CHAPITRE HI
ORDRE SUR LA VISITATION DES MINISTRES ET PAROISSES DÉPENDANTES DE GENÈVE Afin de conserver bonne police et union de doctrine en tout le corps de l'Eglise de Genève, c'est-a-dire non seulement en la ville, mais aussi aux paroisses dépendantes d’icelle,
que la Seigneurie députe un ou deux du Conseil, et semblablement les ministres en députent un de ceux de la ville qui
aient la charge d’aller une fois en trois ans pour le moins visiter chaque paroisse, pour s’enquérir si tout y est en bon état. Et premièrement quant au ministre :
XX VIII A savoir si le ministre du lieu n'aurait point mis en avant quelque doctrine nouvelle et répugnante à la doctrine de l'Evangile.
Item, s’il y prêche en édification, ou s’il y a quelque facon scandaleuse, ou qui ne soit point convenable à enseigner le peuple : comme, s’il était trop obscur, s'il traitait questions superflues, s’il visait de trop grande rigueur, ou s’il aurait quelque vice semblable.
Item, s’il est diligent tant à prêcher comme à visiter les malades, et admonester en particulier ceux qui en ont besoin, et à empêcher qu'aucune chose se fasse au déshonneur de Dieu.
Item, s’il mène vie honnête, montrant en soi bon exemple, ou bien si lui ou sa famille fait quelque dissolution ou légèreté qui le rende contemptible, et aussi s'il s'accorde bien avec son troupeau.
Et quant au peuple, cette même visite servira pour l’exhorter à fréquenter les prédications, y prendre goût et en faire profit, pour vivre chrétiennement, en remontrant quelle est la charge du ministère, afin qu’on apprenne comme on doit s’en servir.
XXXIIT Que le ministre député à faire la visite après avoir prêché et admonesté le peuple selon qu'il est dit, s’enquière tant des gardes et procureurs que des autres chefs de famille qui demeureront là après la prédication pour cet effet, le ministre du lieu s'étant retiré: à savoir, touchant la doctrine et la vie du ministre, et pareillement sur sa diligence et façon d'enseigner, les exhortant au nom de Dieu, [à ne] souffrir ne dissimuler chose qui empêche l'honneur de Dieu, l’avancement de sa parole, ni le bien de tous.