‹ L'Eau de Mer en Ingestion dans les Dyspepsies: Son Influence sur la Sécrétion Gastrique et l'Excrétion UrinaireChapitre 20 sur 37 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Article de Lise in Bullelin de lhérapeutique.

Dyspepsie hyposthénique (sensitivo-motrice). — Pain à l’eau de mer. — Amélioration considérable.

Auto-observation du docteur E. Lise.

« J'avais oui dire, à Marseille, que des marins mis en détresse par le manque d'eau douce s'étaient avisés de faire du pain avec de l'eau de mer et s'étaient très bien trouvés de l'usage de ce pain, qui avait relevé leurs forces épuisées par les privations. Je fis donc faire du pain par un boulanger du pays qui, après quelques essais malheureux et fort peu encourageants, réussit à le faire si bien qu'il fut trouvé plus savoureux que le pain ordinaire.

» Je me soumis immédiatement au nouveau régime et, pendant plus de huit mois, je ne mangeai pas d'autre pain. Les effets en furent des plus salulaires.

» Histoire de la maladie : Je souffrais depuis près de trente ans d'une névrose de l'estomac, assez mal définie, très variable dans son intensité et dans la durée de ses accès, douloureuse parfois, quoique ordinairement supportable et qui s'accompagnait souvent et pendant de longs mois d'un trouble grave des fonctions digestives, avec perte plus ou moins complète de l'appétit.

» ETAT ACTUEL. — Je me trouvais précisément dans ce cas, depuis plus d’un mois, à mon arrivée à Arcachon, à ce point que je ne pou: vais guère faire qu'un repas chaque jour vers midi. La digestion se prolongeait très longtemps et si je prenais quelques légers aliments le soir, elle devenait plus difficile et souvent douloureuse ; en même temps, mon sommeil était pénible et plus fatigant que réparateur. Enfin une longue habilude me faisait craindre que cet état ne dût se prolonger, au moins jusqu'à l'automne, Cela me paraissait d'autant plus probable que celui-ci n'avait éprouvé aucun changement, quoi-

que j'eusse déjà passé deux mois à Arcachon, au moment où commenca mon expérience.

» TRAITEMENT. — Cependant, moins de quinze jours du nouveau régime suffirent pour réveiller mon appétit et régulariser les fonctions digestives, activer la nutrition et les’ fonctions qui s'y raltachent et ramener un sommeil profond, exempt des cauchemars et des rêves effrayants qui le troublaient naguère. Puis mes forces revinrent rapidement; je crois même que je pris un peu d'embonpoint, contrairement à toute vraisemblance. Enfin je n'ai plus eu depuis de crise, même légère, et je commence à croire que mon estomac en est débarrassé lout à fait ».

OBSERVATION XI (résumée).

Due à l'obligeance de M. le D' CaRLes.

Dyspepsie hyposthénique (sensitivo-motrice). — Eau de mer pure. — Amélioration.

Elisa M..., 37 ans, culottlière.

EraT ACTUEL (au 30 avril 1906). — Souffre de l'estomac depuis un an et présente des signes très nets de dyspepsie neuro-motrice. Nausées fréquentes, pesanteur et gonflement de l'estomac après le repas. Envies de dormir, bouffées de chaleur. Pas de constipation ; glaires dans les matières. Palpitations de cœur. Pas de rein mobile.

TRAITEMENT. — 1% mai 1906 : Eau de mer, un demi-verre avant chaque repas.

Le 15 mai 1906 : Après deux litres et demi d’eau de mer, les digestions sont plus faciles et plus rapides. Durant les quatre ou cinq premiers jours, l'eau de mer a déterminé de la diarrhée : deux à trois selles par jour et quelques coliques ; puis plus rien. La malade se sent beaucoup plus forte et son poids à notablement augmenté.

En juin : L'amélioration continue. La malade a encore quelques vertiges, quelques douleurs d'estomac,

OBsErvarioN XII (personnelle).

Recueillie dans la clientèle de M. le Dr H. LAMARQUE.

Dyspepsie hyposthénique post-grippale. — Eau de mer coupée. — Amélioration.

Me V. G.., 73 ans, rentière.

CommÉMorarirs. — 4° Antécédents héréditaires et collatéraux : Rien d'anormal; n’a pas de souvenirs très nets.

2 Antlécédents personnels : Bonne santé ordinaire. Vers le 10 novembre 1906, attaque d'influenza avec congeslion de la base des deux poumons. À la suite, état dyspeptique intense qui persiste encore aujourd'hui.

EraAT ACTUEL (au 19 décembre 1906). — À ce jour, langue chargée et mauvaise bouche; inappétence absolue. Lourdeur douloureuse de l’estomac. Ballonnement considérable de tout le ventre avec gaz abondants et constipation opiniâtre que rien ne peut vaincre (quatre et même cinq grains de Vals).

TRAITEMENT. —— 19 décembre 1906 : Eau de mer et eau d'Evian, 100 grammes de chacune.

20 décembre : Amélioration élonnante immédiate. Bien moins de gaz, de ballonnement et de lourdeur gastrique. Envie de manger, succédant à l’anorexie intense d'il y a deux jours. Mais la constipa- Lion persiste assez opiniâlre. La malade continue volontiers l'eau de mer qu'elle prend sans dégoût.

22 décembre : Nous portons la quantité d'eau de mer à 200 grammes.

26 décembre : Le bon état se maintient, surtout au point de vue de l'appétence. Les gaz diminuent de plus en plus. La constipation persiste et ne peut être combattue qu'avec la poudre Rocher.

31 décembre : Même état avec amélioration de plus en plus marquée de tous les symptômes, sauf de la constipation qui persiste. La langue est presque rosée et l'haleine est moins mauvaise. Disparilion, pour ainsi dire complète, de la lourdeur gastrique et du ballonne-

ment du ventre. Encore un peu de sonorité exagérée de l'estomac,

rot

mais bien amoindrie. La palpation n'amène aucune réaction de défense.

En somme, amélioration très nette. Seule la constipation persiste comme au début, cela provient assurément de ce que l'eau de mer a été mélangée d'eau d'Evian. ;

OBservariox XIIT (personnelle).

Recueillie dans la clientèle de M. le D'H. LAMARQUE.

Dyspepsie hyposthénique chez un arthritique. — Eau de mer pure. — Amélioration considérable.

Louis Bl..., 45 ans, employé de commerce.

COMMÉMORATIFS. — 1° Antécédents héréditaires : Rien à signaler.

2° Antécédents personnels : Le malade jouit d'une bonne santé générale, mais est un peu fragile du côté de l'appareil respiratoire. Il s'enrhume et tousse généralement tout l'hiver. Fréquentes migraines. Léger rhumatisme musculaire.

30 Histoire de la maladie : B... raconte que depuis très longtemps il souffre de migraines très fréquentes consécutives à des digestions de plus en plus pénibles. 11 prétend qu'il n'est bien que quand il ne mange pas. Cependant l'appétit a toujours été bon, mais les aliments ramènent immédiatement tout le cortège des troubles stomacaux. Aussi le malade s’abstient le plus possible.

Érar ACTUEL (au 25 décembre 1906). — Ætat général : Homme d'apparence robuste, d'un embonpoint même exagéré, surtout au niveau de l'abdomen. Mais il se lasse facilement et ne présente que peu de résistance à la fatigue, Pas de fièvre. Migraines continuelles.

Appareil digestif : Langue très saburrale, Bouche empâtée, Renvois insipides. Ni régurgitalions, ni pyrosis. Après le repas, sensation de pesanteur, de lourdeur, de gonflement épigastrique s'accompagnant de bouffées de chaleur, de vertiges, de somnolence. Pas de constipation. Beaucoup de gaz.

Inspection : La paroi abdominale, chargée de graisse, gène un peu

l'examen.

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