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UNE FEMME PEUT-ELLE SE FAIRE AVORTER ELLE-MÊME

La mort doit être attribuée à une péritonite.

L’opération tentée a déterminé l’interruption d’une grossesse, arrivée à trois mois et demi au moins.

Le Dr Boisleux n’a pas pris, avant son intervention, toutes les mesures de prudence que réclamaient les circonstances (1).

C’est dans ces conditions que l’affaire fut soumise aux jurés.

Ainsi que je vous l’ai dit, au début de ce cours (2), dans notre rapport, nous n’avions pas parlé d’avortement; nous avions simplement ditque l’intervention du Dr Boisleux avait amené l’interruption d’une grossesse, sans préjuger si cette interruption avait été volontaire. La circonstance qui entraîna en partie la condamnation fut soulevée par un témoin à décharge, ami de l’un des accusés, qui vint à la barre du tribunal faire l’historique de l’avortement par la méthode du curettage. Ce procédé fit l’objet d’une discussion et, obligé de répondre à des questions précises du Président des assises, je dus déclarer que j’ignorais si l’intervention du Dr Boisleux avait eu lieu dans un but criminel, mais que ce procédé d’avortement, dont nous n’avions pas encore d’exemple en France, au criminel, pouvait, en thèse générale, être employé pour faire disparaitre les traces d’une grossesse qui n’aurait pas dépassé le troisième mois.

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