‹ L'Avortement Est Un CrimeChapitre 10 sur 16 · SEE · texte numérisé non relu

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« Quand je vois des vivants la multitude croître Sur ce globe mauvais de fléaux infestés Parfois je m’abandonne à des pensées de cloître Et j'ose prononcer un vœu de chasteté.

Dans l’invisible essaim des condamnés à naître Je fais grâce à celui dont je sens l’aiguillon »

C’est une position littéraire et philosophique. ScHo- PEBHAUER, S'il faut en croire ses biographes, était fort heureux et trouvait cette vie très agréable. La doctrine du philosophe allemand est d’autre part très austère. Séduit comme nombre de ses compatriotes par les chatoyantes! religions de l’Inde, il propose comme remède à la souffrance, la chasteté et l’ascétisme qui conduisent au Nir- VANA. À /

Les néo-malthusiens vont reprendre toutes ces opinions antiques et modernes, amalgamées et mises au goût du jour. Des écrivains, des penseurs, des journalistes, des médecins même vont mettre un talent souvent réel à les propager et essayer de les faire adopter. Les propagandistes commencent par diffuser des théories Singulièrement dangereuses d'économie politique, et n’ont aucune peine à les faire admettre par la bourgeoisie, les classes cultivées, voir les milieux officiels. En 1852, le conseil municipal de Versailles fonde un curieux prix de vertu; ne va-t-on pas jusqu’à exiger des postulants des preuves tangibles de tempérance, en l’occurence un nombre limité d’enfants. Sous LOUIS-PHILIPPE, soucieux d’éviter la surpopulation et par suite la baisse des richesses, certains préfets recommandent chaudement à leurs administrés la restriction des naissances. THIERS cite comme exemple de vertu, les sages populations de la Normandie qui ont compris la nécessité de ne point s’embarrasser de familles nombreuses.

Les résultats de cette propagande anti-nataliste sont

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3? OCR ; | MST | ‘ét TA > 38 Fe Cl Ç RER ae: pratiquement nuls, et n’atteignent qu’une très faible par-

rar | tie de la société. Il ne va plus en être de même de 1870 AE « à nos jours. Des ligues malthusiennes se constituent un me” peu partout, des journaux paraissent, des conférences Rd Se sont faites, des bréchures distribuées, et le commerce } # n RUE … d’articles anti-conceptionnels s’étalent en plein jour. Pru- Gr: ne 1 dente d’abord, cette propagande préconise des moyens Fe A} légaux ou plus exactement des procédés immoraux qui AAA ne tombent pas sous le coup de la loi tels l’onanisme con- (EN à | jugal ou autres moyens anti-conceptionnels usuels. Cela | : 1 peut échouer, cela échoue souvent, il ne reste plus qu'une | | 2AFRIS ressource... eh bien, on y est venu. A 4 E « Les néo-malthusiens logiques, qui tirent toutes les È 1 #3 <& conséquences de leurs doctrines admettent, au cas où, les pratiques- et les artifices anti-conceptionnels dans | RUE 74 = J’union des sexes, par un fâcheux hasard, n'ont pas abouti 4! : le droit à l’avortement, et il s’en trouve parmi eux qui FL" OS D réclament ce qu’ils appellent la liberté de l’avortement. © « LEROY-BFAULIEU. » L ner Le promoteur de ces idées déjà fort en honneur dans | sat les pays anglo-saxons, est en France, Monsieur ROBIN À fe Fa DE CEMPUIS. Il fonde en 1896 La Ligue de la Régénéra- | as tion, dont le journal est : « La Régénération ». - | 230 Le premier thème de propagande est d'ordre eugéni- FA ve FA que : « La préoccupation de la qualité doit toujours pré- . ‘0 céder celle de la quantité ». Oui, mais voilà, comment | mor y arriver ? | | “sie C’est le Docteur BINET-VALMER qui va nous donner , *j 73 la solution du problème : tout simplement par le haras | Fa de humain. ] Eu, L'étalon homme, sélectionné, scientifiquement pré- | 114) paré, fécondera, à l'heure physiologique propice, des ! . femmes médicalement aptes et rendues propres à la pro- NE | création par une genre de vie particulièrement bien étu- on. M, diée, E HUPE pa ay .

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Pour les inaptes à la reproduction, ou jugés tels, ces savants ne prévoient rien; pourquoi, ce serait assez logique, ne pas réclamer pour tous les autres la castration ? Le Docteur Julien BESANÇON a répondu à cet argument de la, seule façon qu’il convint, par l’humour : « Pour avoir le droit d’être papa, il faut passer devant trois jurys de médecins, subir 36 analyses de sang et 9 ponctions lombaires, se préparer à l’acte nuptial comme à sa première communion, et, bien entendu ne pas faire l'amour après une bouteille de champagne, mais après deux purges et trois lavements. Au nom de l’eugénique, il sera défendu aux hommes mariés de sortir seuls le soir et d'exposer, au hasard des rencontres, la clef des générations futures — Passé 5 heures du soir, chaque mari devra être accompagné par un agent de la salubrité publique qui ne le quittera qu'après l’avoir remis, contre reçu, entre les mains de son épouse ? »

Naturellement, sur ce terrain, inutile d’escompter de gros résultats. Pratiquement, du moins sous cette forme, l’eugénique est abandonné, on en arrive vite à prêcher la restriction des naissances par l’usage de procédés anticonceptionnels soi-disant légaux et, en dernier lieu, par l’avortement. Les malthusiens tentent alors de légitimer leurs prédications et d'appuyer leur matérialisme pseudoscientifique sur des bases médicales, physiologiques et embryologiques. « C’est la naissance qui doit être le critérium de l’individualité. Tous ceux qui sont nés ont droit à la protection sociale. Ceux qui ne sont pas nés n’existent-pas ». « La loi n’a pas à s’en occuper. La femme enceinte n’est pas deux personnes, elle n’est qu’une et elle a le droit de se faire couper les cheveux, maigrir, ou engraisser ». Ce raisonnement est du Docteur Madeleine PELLETIER; volontairement elle a oublié les données élémentaires de la science médicale.

Le « pars viscerum matris » des Romains est une

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