RAGE
tion ne permet de déceler aucun reste dentaire inclus, n1 aucune trace de fistule ou d'affection aiguë ou chronique d’origine dentaire. La percussion ne réveille aucune douleur.
- Au niveau de l’arcade inférieure, il reste les deux dents de sagesse dont la vitalité paraît très diminuée, les racines des premières et deuxième grosses molaires, des première et deuxième prémolaires, les racines des deux canines dont la couronne est réduite à un cône de dentine ramollie mais encore vivante, La muqueuse est rouge et enflammée. Et les liserés gingivaux et les languettes interdentaires sont douloureux et congestionnés, les languettes sont exubérantes. La palpation permet de constater au niveau de la deuxième grosse molaire un soulèvement de la table externe du maxillaire et l’examen radiologique permet de conclure à l’existence, à ce niveau, d’une formation juxta-apexienne granulomateuse, entourée d’une zone d’ostéopériostite condensante. La percussion des racines restantes ne permet pas de diagnostiquer une arthrite ou une affection de l'apex.
Le fait dominant est l’existence au niveau du maxillaire inférieur de nombreux foyers infectieux.
- Un examen radioscopique des poumons mit en évidence l’existence d’une tache arrondie, non homogène, à la base droite, au-dessus de la coupole diaphragmatique.
En somme, dès les premiers examens le diagnostic de néphrose lipoïdique était posé. La malade en présentait les volumineux œdèmes, l’albuminurie importante, la baisse des protides du sérum avec inversion du quotient albumineux, l’hyperlipidémie et l’hypercholestésinémie avec opalescence du sérum, auxquels s’ajoutaient encore des modifications apparentes du corps thyroïde avec métabolisme de base diminué.
Ïl ne manquait que la présence de corps biréfringents
dans le culot urinaire : mais lors de tous les examens ultérieurs ils furent constatés.
Enfin, on aurait pu penser que c’était là un cas pur de Maladie d'Epsrein. La tension artérielle, le taux de l’urée sanguine, l’élimination de la P. S. P., la constante d’Am- BARD étaient normaux. Toutefois, la présence de cylindres granuleux et d’hématies permettaient déjà de conclure à une atteinte du système glomérulo-tubaire. Et nous devons noter que l'existence de ces symptômes légers de néphrite existaient dès le premier examen, quinze jours après le début apparent de la maladie.
La malade est restée en traitement dans le service depuis le 19 mai 1930 jusqu’au 22 novembre 1931.
Elle à été soumise à des traitements divers.
Du 20 mai au 2 juin 1930 :
Régime déchloruré isolé, strict.
Les œdèmes fondent rapidement.
Le poids tombe de 67 kilogrammes à 54 kg. 200.
Elle élimine une quantité de chlorure de sodium variant quotidiennement de 10 gr. 23 à 4 gr. 57.
Mais à partir du 3 juin le régime déchloruré n’agit plus. Et dans les jours qui suivirent le poids resta stationnaire et les chlorures éliminés ne furent que 0 gr. 82 à 2 gr. 19 par 24 heures.
Du 22 juillet au 27 août 1930 :
Régime hyperazoté et extrait thyroïdien per os à la dose de 0 gr. 15 par jour.
Ce régime a été très mal toléré.
Les œdèmes, jusque-là localisés aux Jambes et atténués, infiltrèrent à nouveau tous les membres inférieurs et l'abdomen.
Le poids s'élève de 54 kg. 500 à 60 kg. 500.
Par contre, le taux de l’albuminurie s’est abaissé.
Du 10 octobre 1930 au 17 novembre et du 26 novembre au 18 décembre 1930 :
RO
On maintient le régime hyperazoté déchloruré.
On ajoute la thyroxine, aux doses de 2 puis 3 comprimés par jour.
Les œdèmes restent marqués.
Le poids s'élève à 63 kilogrammes le 4 novembre, à 65 kilogrammes le 15 décembre.
L’albuminurie demeure d’abord stationnaire puis s’abaisse (4 gr. 60 le 15 décembre.)
Du 18 décembre 1930 au 8 février 1931 :
Régime déchloruré isolé et strict.
De nouveau les ædèmes fondent.
Le poids passe de 65 kilogrammes à 55 kilogrammes, pour remonter brusquement le 9 février, sans raison apparente, à 06 kg. 200.
Par ailleurs, l'épreuve de la « chloruration » a été pratiquée. Quand on donna 10 grammes de chlorure de sodium par 24 heures pendant cinq jours, les œdèmes augmentèrent et le poids de 54 kilogrammes passa à 59 kilogrammes. La malade élimina respectivement 0 gr. 75; 1 gr. 50, 2 gr. 50 de NaCI.
Dans l'intervalle de ces diverses épreuves thérapeutiques, on à essayé d’autres médications sans résultats.
La théobromine, donnée à la dose de 1 gr. 50 par jour, n’a pas empêché le poids d'augmenter.
Le nitrate d’ammonium, donné à deux reprises, du 10 au 18 mai 1931 et plus tard du 25 janvier au 3 février 1932, à des doses croissantes, pour atteindre 10 grammes par 24 heures, n’a eu aucune influence sur les œdèmes.
Le chlorure de calcium, donné à la dose de 3 grammes, puis de 6 grammes par jour, n’a pas eu d'action : pendant ce traitement le poids a passé de 62 à 64 kilogrammes et l’albumine a augmenté.
Notons encore qu’au cours du séjour à l’hôpital le métabolisme de base s’est progressivement amélioré. Il a passé
de 23,3 % à 18,5 puis à 11,9 %, puis 15,4 % et enfin à