. Le Dr Salomon (3) en rapporte deux cas. Le premier n’est guère probant, puisqu’il s’agit d’une femme syphilitique, et je vous ai dit que, dans cette affection, l’avortement est, sinon la règle, au moins très fréquent. Le second se rapporte à une femme bien portante, enceinte de cinq mois, chez laquelle se manifestèrent des symptômes d’intoxication mercurielle à la suite de frictions répétées qu’elle s’était faites avec de l’onguent au nitrate de mercure, dans le but de se guérir de la gale.
(1) A. Chevalier, Mémoire sur les allumettes chimiques ( Annales d\ hygiène publique et de médecine légale, 2e série, t. XV, 1861, p. 157).
(2) Lewin, Annales d'hygiène publique et de médecine légale , 1899, t. XL11, p. 478.
(3) Salomon, London Med. Gaz., 1845, t. XXXVI, lre partie, p. 658.
CAUSES DE L’AVORTEMENT NATUREL
Lizé rapporte un certain nombre de cas dans lesquels l’hydrargyrisme professionnel aurait occasionné de multiples avortements (1).
Dans un ménage, il y eut cinq grossesses ; deux seterminèrent au septième et au huitième mois; deux enfanta nés à terme étaient débiles et moururent avant trois ans ; le dernier, âgé de quatre ans, était d’une constitution extrêmement délicate.
Un autre ménage eut neuf enfants. Trois grossesses seterminèrent avant terme; quatre enfants moururent avant cinq ans; les deux survivants étaient d’une mauvaise santé. Enfin, une femme, dont l’emploi consistait à frotter des peaux à l’aide d’une brosse imbibée de nitrate acide de mercure, avait des règles excessivement abondantes et trois grossesses se terminèrent par des fausses couches (2).
Cette influence néfaste attribuée au mercure aurait décidé certains fabricants de glaces à ne plus employer de femmesmariées pour l’étamage.
Messieurs, tous ces faits sont peut-être exacts, mais ils ne sont pas absolument probants. Là encore l’influence néfaste de l’atelier, dont je vous parlais il y a quelques instants, peut se manifester sur les femmes enceintes. Les résultats favorables qui nous sont fournis par l’usage, même prolongé, du traitement mercuriel chez les femmes syphilitiques, nous permettent de conserver des doutes sur l’interprétation donnée par les auteurs aux faits précédents.