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je joui"
chaient en a^'*"*' 'loles Wê^^^' lumineux, lun ses ^P^^ ée. «^
Vautre sa silhouette a ^^^^ ^gg
allaient côte à <=*'*^: ^jue coBirues sales, car la vieJU ^.^^g
mençait là, avec les coule" et usées, vert, lie de ^»^' •'^^f, canari, des boutiques d chands de poteries et de ^ ^
avec ses trattorias pour m v italiens, ses reco:n« d'impasses d'où l'on voyait, derrière un/°*^'' saillir une tête de vieille femme curieuse. ^ .
.Ah ! - dit Colette, — ici rien na changé; tel c'était il y a cinq ans, avant qu'on bâtisse la partie neuve pour les hiverneurs, tel c'est encore aujourd'hui -, reg-ardez tous ces chats î »
Plus l'on s'enfonçait en des ruelles pavées, aux tristes murs couleur de suie, qu'égrayait, à quelque fenêtre, un gréraniuni fleurissant roug-e au milieu de
qui, avec Jean, était revenu à leur rencontre, — il faut du courage. Madame, — proposa-t-il à M.me Rug^les, — voulez-vous bien accepter mon bras ?
— Merci, monsieur, ma fîUe l'acceptera peut-être. »
Minnie faillit refuser, mais il la regardait avec un bon sourire, elle prit son bras et s'y appu3'a légèrement. Mme Ferrier qui n'avait plus de jambes, elle le remarqua en soupirant, accepta le bras de Jean, tandis que Colette et Mme Rugrles montaient à l'escalade, bravement.
Les grands degrrés, formés de pierres grises aux extrémités, étaient, en leur milieu, incrustés de carreaux rougres, ce qui leur donnait un aspect de mosaïque fruste, rappelait le simulacre d'un de ces tapis qui ne couvrent que la moitié des marches. Des rig-oles, le long des deux pans de murail-
l'avk'^..
le6i ruisselaient ^^^ ^^
^.^n^euse, et ^^ ^^^ ^^,,s de maison ;^,r
^p dans leï' .gi
COXSSS^^ ,-ait^n^
gr^x a^^^^^^ ^ '^ ^ ^^.
o XI. <fLoxxv\Tv slW \e V"
178 i/avril
d'argent d'une rivière coupait en zigzag-. Au bas de la plate-forme, les rues tortueuses dont ils sortaient, de vastes terrains vagues, le boulevard neuf, le Casino embrasé et scintillant ; sur la gauche, en des masses de verdure, les villas, et Tétalement de la mer toute laquée au large, d'un bleu plus terne dans la baie. Les montagnes, jusqu'à la pointe du cap, traçaient autour d'Argis et de Saint-Frégose un triple rempart, dont le premier plan verdoyait, tandis que le second se bleutait, déjà plus vague, et que le plus reculé, luisant en nappes pâles, dentelait les blancheurs de ses sommets de neige. Un profond silence, la splendeur calme de l'hiver méridional, planaient sur ce paysage heureux, plein d'harmonie, presque mélancolique à force de recueillement. La vieille église, bâtie de pierres jaunes et
L AVRIt.
- Ah î — dit Colette, — maman rient souvent, pour ses paus. »
:ile se mordit les lèvres :
Je serai grrondée, maman ime pas qu'on parle de ça, et ; me fait des yeux, des yeux î
- Qui croirait, — dit Mme Ferr, — qu'une grrande fille comme
soit si enfant encore! »
i^Ue souriait, tout le monde irit. Colette pour toute réponse, n brusque élan, l'embrassa, risque de la décoiffer, ^a^-mond observait à. la dérobée inie, elle respirait un peu fort, montée ra3'ant fatiguée. Son agre, qu'il n'apercevait que de >fil, en paraissait plus gracieux, fine bouche à demi ouverte. U
peur qu'elle ne prit mal.
Ne restons pas là, l'air est un 1 frais. Voulez-vous entrer dans rlise, elle est bien modeste, '^ ^ous lui sommes restés
n'y venait que les plus basses gens, les infirmes, les pauvres honteux, ou ceux qui se trouvaient trop âg^és, pour changer, si près de la mort, les habitudes d'une vie entière. Les chaises, qu'une poussière séculaire avait rendu plus grises que la cendre, s'étaient dépaillées ; certaines ne montraient plus que le cadre vide du bois.
L'autel, d'une propreté nue et stricte, évoquait l'idée d'un culte primitif; le confessionnal se composait d'une simple planche de ctiéne brun percé comme une écumoire de trous ronds, à travers lesquels le prêtre écoutait et répondait. Dans une minuscule chapelle, baignée de nuit, une vierge dédorée, massive et g-au
eheinentraide, souriait. Quelques petits bateaux de bois, parens à
des jûuetsd enfant, barques tail lées au couteau de matelot nav
rcs g^^és ^^' des doigts nides"
1B4 l'avril
prostration de femme en prière comporte d'indéfinissable abandon et de ferveur touchante.
Toutefois, en repassant devant le bénitier, il rendit à Ja jeune fille l'eau bénite qu'elle lui avait donnée.
I>ehors, le grand Jour les éblouit et malgré la splendeur de la lumière, ce fut presqu'un dépaysement pour lui, et il le supposa, pour Minnie aussi, au sortir de cette ombre relig^ieuse où leurs pensées avaient du être à l'unisson. Leurs yeux se cherchèrent et immédiatement s'évitèrent, comme SI cette petite rencontre si simple eut manqué aux lois de la correction. Elle avait rougi légèrement, rosi plutôt, d'une lueur de fleur, car tout en elle était ainsi furtif, nuancé de tons subtils, et le mystère attirant de sa personne était fait de cet on ne sait quoi d'inquiet et de fragile qui fui-
chez tante Goulette, bien que ma mère et mon frère veiUent a ce qu'elle ne manque de rien, elle n'a jamais voulu interrompre son commerce et il n'est pas des plus recherchés ; elle achète des peaux de lapin. »
On arrivait devant une petite maison basse, à porte étroite.
Sur une chaise, un vieillard paralytique se chauffait à l'unique rayon de soleil qui tombait de biais dans la rue obscure.
« Vous voyez ce pauvre homme, — dit Raymond à voix basse, -' tante Goulette, qui a la folie du dévouement. Va. adopté comme elle a adopté mon matelot. Elle ie nourrit et prend soin de lui
II répondit d'un bonjour au sa iut tremblotant du vieux et 1 nianda ! ^^-
« Tante Qoulette est Jà- .
Il frappait à la porte, en mêm ^-Ps. Une très vieil^em^e;"!
les ^eux fe\.e\tv sa tète \e graw ^es pSLysaLTvxveç»
moTvd et. le Y^et cotn.pa.gTvaLYX, \e avec vkTv MLoiiw. 3oye\iit et. p\a.\\ s'sLvW^TexvX, et coVora. «»aL^\e\\\.t "Oes s>f\\aL\:>eç> ta.rv\.es et. aco
W3Lc3Lw\s»aL\t. sl'N^S.
« Tî.\\e; TV" o^xe
'v o\x <3Le, ^\ >^^ ciTvX.e.xvâL^i- ^ e^Xe^ e.We. <3Le^xsvîxxx<^.e. ^
un peu en arrière, en réalité pour permettre à son frère de donner de l'argent à la vieille femme, sans qu'on le vît. Elle se défendait, alléguait qu'elle n'avait besoin de rien. Il répéta :
« C'est de la part de Manu s,
c'est sa paye. Il veut que je vous la remette. »
Et vivement il prit congé, pour se soustraire aux protestations de tante Goulette. Mais elle le rappela et souriant à Minnie, elle dit quelque chose que celle-ci ne comprit pas, elle entendit seu-
!^' 'Ijl'lll'' ^ I
;|lii
letnent je
''Jf/' prononcé ^vecadni ûé/àia vieille femme avait dans la pièce obscure, distinguait des peaux .
écorchées pendues au j des chapelets de pimeu et d'oignons, elle res?
média tement, tenant u d'oeillets frais qu'elle verre d'eau dans leq^ g^eait. Elle le tendit ; en patoisant et en ref nie avec un bon sour Colette expliqua :
« Elle vous prie < fleurs, elle s'excus en avoir assez p monde, elle dit q à vous, parce qu pour la première f< êtes jolie comme •
. Merci, — dit IV
et elle prit les œi de Raymond et
satvt -. « l\s sentent bon, très» ^^^^ l.a NieiUe agitait la tête tf ^^^^ eiv souriant d'une bouctie ^^^^ dents, le paralytique int^^ ^^g souriait aussi, et c'était, sU ^^ deux visages de terre, cotti^ peu de lumière sur des ruin^ '^
« Adieu, — dit Raymond»
revoir» >
La descente reprenait, se pTèCV pitait vers la campagne, abOv\\\&sait à une avenue de platanes auxquels quelques feuilles de cuivre pendaient encore. Un bruit d'eau vive glou-g-loutait dans le fossé, et le battoir d'une lavandière accroupie et trempant son linge dans ce fij ciajr coupait le sommeil riant de la matinée. On apercevait mieux la rivière, au bout de prairies rases sillonnées de canaux; elle serpentait entre des tamarins, des roseaux à panache, des joncs. Et tout à coup le petit port apparut et la plage
de sa.ble infinie, ■ faucille g-éante, sombrait en prc i mier plan des m :
« Quel ctiarm dit JVIinnie, en t>relle vers le soupçonnions j maman ? »
C'était une rr lagre plantée d' des se tend a l'autre, et des y séchaient- CZ retirées sur Is courbe du por où il seml3la.i t>ateau n'aurs rermaient en d«3ux petites rocties- Un 1 de grauolxe, douaniers, <^ promenaient
pointe, se tenaient M. Ferrieret ses enfants, et une bande de gamins courait à toutes jambes sur les blocs de pierre unis sans parapet, en enlevant un cerf-volant.
L'un d'eux trébucha, faillit dégringoler dans les rochers à fleurd'eau qui soutenaient la jetée.
« Mon Dieu ! » fit madame Rugles, mais déjà le galopin se cramponnait des genoux et des mains avec une souplesse de jeune chat, bondissait et ratrappait les autres en courant.
. Vraiment, — reprit-elle, — j'ai eu peur, je ne comprends pas que les mères de ces enfants les laissent ainsi courir au-dessus de l'eau, un malheur est si vite arrivé.
— Voilà Jeanne et Andrée qui nous font signe î — dit Colette. — Allons les rejoindre.
— Oh ! — dit madame Ferrier, — je n'aime pas beaucoup les voir
.A. >r rt I ï-
là; povir- m<:>ir» J^ ^ f> , « V»*^ nousferiorxs «xi««.c d« l-« -^
son anxxe «resi: cK^rxt
à regard^-- ^^ J^^ t^x^r-, ^
saventuraxerxt s^^^^ ^^ ^^ de pierre, p^ ^^ ^oclxer
des quartie ^^ trxâ.<;
deavi verte
cies
eavi verte ^" ^ i^s d^
ea« ^'^^^'i Ji^ire, -* J ^X.^ie«t «e 3^'^^^^, ^^-c
arrivait*., ^^^^ ^*'^ retov.rrȎ^re
i()6 l'avril
que la bande de polissons qui à
toutes jambes venait à. eux, le
cerf-volant envolé, tang-uant par
brusques coups de tête dans le
ciel.
Celui qui le tenait se retourna pour l'admirer; un faux pas de ce galop aveugrle le jeta hors de ligne droite, il buta dans le vide, dégringola les roches et en un plouf! rejaillissant, tomba à Teau sans lâcher la cordelette qu'il entraîna avec lui.
Une clameur consternée, des
Ohî Ah! des Bou Diou ! les cris
affreux des deux mères restées
sur le bord, cela ne prit qu'une
seconde : un second plong-eon
éparpilla dans l'air des g-outte-
lettes de soleil, l'eau du port
s'ébrasa en grands remous, une
agitation de corps obscur sombra
dans la profondeur, on ne vit
plus rien que la nappe bleue et
l'on constata alors seulement.
tant la chose avait « ^^ ^^ que c'était Raymonci ^ ^^^t de se précipiter à 1'^^^ bille. tte^^^
Un affreux silence ^ ^^^ef ' *^ trifîait sur place les ^^ ^^ ^ et Minnie, les ^^^^^l^'e^^^^i tendait qxie les cris ^ ^^ ^^\> Mme Kerrier, clouée ^ ^C^^ ^q, par l'épouvante. 1>® \^^^' cS^ filet accourait à toutes ii>^* <^^ milieu d'une angoisse ^^ ^^^
corps ot>scu.r et n\oU^ ^ ^ «t\t.i ^'^
sous l'eau, et Von '^^ -«*,< v^^
xy ^^ '^
rsLCG riaisselamte, nne ^ ^ cquî cr-acliait ôe ^'^^^'^^^ <^^^^ <qu.i étreig^riaiervt \]i^\^ ^^ ^
les roclxes saisit \etv^ ^ ^^yt ^^
i-esi^îra, p>\ais, a\<^fe ^ ..^'^ ^
effort:, comice sy ^^^ -^ , en arrière, sovis \e ^^ ^^
iq8 i/avrïl
l'épaule, et quand son beau-père le serrant dans ses bras, lui dit:
« Quelle peur tu nous a fait!
— il fit une grrimace de douleur.
— Tu es blessé ?
— Je ne pense pas, mon épaule a porté sur une roche, cela m'a meurtri un peu, mais ce ne sera rien.
— Ta pauvre mère ! »
Raymond se passa la main sur
la figure, tordit sa barbe comme un linge, secoua ses mains et sans regarder personne, courut à sa mère que soutenait Mme Rugrles, et qui, chancelante, à nîi-chemin de la jetée semblait prête à défaillir.
« Ah ! mon enfant î mon enfant !.. .
— C'est beau, ce que vous avez fait là, — s'écria Mme Rugrles exaltée, — mais quelle émotion pour votre maman ! J'ai eu une peur î »
I>u monde accouru les entourait.
des '''^'lôtres
manda ^«3,^^--' des yeux. ^"^
vit, — s'écria le c
accourait, — ^^
porter dans le o
Oïl \ui donne des
bu de Veau salée
Et cet liomixie poitnue la mécla croix de la lé vieux, soldat ù. la revers de saV>re, « "Nloivsieur Fe iT\eîa\TeVUoune\ de voMS serrer restex P^^ ^^^' corps de garde de-vie vous tem«
î^otv^ii^o^'je n'ai besoin qxi
^erl
L'avRI L
-- Une voiture, monsieur: -s'écria un des cochers attirés avec le reste de la foule et qui montra son coupé attendant.
- Monte, mon enfant, rentre vue, je vais l'accompagner, tu as besoin de ling-e chaud.
- Tenez, -— dit le douanier-chef, - enveloppez-vous au moins de ma capote. »
Il la prit vivement dans le corps clegrarde, la Jeta de force sur les épaules de Raymond, qui, désireux de se soustraire aux commenroml'^"^"^"^^'-- -scies commères, aux félicitations des douaniers, ne nnf^ .
redema„d;r '^"''^'"P*'=''^'''ger, n est-ce pas?
- Bah. demain iieoun-a encore avec son cerf-volantr - dit 7' brigadier. '"' '«
-"n'-vaiipasiâchéiaficeile
pas moms -« dA^in. . ''-^^^e,
déclara le pêcheur
L A VRI L
qui ajouta : Ah î voilà sa ix^ t
qui accourt î Et son oncle î Ils -^^*:
lent vous remercier, monsieur- t I>'autres voix crièrent :
« Véqtd-i le médecin î — Viens, ^Raymond, viens? »
pétait IVIme Ferrier, éperdia^ comme hors d'elle-même de t»
heur et de crainte; si son allait prendre une fluxion de ; trine, maintenant! Il n'avait
moins hâte de se dérober à l^^
connaissance des parents, et sant monter t>ien vitesa mèrec la voiture, il y sauta à son ^ ^
Alors seulement, sortant cercle de la. foule, Mme Rugl< iM. Ferrier se regrardèrent. Mrier était p>âle, O oie tte secoué ^
sang^lots, les autres enfants remuées a'éMnotions vives.
« Allons, ciit-il, essayar
reprendre son sang-froid, -^ trons ! Tout a toien fini.
TI ent un r>-tit rire r^erveu.
voulait ramener la gaîté ^j j,.y réussit pas. La secousse était trop récente encore.
Mme Rugrles répétait, frappée :
« En un instant! en un instant!
Cela s'est passé comme un rêveî Ah! le brave cœur! vous êtes fier de lui, n'est-ce pas? »
Elle se rapprocha de sa Gîle qui ne disait mot, les yeux voilés, le souffle insensible, la vie figée en une pâleur de cire :
« Tu as été bien émue, ma chérie? »
Minnie ne répondit pas, ses doigts vibraient d'un petit tremblement, ses lèvres battirent faiblement. Colette lui ceignit la taille de son bras, et toute secouée d'agitation convulsive :
« Ah! mon Raymond, n'est-ce pas que j'ai raison de l'aimer? ,.
Elle ajouta, plus bas :
« Vous l'aimerez aussi, n'est-ce pas ? C'est beau, ce qu'il a fait là î ,»
le vag^ue déplacement de son corps vers une place plus fraîche.
« Non, maman.
— Tu n'as pas de fièvre, au moins ?
— Non, maman. »
Un long- silence succéda, qui
fît régner l'obscurité tremblotante
(5e la pièce éclairée d'une veilleuse,
1^ vie un peu hallucinatoire des
j^eubles, une appréhension infor-
jj^ulée de leurs regrards fouillant
j^3 coins d'ombre, le malaise de
cette heure noire où l'on se sent
i^al protèg-é contre une agression
^^ vol ou de meurtre, où les pen-
sé^s se teintent d'un reflet de
(,^uchemar et, redoutant l'in-
goinnie stérile, aspirent à voir
^.^ube blêmir aux vitres.
^n les entendant s'éveiller, une
petite vie, roulée en boule sur un
eoussin, s'étira; le chaton noir
poussa un miaulement faible,
s'arqua en dos de chameau, s'al-
iong^ea en Jièvre, lissa sa faurrun\ se piéta en un ramassemenC, et <^'un bond sauta sur le JJ^ ^^" Minnie, vint frotter le nez à ^on nez, lui prit le cou entre ses p^nes, iui mordilla le menton.
« Finis, Pierrot, finis. »
Maintenant il lui tirait les cUqveux, lui saisissait le lobe ^^ l'oreille.
« Oh! qu'il est joueur, va, va taquiner maman î
— Non, non, » t \es
Aime Rugles, qui cravg ^^ ^^^^^ chats et ne tolérait t*^^ ^ ^^ par bonté pour M-iï^^^^' x^^v-a.^ ^^' comme celle-ci sortait ^ tiV^*^
lit pour caresser \a ^^ ^.^w
« rse te découvre r' ^^^
rtiun:iera.is, les nuits
fr aï elle s. » \0-
Elle ajoxita : V*"**^
« Si t\i joues ave^ c-i^^^*
poLirras plvis te ren<i^'
~"" L AVRir.
Est-ce que tu as encore sommeil?
— Moi, non, ma nuit est faite,
— dit Mme Rugles, — mais à mon . âge, on n'a plus autant besoin de
repos. Il est tard, du reste, ou plutôt grand matin. Dors encore, ma chérie, tu en as besoin.
— Oh! je vais bien, maintenant,
— dit Minnie.
— Oui, cet ozone t'a fait un bien surprenant, et le soleil et l'air. Aucun de nos amis ne te reconnaîtra, quand nous rentrerons à Paris. Qui nous aurait dit qu'en choisissant Saint-Frégose que nous ne connaissions pas, où nous n'avions aucune raison de venir en dehors des Essler, nous y trouverions un si bon climat pour toi, un si excellent traitement, un docteur aussi parfait, et des amis comme les Ferrier?
^ Ce serait curieux, — dit Mirinî^' — ^^^ cette heure-ci ma-
dame Ferrie r ne c1<ji-ïtx^îi: p>aftplO^ que toi. Q^j-'est-ce <ivi'ell(^ a tii-^ ressentir, l0Trst^i.\'elle o. %,- u son fllse jeter à. 1*^e3ltjl î
— ' J'a-i cria cii^'-orllo *xllo.it cicvenii foUCi j'ai tziieiT. o<z>nif>iris cci t^uLcytvU rais èprovi-v"ê, si, o-u. lïovi tio raoTi sieur R.5L:y iT-T-o n ci , o^^tisxi^ Jean ^\j s'était pi-éL<3Îï>ïl:é- ïrieuiir^ruscme n qu'îl rie a^xil. ç>ds ncL^^er. iMexï quand on Eioxi^ei £i(.i nT^xlheur c| ^ aurait pu aLt~ri^^&i~, oti sl fi-oîddiLi:^ dans le dos ! »
JVIinTiîe rer>t-itL z
« CoiTimcï il SL r^vit eol^i simp. ment, cort^i^e^ il ^-é<>r tl^^i obé ^v-- , modestie et^sviite, ^t toKite la jo.,^ née il ïLV^it: l-^îr s^e^né^ ctoh des èloeresî CJ^dette tti'^ dit ^ tiroîsièn^e >ri**il:^ ^^^^^ ^^""^t 1 ooniv^n«^ei^t^i% civo son frère ^^ a^r^^ 1*= ^^^ ^^ x-^^p^ftlr ^ai,^ ^^ , èL ^c^rs<:>i^ne.. tant cela r^ ^^ d^'on ic^ f^c^Ucitât de k ^^^
tjîre
Oui-
iSW ^/Ime Ru0^^
il a répondu au maire qui venait au nom de la municipalité :« Mais je n*ai aucun mérite, je savais nag-erî » Il aurait pu se" blesser cependant, ou rester pris sous les roches. Se représente-t-on un malheur pareil, ou encore ce que serait devenu ce petit malheureux s'il ne l'avait pas repêché à temps !
Cela fait trembler. Vraiment, il n'y a pas de malheurs qui ne puissent se g-uérir ou auxquels on ne se résigne ; mais la mort de quelqu'un qu'on aime, voilà l'irréparable! »
Le ton dont elle dit cela fit que Minnie song^ea à son père, pauvre dépouille enfermée sous la terre du petit cimetière de Mortefontaine, car elles l'avaient fait transporter là, pour pouvoir se sentir plus près de lui, l'été fleurir sa tombe dans un endos' de paix, ne pas le savoir perdu dans la foule dune cie. ^,,„,es nécro-
pôles de la banlieue de Pans. ^ ^ par une association d'idées qu e]]^ ne put empêcher, elle pensa ^ Guy près de se marier, à so:^^ cousin désormais mort pour ejj^ ^ Elle songea à lui sans dépit, San ^ amertume, avec une fierté trist^ mais courageuse. Pourquoi r^ voyait-elle, ensuite, l'obsédant cî^ sa prestance mâle, de son regaroj timide et franc, de la nobless^ native de sa personne, ce jeune homme qu'elle ne connaissait que de la veille, ce Raymond si différent de Guy, qu'il semblait n'avoir rien de commun avec lui non seulement par le dehors, mais par l'esprit et le cœur? Pourquoi se répéta-t-elle sans y attacher de sens profond, —et sentant obscurément toutefois qu'il en avait un.
pour elle, ce mot de sa mère •.
« La mort seule de quelci^u'urv qu'on aime est irréparable ! «
Elle caressait machinalement
le petit chat qui, blotti aux creux de sa poitrine, au chaud de sa ^orge, ronronnait, et c'était une
douceur pour elle que de passer sa main sur ce poil velouté, cett^ peau tiède d'animal heureux.
« Quelàg-e a monsieur Ferrier^ -^emanda-t-elle tout à coup.
Je ne sais pas, soixante-c/iiq ans peut-être. >, Elle reprit, hésitant :
« ison, je voulais parler de son beau-fils ?
-Monsieur Raymond, mais il
sTeu::/'""^^-^^-'-n-
on dirait qu'il a ^i
fort et robuste.!'^ '''""''''•
Minnie ne répondit pas. ce que venait de dire st m- ^
daitàunei^'e, '"'^^^P""-
■mpression qui l'avait frappée; c'est vrai n, .-, ,
raitparsaforce;'," """"^P'sipeuqu-eile;''"^«'"-^^'e.
tion à se fier à lui, à se sent ses côtés en une sécurité fonde, sentiment qu'elle n'a jamais éprouvé auprès de C Mais elle n'alla pas plus loin, qu'elle se défiât de juger I mond avec trop de bienveilU et si vite, soit qu'elle ne vo pas démêler ce qu'elle ne s'e:
quait pas en elle, qui n'exit pas l'avant-veille encore el depuis qu'elle l'avait vu, de surtout qu'elle avait eu si \ pour sa vie, l'agitait d'une ta i incompréhensible et tenace, fut en vain qu'elle essaya ^^ ' ; tre son trouble inquiet, son v cise obsession sur 1^ ^^^ ' d'une nervosité spéciale- <* état qui la remuait toi:»te, à ^ dinaire, accélérait le H^^ "^^ pensées et aiguisait ses bc tions, sur les mouvements
sang-porté aux tempes et ^^^ au cœur, lui donnant de5^ t^c.
de verUgre ou des martéiements de mig-raine ; eue s'avouait, mais à son corps défendant, et avec une honte irraisonnée, la présence en elle d'une chose ou d'un être inconnu, qui l'angroissait comme une réelle et mystérieuse présence, sa pudeur se révolta contre l'inexplicable assujettissement, ma.s quelque Chose de fort et de nouveau „e s'en imposait pas moms a son esprit, à sa curiosité, a son coeur, à ses nerfs, à
ses sens hésitants et en éveil ôe vierge.
madame Rugies, à qui ,e silence gros de pensées, fit soupçonner,'
non ce que Minnie ne pouvait en' eore savoir elle-même, mais une de ces rêveries absorbées et ner dues où elle n'aimait pas que «a fille s abandonnât, parce qu'elle avait peur de ne pouvoir l'y suivre o„ de ne pas la retrouver, ensuite
Rameurs «., ^^t^-e.
»^«r >,i«r^ entrer
quent songer a 161 ôcié de
baisser aller à Vespo^r^^^^, un tel possible, eue eut «^«^ «leO» ^^ désir comme peu ^ ^^ ^ussi.
sa part, comme i«^P^ . trop P^" la dot de Miivivie èl ^^ ,^
de chose en ^^f ^^«^e. Sans fortune du J=""^„„ jj beau rêve doute cependant, ^^j^
^-^-.-^^-rrfrnde^'--
n'aurait su se cieie Lnt son deuil, eut peut-être sou pire, car n'y eût-il pas eu là de quoi combler tous ses vœux ^ Hais, pour l'instant, elle n'y songea point; toutefois le silence méditatif de Minnie l'inquiétait; de nouveau elle demanda, tout bas:
« Tu dors ? »
Et tout bas aussi, celle-ci ré pondit :
Non.
ït^
atfî
idéC-
tl*
^/^T^ ^^' S^M^MTÊa^
^^S>XeL
2i6 l'avril
t'ai entendu ouvrir tes volets, je n'y ai plus tenu, je voulais te voir.
Elle l'embrassa :
— Tu n'as pas froid ? Tu es sûr de n'avoir pas pris mal ? Oh î mon
enfant, ce que tu as fait est bien beau, mais tu n'as pas songé que je pouvais te pleurer tout le reste de ma vie. Il me semble que maintenant je ne serai plus tranquille quand je te saurai sur mer. Me dire que tu peux exposer ta vie de nouveau, que tu la risques en tout cas, que tu peux toucher
mi/ ■• ;t l'Hall
L AVRIL ^IQ
contre un rocher et couler à fooa sans avoir Je temps de te recon^ naître— (elie frissonnait, b/e/j gue, paisible et rassurant, il l^ ^î^t dans ses bras, en souriant), non, je ne vivrai plus à l'aven/r.^ Tu ne vas pas repartir, n'est-ce p^^ > Tu vas rester avec nous quelqtic temps. Je t'ai si peu vu, depuis hier, et il y avait des semainii* que tu naviguais loin de moi- Encore aujourd'hui ne /'^'"'"'^jj^^ pas à moi seule, mais 3® ^^ ^ , ^„ pas jalouse, les Rugi©^ ^^^^ seamis très chers qui, 3'^^ ^^ cto^ï*^ ront aussi les tiens-, 3® . t^^^^ ^^'^J.
que cela ne te contri^^^^^*^ ^'^"^'^^'^ de passer la journè^ ^ ^ ^"^^^^^^^k.^
On était convenu, P^^^K'^ ' ^ ^^^^ aux visites et se rep^^ ^ ^c\^ ^ ^^ ri natte ndu, dèborci^ î^*^' *e5» *^°^ v trop s\ir la. vie ordVt^^-^ ^^^, *^^ <.
cident a'tiier, de P^^ ^^ --j:*:?^
familles ensen\b\e, ^ '^ ^ née, et d'aller dèjCU^^
'".""p" '"'^ <^« P%e perdue.
^.^. Pourquoi donc?» demanda-
E"e soupira :
-lesj "^^ «îue tu veux dire!
thtaitesTeV''"" '°'^'"''''' ''■ faussement « ''''^'" "° '"^"• ««"«t i 'f"f■ffle''telesoufau8- ''•-Pe^«„e?c^'^ °" ^'^'"'^^ soit bon et ''" "" *"•«
'"^^'^"'regard '""'«^^
demandanf? ^''*""'""°"en
« Alors niaH»
Plaire?. ^^''««^ «"?'« doit te
Il répondit :
« Je la connais encore trop peu, mais la bonté de sa figure et la beauté de ses yeux parlent pour elle.
— Son fils n'est pas déplaisant, n'est-ce pas, quoiqu'il soit à l'âge ingrat des jeunes gens, content de lui, inquiet de l'effet qu'il produit, à la fois emprunté et liardi, mais il est bien doué. Tu lui plais beaucoup. »
Il abaissa la tête, en souriant.
«Et mademoiselle Rugles> »
demanda-t-elle d'un air indiffèrent.
Il ne releva pas les yeux, et dit avec une simplicité moins simple Qu'à son habitude, un P^^ ^^^'" tante, du moins ii'ie sembla à sa mère ;
« ^Mademoiselle Ru^l^s ne ressemble pas aux jeunes iiUes c^^^^ je connais?
~- En bien ou en inal ? >* ^' ^a reg-arda et rougit i • ^^ ne m'est pas permis ae \^
333 l.'A'VW.ll-^
juger, mère, et c'est jostemei^t parce que je n'o&e pas la. jxiger que je sens qu'elle est: différente des autres. Auprès d'elle je me scHs intimidé, mais cependant sans inquiétude, sans préoccvipation de paraître différent de moimême et de feindre, par politesse, des sentiments que je n'ai pas.
Je me sens tnai aviprès d'elle; d'ailleurs je sais Que vous n'aimeriez pas tous autant cette lïUiiiUe si ci le ne le méritait pas. »
11 avait parlé avec un mélangre de franchise et cie timidité, de sa voix un peu Troilêe et naturelle- Tneiritçrra.ve ; cela lui allait t>ien, et donnait une notslesse virile à ses traits^î en nTéme temps que ses yeux linripides étaient ceux d'un enfant, qu^avicnn amour équivoque n'avait ;it triste ou sali.
« S.Tie-tu que tu es très beau ?
~ dit Mme Korrier; elle lui avait mis le^ ni^ins ï^ux épaules, et
^^■i^ir.
'^^L-ois revoir ^^ . ^ '^^' mais n '^^^a^it P^^ tes épaules. Q^eHe -^^0^ ne serait amoureuse de
-m^^e;, les femmes n'ont pas ton iiidui^er^ce, aucune ne m'ai-
^r««-rfc^ tu m'aimes.
mera coin m. eî
-C'est t>ienvrai, mon enfant,
mais elle rT aimera autrement, et
Xoi tune, m'aimeras plus autant.
nu moires, c^ue ie puisse te voir
eureu:3C î TT^s sœurs se marieront
^f jaisserort-t la maison vide. Tes
f ères feror^t au dehors leur édu-
^^v^otv et l^^r carrière. Je vieilli-
«X acvec l'excellent homme qui
t'aime tant: î Et c'est alors que des
enfants de toi, qui me rappelie-
j-aientle temPs où tu étais tout
petit, me seront bien doux! »
t:Ue pencba la tête sur la poitritvedeson fils, le serra dans ses t>ras ••
224 l'a vril
« Tu es là, Raymond, tu y'is, Rràce à Dieu î mais depuis l'horrible peur que tu m'as faite, et que je ne te reproclie pas, mon chéri, l'idée que tu aurais pu disparaître ne me quitte pas.
Quelles idées folles j'ai eues celte nuit ! Promets-moi que tu resteras plus souvent sur terre; ne te lasses-tu pas à la longue ? Ce doit être monotone, cette vie sur l'eau ? »
Il ne répondit pas, mais la baisa au front; ils restèrent un long moment cœur à cœur, sans rien dire.
Rax ie ^® salué-
rent ^'^^'^'l ^t Min^J^^.er, ou 4 peiae "^'^ *^ éclose dans
dire ' ^«Vir était v ^g, ^
^ -.o se ^^^ étaient heui>c ' ^on, car ^ ^^ vavouer;
àlag'
226 l'aVBII-
de cœurs qu'un jeune et réciproque instinct attire, ils avaient le cœur léger et leur maintien paraissait plein d'embarras.
Quoi, si vite? Minnie reniait donc sa tendresse étouffée et meurtrie pour Guy? Non, elle avait le coeur aussi plein, elle aimait, mais ne savait bien qui, et savait seulement que ce n'était plus son cousin. Et Raymond ?
Sa candeur un peu farouche abdiquait donc ?Re„onçait-iU son '"dépendance juvénile et sau- IT c " "^ 8-avouait pas du tout
lerour^'»^"^'^-'^^*"""' ân;Trt';-":--itunpeu-
épiait ,e h ?"■"" « furtivet»^"* nfarcL ,^'^«««>entdes*<*f,:
'^''-^saine^^J^^ol.oul.;^,,
P^'« des cheve ""^"^ ^'^
„ ^°n trouble *'''' .,vait
coi tout le longr c:^^^^=^ ^^^ que, joyeusemen.-r, ^^,^
les, avec des cris- ^^^^^
rires étouflFés de ^^^^ ^^^/?
un bavardage de :f^ ^ f r daient la rampe •^ ^^ y
petit chemin à& .^^jr^^ ^' conduit à. Toray- "^ jj^^ eut, dans ce \X^^^ ^^ p empli les deux saloJ^^ ^^^ Raymond voulut ^^ ,^i pour cela comprit ^ u
parler à. Minnie coiïi^^ Rien ne s'y opposait ^
lie
Que dit-il donc, q"^ quelconque ? Il ne ^ *^ |.
gruère compte, mais to ^0 cie la voir rougir, il ^ ^t> môme ; était-ce timidité i ^<%^ cate sympathie eu une '^ ^
pudeur ? ^^
Il éprouva alors celle ^^\^i>\^^ surprise que nous ^^ a%> ^^^ conscience de VinslabWitè^ ^ liîer, il était un Raymot^^