CHAPITRE VIII
Alllaeiits de la Loire.
plus grande partie des affluents du fleuve, comme nous ^^'^"^ci^xis. dit dans le chapitre précédent, n'appartiennent pas ci.épartement du Puy-de-Dôme. Nous citerons seulement i ceux qui prennent naissance dans ce département, les ris d'Aix, d'Ance et TArzon. Quant à TAllier, principal tribude la Loire, nous le considérerons comme la grande artère bassin particulier que nous décrirons avec détails, ainsi que ssin du Cher qui a pour nous peu d'importance.
XiA Rivière dL' Aix • le Ruisseau et la Cascade
die MEontlaureii.oiii.
petite rivière d'Aix qui alimente la rive gauche de la Loire,
<u au-dessous de Nérondes , à l'extrémité nord de la plains
ontbrison , a sa source sur la limite du département du
—de-Dôme, sur les pentes de Montoncelle. L'eau ruisselle
ut sur les flancs de cette vaste montagne. Les sources y en-
^nnent de petits marais verdoyants qui donnent pendant
«r à ces localités ime température supérieure à celle de
ambiant.
fut le 22 octobre 1835, qu'en descendant du dôme de por-
nous pûmes suivre le ruisseau de Montlaurencin. Une
douce, un sol incliné couvert d'un magnifique tapis de
sse, nous amena près d'un petit cours d'eau d'une limpidité
iHit^j^ lequel fuvfiit en murmurant sous des Sapins séculaires,
oa boQÎUoanait SJir les fragments de porphTre qai eocombraîeQt 90Q St. Xoas pénécrime? arec ce ci:>aTS d'eaa dans les lieux sanraçw qu'il allait arroser ; noas fâme? témoîzis de son coor?, da sadiute ci de ses détoars. Près de là, eiiste une profonde cre- ▼asse daas le terrain primitif; des blocs de rochers sont tombés des deox parois et, ea quelques en«lroits, ont, poar ainsi dîie^ comité ce sombre ra>in. Des tapis de nb^osse atteignant quelqoeÉDis prés d'an mètre d^épaisseur, cachent çà et li le rocher qui Lexzr sert d'appoi et les rienx Sapins étendent leurs rameaox desséchés oa leurs branches pleines de vie sur «:re tableaa da ruines et ♦ie désolation. Cest Là que le ruisseau arrive grossi de toutes les si:>urces voisines, c'est !à que franchissant mille (ibstacLes^ il s'élance dans le précipice d'une hauteur d'environ §0 mètres. Ce n'est pas ici une cascade ordinaire comme oa a cootume de se les représenter. On ignore le point de di^art de Teaa^ on ne voit pas sa chute entière et partout on aperçoit ses g^bes â>k>uissantes, s*étendant ensuite en nappes transparentes sur les rochers qu'elles ont arrondis. Ailleurs Feau vient frapper des angles et des arrêtes qui achèvent de la diviser et la trans* forment en vapeur légère qui vient se condenser sur le feuillage des arbres d'où elle distille en pluie d'argent dans le bassin de la cascade. Souvent le ruisseau di^Mirait dans la profomfeur da ravin, et ses eanx comprimées viennent jaillir avec force dans de vastes bassins, puis elles débordent de toosc^tés: de longues Mousses pissantes » d'élégantes Fongèies dont Fair agité par les dintes balance continiKQement les frondes vienn^it orner es taMeOT et cacher Forigine de nonveOes gerbes qui s'âancant enooie et blanchissait en frappant de nouveaux obstacles. Des arbres vieillis, lombes sur ie torrent sV décomposent lentement dans one humidité constante. Les troncs v forment quelquefois des ponts pittoresques qu'il serait imprudent de trav^ser et dont réooffce ^inante n'ofiire qu'un appoi trompeur.
Noos descendîmes avec précaution dans ce ravin pour jooîr da i^pectade grandiose que nous ofiait cette cascade; naos assuricHis nos pas en nous retenant aux iNranches des arbres rerts, aox toofE» de mousses qtii parfois cédaient et glissaient avec noos. NonEf ^percevions à traws le fenillage une autre
casoat^ie d'une blancheur éclatante ; c'était le trop-plein de deux petites scieries qui nous paraissaient suspendues au-dessus de nos t^tes et qui nous étaient en partie cachées par des Hêtres et quelques Ormeaux. Bientôt nous ne pûmes plus descendre sans /ranc^liir le ruisseau. Nous profitâmes de deux masses de rocher rap>j>rochées, entre lesquelles Teau fuyait avec rapidité. Nous siii^^rîjjies alors plus facilement les chutes nombreuses du Mont- ^fii'^ix-'e^iicin et, après une descente pénible, nous arrivâmes au bas ^^ 1* escarpement. Malgré notre position, nous ne pouvions pas evoir la totalité de la cascade, mais la portion qui s'oSrait yeux nous dédommageait amplement de la peine que nous s prise pour arriver. Un vieil Orme et de jeunes Bou- ^^"Si'^J.:^ formaient un groupe remarquable sur le bord du bassin; ï ^-* niques Verges d'or penchaient sur la surface de l'eau leurs épis
'e épanouis et un bouquet de Campanules balançait, au gré t, ses fleurs mobiles fixées aux supports déliés qui les em- •stient d'être entraînées par le courant, ruisseau, après ce cours agité, suit alors une pente moins jQ et va baigner de nouveaux rochers et arroser d'autres .:K-ies. Nous nous reposâmes au hameau du Bout, assez rapdu point ou le ruisseau quitte la forêt, ruisseau de Montlaurencin se jette dans une petite rivière :oule près de Saint-Just-en-Chevalet ; c'est la rivière d'Âix lasse à Saint-Germain-en-Val et atteint bientôt la Loire.
I^a Rivière d'Anoe.
source de l' Ance est située exactement sur la limite des déments du Puy-de-Dôme et de la Loire, entre les communes
civières, canton d'Ambert, et de Saint-Bonnet-le-Coureau,
ent de la Loire. Elle se trouve à une grande élévation
les pelouses , à environ 1400 mètres d'altitude. Elle coule
peu de temps sur le gazon , descend bientôt dans ime petite
qu'elle s'est creusée , et continue de courir sur de vastes
laux situés un peu plus bas (1300) dans le canton de Saint-
ême. Elle reste longtemps sur les terres du Puy-de-Dôme,
les cantons de Saint-Anthême (1000 à 1200) et de Viverols,
elle entre dans le département de la Loire.
A peine a-t-elle pénétré dans le canton de Saint-Anthème qu'elle reçoit à droite , près des burons de Champclose , un très-petit affluent. Elle descend longtemps sans en recueillir de nouveaux; elle passe en dessous du Fayt et arrive à Tronel. lit vient se joindre vers sa rive gauche le ruisseau d*Ancette, petit cours d'eau très-sinueux, coulant, comme l'Ance, partout sur le granité et dont la source se trouve située très-haut , dans le canton de Saint-Anthème et près d*un petit pic de basalte appartenant au département de la Loire , mais très-rapproché de la limite du Puy-de-Dôme, à environ 1300 mètres.
A partir de ce point jusqu'au village de TAllier-Jeune, s'ouvre un joli bassin d'alluvion qui représente le fond d'un ancien lac, sur le bord duquel est bâti le village de Gagnière (970).
Au village de TAllier-Jeune les deux bords granitiques du bassin se resserrent et les eaux du lac ont dû user leur digue IX)ur s'échapper. Un second lac plus étendu lui a succédé ; sa longueur était de 5 kilomètres ; sa largeur très-variable ne dépassait guère 1/2 kilomètre. Le fond de cet ancien lac est occupe aujourd'hui par les vastes prairies de Saint-Anthême et par celles qui s'étendent au-dessous jusqu'au-delà de Saint-Clément. Ce lac se terminait par une digue granitique à l'endroit où se trouve le village de Raffîny et près du village du Lac, nom significatif.
Dans ce bassin de Saint-Anthême viennent se rendre deux ruisseaux. L'un sur la rive gauche est le ruisseau de Veyssières dont la source, encore très-élevée , est aussi placée sur la limite des deux départements du Puy-de-Dôme et de la Loire (1300) , près des terrains tourbeux appelés les Narses. Ce cours d'eau offre une foule de petites sinuosités et arrivé près de la Faye- Marchand (1227) , il offire le fond herbeux d'un ancien petit lac arrondi , puis il passe à Neufonds et sur le bord oriental de Saint-Anthéme où il atteint l'Ance.
L'autre aboutit sur la rive droite de TAnce en face de Saint- Clément. Son cours est très-long ; il part des hauts plateaux du canton de Saint-Anthême (1331) , et court sur les pelouses sous le nom de ruisseau des Pradeaux. II vient en effet passer à cette station élevée où il traverse la grande route et où il reçoit un petit filet d'eau.
AinUi desPradeauz, ce ruisseau descend rapidement dans ona iilUe boisée et pr^nd le nom de ruisseau de TKnfer. Il coule tonjonnsor le terrain primitif, passe au Sapt, au Crus, ot s'appelle alois le ruisseau de la Chaux, au point où il arrive dans l'ÂDce. Il devait contribuer autrefois h former une des bnmdieidQ lac de Saint- Anthème.
Saut-CUaient est trayersé par le ruisseau de Maze, dont la aoiioe se trouTe à 2 kilomètres d'une maison nommée Bizet irite gaadie).
Noos aroQs dit que le lac très-allungo de Saint-Anlhomo
finissait à Rafiiny; en effet, ce village est l)àti sur du granité
qui lai opposait une digue, ou seuloment. pout-etro, un retré-
cûssement, car l'alluvion qui indique le fond do laiicieu lac,
s'ë/argit beaucoup au-dessous do Ualfinv, et acquiert presque
un Lilomètre de large en remontant vers le ruisseau de Molle,
({ui atteint la rive droite de TAnce, après avoir pàssù à Va-
laocbères (940] et avoir pris naissance sur les gneiss [993] de
la commune de Saint- Romain.
Les rives de granité resserrent l'Ance et ferment définitivement ce lac au-dessus de Montpeloux , au point où la rivière entre dans le canton de Viverols. Là elle s*étendait encore en une petite nappe d'eau jusqu'à Rivc-d'Ance, village bâti sur le teirain primitif. Encore un tout {>etit lac allongé à Pirolles audessous de ce point, et près deMonteclar est Taflluent (rive gauche) du ruisseau de la Pra^, qui |>asse à Merlone. Plus bas, à Genestoux, et sur la même rive, vient le ruisseau de Saillant. Ce dernier prend naissance à Besseyre, dans le canton de Saînt-Anthème, sur terrain granitique, dans la commune de la Chaolme; il passe à la Fontenelle, prenant dès sa source le nom de ruisseau da moulin des Plats ; puis au-dessous de ce moulin , en entrant dans le canton de Viverols, il fait la belle cascade. du Cfé-de-Loulette.
Ce ruisseau qui sépare le canton de Viverols de celui de Saint- Anthême, se précipite en cascade dans un lieu extrêmement sauvage, oii les blocs de granité sont confusément entassés au milieu des Pins , des Genêts et des Fougères ; dos Bouleaux et des Hêtres croissent aussi dans les fissures dos rochers.
Le gruiite est en masses énormes et disposa en nne e^ièce <ie cirque trop grand pour la quaat:lé d'eaa qa: ^'^-fanche de cette cascade. Ce sont de sbnples fiWts qai se divisent et di<;paraûsent presqn'entiêremenl das^ les fi^^ur^: du cirque. H semble que tout l'appaieil de cette cascade ait ^i^ destiné à ane ma^se d'eaa bien plus considérable. Tout iadtque un fort oonranl qui detceodut autrefois dans ce profond ravin et qui aniaîl osé la tocbe sur une grande étendue. Au-dessous de la cascade, on rencontre immédiatement le rillace de la Cbaabne, dont les rares maisons sont situées ?ur des blocs de granité dans on d«s sites les plus sauvages de la contrée. Au-dessous de la cascade il se nonune le misseau de Saillant, et il coule arec quelques sinuosités sur le granité d? cette commune, ayant formé autrefois deux petits lacs orales, au moulin d'Hautevilte et à Saillantel.
Aa-desMus de Genestoux, r,\nce, sans quitter le terrain primitif, sert de limite an canton de Virerols et au département de la Loire. Elle admet do canton de Vireroh (rive droite), la petite rivière de Lâgoune qui pa'^se à Viverols, les misseaui des Ribiers, de Sauvessanges , de Sermoulîs et deCacberat; du cAté de la Loire (rive gauche), le ruisseau de Chandieu dom la tonrce est dans la commune de la Chaulme , canton d( Saiot-Anthéme. L'Ance entre alors complètement dans le département de la Loire, fait un grand coude à Saint-Julien, où se trouve (rive droite) l'aSIuent du Lambron qui a recueilli le ruisseau de Craponne. Elle continue ses nombreuses sinuosités dans un pays très -accidenté, recevant à droite quelques filets d'eau et la petite rivière de k Braère; à gauche, la rivière d'Andrable dont le cours prolongé va recueilli) ses premières eaux dans la commune de la Chaulme, canton de Saint-Anthéme, tout à cdté de Ferréol , sur terrain granitique. Le cours del'Andrable, assez accidetité continue sm le terrain primitif.
L'Ance, grossie de l'Andrable, parcourt encore 3 kilomètres, et atteint, à 1 kilomètre de Monistrol, la vallée sinueuse et sau- ■nge de la Loire (rive gauche).
Lô Jiuisseau de Ligonne, — Parmi les affluents secondaires àe i'Ance, nous citerons le ruisseau de Ligonne.
A l'extrémité nord du canton de Viverols, et au-dessus de Molhiac naissent quelques ruisselets (1135), qui forment le ruisseau de Ligonne. Ses eaux pures descendent rapidement sur le terrain primitif et granitique, et font mouvoir les rouages du moulin de Rouffis et de plusieurs autres. I^ ruisseau passe àMalval, àPailhanges et reçoit sur la rive droite deux filets d*eau (8651), le ruisseau du Pied-du-Bois , et celui des Meumers , et continuant sa course, toujours sur le granité, il arrive à Viverols.
A^u-delà de cette petite ville, il a dû s'étendre et former un lac
u'i^ulier dont le fond alluvien est recouvert par des prairies.
^ï'aterelles, et sur sa rive gauche, arrive le ruisseau du Mer-
^^y qui vient d'EglisoUes sur le granité , et le ruisseau de Li-
^^^^6, ainsi grossi, vient se jeter dans TAnce (rive droite) qui
^^ point sert de limite aux départements du Puy-de-Dôme et
**^ la Loire.
^1 existe aussi dans le canton de Saint- An thème une espèce de
'His assez étendu , désigné sous le nom de Mare de Ferréol ;
^xx sort un ruisseau qui se dirige vers le nord, qui reçoit les
^^^x d'un autre marais et coule assez longtemps entre les
départements du Puy-de-Dôme et de la Loire. Il tourne à l'est
^^*Hs le département de la Loire, fait des détours assez grands,
^^na la commune de Gumières, et après avoir réuni plusieurs
^^ixsseaux, il se jette dans la Mare qui, elle-même, ne tarde pas
* t« joindre la Loire sur sa rive gauche.
^ Rivière de FArzon a sa source dans le bois du Bouchet au-dessus de Chastel; il coule pendant plusieurs kilomètres au point de jonction des terrains de gneiss et de granité, et prend sur Sa rive gauche un autre ruisseau du même nom qui naît au-dessus de la Faye, en sorte que l'Arzon a deux branches à sa naissance. Près de la Viveille lui arrive l'égout du fond de l'Estival ; il p^se à Cromessaume , et sort du département du Puy-de-Dôme pour entrer dans celui de la Haute-Loire. U prend f ar u rive droite le ruisseau de Triouleix qui vient des bois de
— Si —
MedejTTolIes, il laisse sur sa rive gauche le bourg de Craponne, vient passer àJuUianges et àBeauue-le-Cros, communes de la Haute-Loire et poursuit sa course dans ce département. A Cliomelix, l'Ârzon est une petite rivière très-sinueuse ; au village d'Arzon le ruisseau de Chamaillère atteint sa rive droite ainsi que le Tison , et 1* Aizon se verse dans la Loire (rive gauche] , près de Yaurey.