‹ L'E?glise de Gene?ve, 1555-1909;Chapitre 90 sur 170 · CHAPITRE II DES MOYENS POUR ENTRETENIR LE MINISTÈRE EN SA PURETÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE II DES MOYENS POUR ENTRETENIR LE MINISTÈRE EN SA PURETÉ

Or ainsi qu'il est requis de bien examiner les ministres quand il est question de les élire, aussi faut-il avoir bonne police pour les entretenir en leur devoir. Pour se faire, premièrement sera expédient que tous les ministres afin de conserver pureté et concorde de doctrine entre eux, s’assemblent un jour de la semaine pour conférer des Ecritures : et que nul ne s’en exempte s’il n’a excuse légitime. Si quelqu'un y était négligent, qu'il en soit admonesté. Quant à ceux qui prêchent aux villages dépendant de la Seigneurie, que les ministres de la ville les exhortent d'y venir toutes les fois qu'ils pourront ; toutefois s'ils défaillaient à y venir un mois entier, qu'on tienne cela pour négligence trop grande, sinon que ce fût par maladie, ou autre légitime empêchement. Et pour connaître comme chacun est diligent à étudier, et afin que nul ne s’anonchalisse, chacun des ministres tant de la ville que des champs exposera à son tour le passage de l’Ecriture qui viendra lors en ordre au jour de la Congrégation. Et en la fin, quand les dits ministres se seront retirés à part là où ils s’assemblent, chacun de leur compagnie avertira le dit proposant de ce qui sera trouvé à redire en son exposition, afin que telle censure lui serve de

“Correction.

S'il survient quelque différent de la doctrine entre les

ministres, qu'ils en traitent ensemble pour résoudre de la matière. Si cela ne suffit, qu’ils appellent des anciens pour aider à apaiser le différent. Finalement s'ils ne pouvaient venir à concorde amiable pour l’obstination d’une des parties, que la cause soit rapportée au Magistrat pour y mettre ordre.

Pour obvier à tous scandales touchant la vie des ministres, il sera métier qu'il y ait forme de correction sur les dits ministres, selon qu'il sera déclaré ci-après, à laquelle eux tous sans nul excepté se soumettront, qui sera aussi pour conserver le ministère en révérence, et pour faire que la Parole de Dieu ne soit en déshonneur et en mépris par le mauvais bruit des ministres. Car comme on corrigera le ministre qui aura fait faute, aussi sera-t-il besoin de réprimer les calomnies et faux rapports qu’on pourrait faire injustement contre les innocents.

Mais premièrement est à noter qu’il y a des crimes qui sont totalement intolérables en un ministre, il y a des vices qu'on peut aucunement supporter, moyennant qu’on en fasse remontrances fraternelles qui soient bien recues.

Les premières sont :

Hérésie, schisme, rebellion contre l’ordre de l'Eglise, blasphème manifeste et digne de peine civile, symonie et toute corruption par présents, brigues pour occuper le lieu d'un autre, délaisser son Eglise sans légitime congé et juste vocation, fausseté, parjure, paillardise, larcin, ivrognerie, batterie digne d'être punie par les lois, usure, jeux scandaleux et défendus par les lois, danses et telles dissolutions, crime important infamie civile, crime qui mériterait en un autre séparation de l'Eglise.

Les secondies] sont:

Façon étrange de traiter l’Ecriture laquelle tourne en scandale, curiosité à chercher questions vaines, avancer quelque doctrine ou façon de faire non reçue en l'Eglise, négligence à étudier et principalement à lire les saintes Ecritures, négligence à reprendre les vices prochaines à flatterie, négligence à faire toutes autres choses requises au ministère,

seurrilité [bouffonnerie], menterie, détraction, paroles dissolues, paroles injurieuses, témérité, mauvaises cautelles, avarice et trop grande chicheté, colère désordonnée, noiïses et hanteries, dissolutions indécentes à un ministre tant en habillement comme en gestes et autres façons de faire. XXIIT Quant est des crimes qu'on ne doit nullement supporter, si ce sont crimes civils, c’est-à-dire punissables par les lois, si quelqu'un des ministres y est tombé, que la Seigneurie y mette la main, et qu'outre la peine ordinaire dont elle à accoutumé de châtier les autres, elle le punisse en le déposant de son ministère.

Quant est des crimes dont la première inquisition appartient au Consistoire, que les anciens avec les ministres veillent dessus; et si l’un des ministres en est convaincu, que le Consistoire en fasse rapport au Conseil avec son avis. Ainsi que le jugement concernant la punition, soit toujours réservé à la Seigneurie.

Quant est des vices moindres lesquels on doit corriger et par simple remontrance, qu'on y procède selon l’ordre que notre Seigneur nous enseigne, tellement que le dernier soit de venir au Consistoire.

XX VI Pour maintenir cette discipline en son état, qu'avant chaque Cène les ministres aient spécialement regard entre eux, pour y remédier par bonnes censures en leur compagnie.

Page 1