‹ L'Eau souterraineChapitre 8 sur 48 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

pee | \ Pension Crawel. Un villa blanche à l'italienne, trois plats à balustres et volets verts, dont la double façade, percée de

trente fenêtres, ouvre d’un côté sur la : mer, de l’autre sur lesjardins qui montent,

au flanc des ir fleuries de Mustapha- - Supérieur. |

Fe établissement se Voit de la Fe

“semblable, avec ses bâtiments soignés

et ses longs murs de clôture où

s’espacent des vases de géraniums et de

ER pétunias, à quelque beau domaine parti- culier. Re

Seule, une plaque d'émail à lettres

noires, toute petite sur la porte seigneu-

riale d'entrée, révèle la maison d’éducation. Il'est dix heures.

) Accoudée à la terrasse qui domine la

route, une.jeune fille très brune sous un

1 grand chapeau de paille regarde le vaste

horizon et la mer. Elle a dans $a robe

| légère la fraîcheur rose et’ l'éclat des it géraniums odorants qui

s'épanouissent à côté d’elle. Le soleil de mai,

sur la pente des coteaux semée de maisons claires et sur Alger la

et blanche.

La baie, où de petites vagues étincellent

comme. les facettes d’un immense saphir, resplendit, bleue et lisse jusqu’au cap

Matifou; une ligne de montagnes loin-

. taines prolonge dans l'or, à droite, une

… fuite violette de terres inconnues.

Soudain, un éclat de rire, deux bras jetés à soncou, deux mains qui s'appliquent à ses yeux :

de se débarrasser de l’étreinte, son amie la tient et rit de plus belle :

— Qui est là? Qui est là?

— C'est vous, Thérèse, je vous recon-

mais

cg?

nais, bien. RES : ;

La voix sonore et douce a des réso-

Page 1