‹ L.-E. Barrias (1841-1905): Notes biographiquesChapitre 4 sur 7 · L.-E. BARRI AS · texte numérisé non relu

L.-E. BARRI AS

cette œuvre, où se marquait un sens délicat de la vie et de la grâce qui, en méritant à Barrias le Grand Prix, lui ouvrit le chemin de Rome. Là il eut pour compagnons, entre autres, M. Pascal, auquel n'a cessé de l'unir une vive et très cordiale amitié, et un artiste de valeur, trop tôt disparu, Degeorge. Celui-ci avait été d'abord graveur, et il est, assure-t-on, sous cet aspect, tenu en véritable estime par M. Roty. En tant que statuaire, Degeorge, qui, comme Barrias, a sculpté un Henri Regnault, lui fat associé par M. Pascal dans la commande qu'il leur fit de deux figures pour la façade de son École de Médecine à Bordeaux. Les deux sujets demandés par l'architecte étaient la Nature et la Science, la première confiée à Degeorge, la seconde à Barrias. D'un commun accord, ils échangèrent leurs sujets. La mort de Degeorge survint alors qu'il n'avait pas encore fini l'esquisse de la Science; l'œuvre fut reprise par Cavelier. Quant à Barrias, il avait tout d'abord conçu la Nature comme une luxuriante Venus genitrix. Des observations lui furent présentées. Il exécuta alors son œuvre définitive, une Nature à demi voilée, remarquable par elle-même, et aussi parce qu'elle a été le point de départ d'un ouvrage postérieur très connu, cette allégorique Nature dévoilant son mystère, qui est au Luxembourg.

En cette statue, Barrias a fait un curieux usage de la polychromie, déjà tentée notamment par un élève de Rude, Cordier, et par M. Allouard, dans son Héloïse au Paraclet. C'est à propos de l'œuvre de Barrias que M. Collignon a, dans la Revue de l'Art, donné une étude intéressante de la

polychromie, soit naturelle, par l'emploi de matières de couleurs diverses, genre dont la sculpture gréco-romaine a produit d'illustres spécimens, soit artificielle, et due à une peinture, comme il en existe également tant d'exemples antiques, depuis les grandes figures jusqu'aux statuettes de Tanagra.

Il est encore un ouvrage de Barrias, son monument de Victor Hugo, sur lequel nous nous arrêterons, bien qu'il ait soulevé d'assez vives critiques, pour une raison d' « actualité », puisque nous sommes sur le point de voir, grâce à M. Paul Meurice, s'élever à la gloire du poète un autre « monument », de genre différent, sous la forme de cette « édition définitive » exécutée avec le concours de l'Imprimerie Nationale. L'histoire de l'œuvre de Barrias, — qui a coûté le prix exceptionnel de 25oooo francs, — est intéressante et mérite d'être conservée: « ...Son érection fut décidée en 1886.... La souscription publique, ouverte la même année, produisit 110000 francs. Les architectes et sculpteurs consultés furent unanimes à déclarer qu'avec pareille somme il n'était pas possible d'élever le monument grandiose qu'avaient souhaité les promoteurs, et M. Paul Meurice, d'accord avec Vacquerie, crut préférable d'attendre quelques années encore. Il avait son projet. Vacquerie et M. Paul Meurice étaient chargés, par le testament de Hugo, de réunir les manuscrits que le poète laissait, et d'assurer la publication de ces feuillets, selon qu'ils le croiraient utile. Une part des droits d'auteur leur devait être remise pour ce difficile travail. Les deux amis

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