LA COMPAGNIE ET L'INSTRUCTION PUBLIQUE
pouvoir à la réalisation de projets des professeurs de droit et à la constitution du Sénat académique. Il voulut augmenter les ressources de l'Académie. Il commença par remonter la bibliothèque, qui sous son impulsion vit plus que tripler le nombre de ses volumes; puis de concert avec Jean-Alph. Turrettini, dont l'influence grandissait chaque jour à la Compagnie, il entreprit toute une réorganisation des études qui, après de longues discussions, aboutit enfin.
A la fin de 1708 chacun s'était mis d'accord, et l'assemblée de MM. les Scolarques? et de MM. les professeurs recevait officiellement de la Compagnie et du Conseil le titre de Sénat académique *. Dès lors, au point de vue administratif, l’évolution de l’Académie est achevée, avec successivement et simultanément à sa tête : 1° la Compagnie des Pasteurs, dans laquelle siègent, de par les lois de l'Ecole, les professeurs titulaires des chaires primitives ; aila Compagnie académique où académiquement convoquée, qui comprend tous les membres du collège des ministres, et les professeurs laïques de création postérieure au XVI° siècle; 3° la conférence, présidée par le recteur, de tous les professeurs titulaires et honoraires; elle se réunissait soit pour les examens, soit pour le règlement des questions de police intérieure, et on l’appellait le Corps académique ou, par abréviation, l’Académie: 4° enfin, l'assemblée des
1 Cu. Borceaus, t. I, p. 476.
? On appelait « Scolarques », trois membres du Conseil qui assistaient le recteur pour tout ce qui concernait l'instruction publique.
* Reg. de la Compagnie, 29 sept. 1708; Reg. du Conseil, 26 déc. 1708.
professeurs et des scolarques ou Sénat académique. C'est la « diète à quatre chambres, » comme l'appelle Amiel dans son discours au jubilé de 1859. Elle était, dit M. Borgeaud'!, le produit de l'équivoque que la constitution de Calvin, résultat d’une longue lutte et d'un compromis forcé, avait laissé planer sur les compétences respectives du pouvoir laïque et du pouvoir ecclésiastique dans le gouvernement scolaire. Ce système n'en dura pas moins jusqu à la Révolution.
$4. Des examens demandés et des engagements doctrinaux imposés aux candidats au saint ministère.
Au début et avant l'établissement de l’Académie, ces examens ne semblent pas avoir été bien difficiles. Ainsi nous lisons dans le premier Registre des Procès-Verbaux de la Compagnie, lors de la nomination de Macard au poste de Russin, qu'il fut désigné, le vendredi 16 décembre 1552. Immédiatement appelé à la séance, il lui fut annoncé qu'il aurait à exposer le Psaume CX, le lundi 19 décembre. Après quoi on procéda à l'examen ce jour et les jours suivants, puis il fut invité à prêcher sur le commencement du chapitre IV de l’'Epitre aux Ephésiens ; ce qu'il fit, le 28 décembre, dans la salle du Consistoire (alors au Cloître), en présence des ministres de la ville, du syndic Jean Philippin et d’Amblard Cornaz, ancien syndic. Le 4 jan-
1 Cu. Borçceaun, t. I, p. 499.