Avortement provoqué par des microorganismes
Je désire, avec Lewin, appeler l’attention des accoucheurs et des microbiologistes sur une hypothèse basée sur l’observation de ce qui se passe chez les animaux domestiques.
On décrit sous le nom d'avortement épizootique une maladie infectieuse des vaches, juments, brebis, truies, qui est déterminée par un microorganisme, dont les toxines agiraient spécifiquement sur la contractilité du muscle utérin. Les dernières recherches tendent à identifier ce microorganisme avec le Bacterium coli.
Les expériences de Bauer, Strebel, Zipperlen prouvèrent cette action spécifique des sécrétions vaginales et du liquide amniotique des bêtes atteintes de cette affection.
Chez les fœtus de vaches expulsés au cours de ces épizooties abortives, on a pu déceler le Bacterium coli dans la rate et le foie. Souvent la mère ne paraît pas souffrante.
Nocard (1) pense qu’on pourrait expliquer l’infection de l’utérus par le fait que les vaches s’étendent, dans l’étable, sur un lit de matières fécales, et que le Bacterium coli pénétrerait dans le vagin et de là dans l’utérus.
Il serait intéressant de rechercher si, dans la pathologie humaine, l’avortement habituel, à répétition, ne serait pas, dans certains cas, provoqué par le Bacterium coli ou un microorganisme analogue.