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voyage, après une nuit d'insomnie etl'hébétude d'une journée, il semblait aux Rugles qu'ils n'arriveraient jamais. Le repos qu'ils avaient pris en déjeunant à Marseille, sur le vieux port, ajoutait à leur lassitude, en obsédant leur cerveau d'images tumultueuses de rues, de passants et de voitures. Les viandes froides dont ils avaient dîné dans le train leur pesaient; ils aspiraient au bienêtre en pantoufles, à l'intimité d'un home. Mais, dans l'esprit de Mme Rugles et de Jean, au-dessus de ces petites convoitises mesquines, planait un cruel souci à l'égard de Minnie, la peur qu'elle n'eût pris mal, que cet excès de fatigue n'aggravât la petite fièvre dont elle brûlait, tous les soirs ; c'est à cela qu'ils songeaient, en croisant leurs regards, tandis q«^ la malade, retournée à son coitii contemplait la nuit et tâchait
d'apercevoir la mer, qu'on longeait d'assez près, et dont on sentait l'odeur saline dans le vent d'est, qui, chargé d'électricité et de pluie, soufflait par bourrasques.
« Et ce temps! - murmura
-^rne Rug-Ies avec l'intonation de <^<^sespoir disproportionné que les ^'^r^mes mettent à leurs contrarié- '^<^s l^splus iég-itimes, -3^i8Ciu'au
*~nps qui est contre nous*. »
~^^^ le ajouta :
, > '^^ Taum-t-il seulement un om-
* '^^1 s A la ^ara ? Tout \e tnonde
L AVRIL i5
dormira à pareille heure? Où trouver un hôtel? »
Jean confirma ses craintes :
« Nous n'arriverons pas avant minuit et demie ou une heure ! »
Elle grommela, sans pouvoir réprimer un regain de rancoeur :
« Je ne comprends rien au silence des Essler, ce sont eux qui nous engagent à \enir à Saint- Frégose, et quand on se décide au dernier moment et qu'on leur écrit, pas de réponse! »
Jean fit un geste vagrue, faute d'explication probable. Le silence retomba, lourd d'un besoin de sommeil, teinté de la tristesse propre au jaune et terne éclairage du wagon. Des bâillements incoercibles, à peine déguisés sous la main, car on se sentait à bout de patience polie, allongèrent en un désespoir de masques japonais les faces de Jean
et de sa mère; la contagion
,,-avrii-
. „j^. elle montra se^
::::'Siinoc. purement a...^ Cefutcammesiquel^quechose^e
sa.ê,ninitê.n.ime.deBa éa^, chamelle s« fût trah.. Jean en eu
,a sensation subtile, .1 ne pu s'.mp<.cb«r de suivre le contour de cme silhouette aimée, épaule, tombantes, jeune corsage bombe.
Jupe bn-sée aux hanches et lonî,'eamnnv.sibledurestedu corps.
A.i„„ie lui apparut charmant, non seulement en tant que s«ur n.ais.ussi en tant que vierge, a
P.,...mbic...e --V,,
vcJer exquibc et a
..u. .es autres bom-s-c„^^
lu.- e.„s« P'--'';;^ :, Tendresse Jalouse, car d^"" ^^ familière pure, resrect"^"^- /;^„d^nt urx pour elle, «'"f^'' "f H avait élément indéfinissable.
conscience qu'elle dégaLgGSiit^ erx plus d'une séduction fraternelle, l'immémorial attrait de son sexie ; c'était la fleur et le parfum de l'Eve éternelle qu'elle emportait dans sa robe, et il n'était pas maître de n'en pas respirer et savourer la douceur.
Le regard dont il l'enveloppait donna à la jeune fille, autant qu'un réel frôlement, l'intuition qu'elle était épiée; elle se détourna et, d'un déplacement qui la souleva légère, elle vint s'abattre à.
son côté et se blottir contre son épaule. Ce contact câlin rompit le charme, il se sentit froid devant l'insexualité indubitable de ce corps; Minnie ne fut plus que sa sœur ; le fantôme idéal disparu t, fit place à la matérialité d'un être connu, habituel, dépossédé de la secrète magie dont se parent la grâce du maintien et le galbe du vêtement. Affectueux, mais blasé,
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gtite main gantée de i! sen:i U P ^^^.^^ distingua la peau de sue ^^^.^^ ^,^^ ^^. ^^ns couture répa ^^^^ . j^ pj^^ long rétotlL> de ^^^ ^^^^jjt, cambré dans c^t min^c de ^J^^^jJ^s, ne fut plus une bottine ^ ^ ^.^^ quelconque, pour W ^^ ^jgg envisageait d'un ^^"'"'^'^nt et concentré. Très regard ^i^^ 3es traits se
belle ^^^^^ yn empâtement rw fondaient ^^ ^'admirables che-
biconJ, "^^'^.é des yeux et des vçuxgris-cen ' ^^nna/ent £//?
l^v,e.dcbont%^^.^.^^^ g^,,,Ue ^ir de digni^ ^^ peu delà i^au- ^It^vèe ^^ardait ^^ ^^^^^^^ ^^.^^^^ «^ti^rie, non «^ ^^^^ grandes, et ^^^ personnes ^^.^ ^^^ ^^y^, ^^l.arendait P^^^^^.onladevi- ^î^tiitidécis.t^ fond pas^^^^^^^' *^<ï.it dans ^^ t^ès capable de ^ï^te au sa^^^^f ' aucoup souffert ^-:>lonté.M^f gor^n^ariqu* *^1 v.-t vivant de ^^„, ,^,,,ê de
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