‹ L'avortementChapitre 95 sur 136 · Examen des ovaires · texte numérisé non relu

Examen des ovaires

L’examen des ovaires peut vous donner quelques indications, mais je dois me hâter d’ajouter qu’elles n’ont qu’une valeur relative, et que, dans aucun cas, vous ne devez les considérer comme suffisantes pour établir votre diagnostic-

Vous savez, Messieurs, qu’après la déhiscence de l’ovisac, lorsque l’ovule s’est échappé, il se produit, à la place de la vésicule de Graff ouverte, un corps particulier, auquel on a donné le nom de corps jaune , dont la grosseur varie de celle d’un grain de millet à celle d’une noisette. Il est constitué par les débris de la vésicule de Graff qui s’hypertropbient et prennent une teinte jaune-citron. Au centre, se trouve souvent une petite cavité remplie de sang ou de sérosité et qui ne disparaît que lors de la résorption du corps lui-même. La coloration jaune est due à l’infiltration de granulations graisseuses dans les tissus en voie de dégénérescence.

Si l’ovule n’a pas été fécondé, le corps jaune diminue rapidement de volume ; au bout d’un mois à six semaines, il est réduit à un petit tubercule induré, qui ne tarde guère à disparaître, ne laissant à la surface de l’ovaire qu’une cicatrice étoilée.

Au contraire, quand l’ovule a été fécondé, le corps jaune augmente rapidement de volume; il atteint une dimension de 16 à 24 millimètres et parfois même son volume peut arriver à égaler celui de l’ovaire. Cet accroissement dure jusqu’aux environs du quatrième mois de la grossesse; lecorps jaune diminue ensuite progressivement, de sorte qu’à la fin du neuvième mois il n’a plus que 7 à 8 millimètres de diamètre. Deux ou trois mois après la fin de la grossesse, il n’est plus représenté à la surface de l’ovaire que par une cicatrice rayonnée.

Coste avait tenté d’établir, en se basant sur la différence d’évolution entre le corps d’ovulation et le corps jaune de grossesse, un signe anatomique probant de l’état de conception récent de l’utérus. C’est aller beaucoup trop loin,.

21G CONSULTATIONS MÉDICO-LÉGALES CONCERNANT l’aVORTEMENT.

et je me range absolument à l’avis de Depaul, qui a écrit (1) :

« Quelque importantes qu’elles soient, ces différences, il faut l’avouer, ne sont pas assez essentielles, ni d’une constance assez démontrée pour constituer, à elles seules, une preuve irrécusable qu’une femme avait ou n’avait pas conçu. Témoin, cette observation de Négrier, dans laquelle il est dit qu’une fille publique ayant succombé, on trouva à l’autopsie un corps jaune volumineux, se rapprochant beaucoup de ceux de la grossesse, et ne ressemblant, au contraire, nullement à ceux de la menstruation, quoique cependant on n’ait pu constater aucun signe de gestation.

« Lors donc que, dans une autopsie judiciaire, on reconnaît très nettement à un corps jaune les caractères de l’un ou de l’autre état, on peut en déduire une opinion probable, mais non une conclusion affirmative. »

Page 1