‹ L'eau sur le plateau central de la FranceChapitre 9 sur 43 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Le Bassin de la Loire.

Les principaux bassins hydrographiques de la France sont ceux de la Loire, de la Gironde ou Dordogne , du Rhône et de la Seine. La naissance du Rhône est en dehors de la France, toutefois le massif montagneux du centre lui envoie quelques tributaires.

La Loire et la Dordogne ont leurs sources dans les montagnes de l'Auvergne et de l'Ardèche et reçoivent des départements du Puy-de-Dôme, du Cantal et de la Haute-Loire une grande partie de leurs eaux. Le bassin de la Seine est seul étranger à notre circonscription.

Le réseau de la Loire étant le plus important nous commencerons par la description de ce fleuve et de ses affluents , mais nous considérerons l'Allier et le Cher comme occupant deux riions distinctes , bien que leurs eaux arrivent par la Loire dans l'Océan.

Le Cher a très-peu d'importance pour nous; il ne reçoit qu'un faible contingent du département du Puy-de-Dôme, tandis que l'Allier avec ses affluents en creusant les vallées , en sillonnant les plaines et les montagnes domine toute la physionomie de la contrée.

X^a Ivoire.

La Loire et ses affluents ont, avec l'Allier, imprimé au plateau central de la France les principaux traits de sa topographie. Ce

gnaA tleuTe si imposant lorsq^i'il rerse dans La mer les eaux douces recueillLes sur la m«:Àtié de la France, ommence comme les principales artères par an faible rnisseaa.

Dans le département de rArdê:rie . dans la commune si sau- Tage de Sainte-Eulalie. s'élève une grosse montagne qui domine à Test la jcrrande vallée du Rh'!'ne, à r*>uest et au nord le bassin de la Loire naissante.

Cette montagne f<)nnée d'én«>rmes masses de phonolite est assez abrupte, accessible eepen«iant, et isolée sur un plateau primitif; on la nomme le Gerbier-de-Joncs. Nous arons vu à sa base une source qui s'est creusée sur le s»y[ une rig»>le à peine sensible, à côté d'une ferme qui porte aussi le nom de Loire,

L'altitude de c-e point est à enriron 1,400 mètres. Cette petite source doit probablement sa naissance aux eaux pluviales qui s'infiltrent entre les blocs de phonolite du Gerbier-de-Joncs , car son débit varie suivant les saisons et Tabondance des pluies, mais elle ne tarit pas.

Ce faible ruisseau se dirige immédiatement vers le sud, et reçcHt l»entôt, sur sa rive gauche, un autre petit cours d'eau, glissant aussi sur le terrain primitif, et prenant naissance près du village de Sagnes.

Un peu plus bas et sur sa rive droite, le ruisseau qui nah k Sainte-Eulalie arrive aussi dans la Loire, qui dès lors est constituée, car jusque-là, on ne voit pas pourquoi tel filet d*eau pro- Tenant de telle source a le privilège de porter le nom du grand fleuve. Une même surface peu étendue produit ces divers ruisseaux, et à peu de distance de leur naissance, on voit paraître sur le même terrain primitif, les sources de ruisseaux et de petites ririères tributaires de TArdèche, telles que la Volane, la Bezargues, la Bise, qui descendent à Vais et à Burzet.

La Loire, après avoir fait un coude à Ugolades, et contourné un cap avancé du terrain primitif, se dirige alors presque directement au nord-ouest, jusqu*à Arlempdes.

A peine au-delà du cap d'Ugolades, arrive sur la rive gauche le Vérazon, petite rivière qui a recueilli les eaux de sept ruisseaux s*écoulant sur le versant nord du massif primitif de Mazan, tandis que le versant sud donne naissance au Fontaulier, Tun des affluents les plus pittoresques de l'Ardèche.

Après la jonction du Vérazon, la Loire coule au pied d'une longue coulée de basalte, mais sans quitter la roche primitive. De Tautre côté de Tescarpement basaltique, coule aussi dans un sillon de la roche primitive, la petite rivière du Tauron dont les sources sont au pied de hautes murailles de basalte et de phonolite et qui verse ses eaux dans la Loire, rive droite, aussitôt que les roches basaltiques lui permettent de s'y unir. Plusieurs ruisseaux parallèles au Tauron et naissant sous les grandes nappes de basalte de la rive droite, y descendent aussi à de faibles distances. L'un d'eux reçoit le trop-plein du beau lac dissarlès. Un peu plus loin, rive gauche, arrive le Nadale dont le cours est direct, puis, du même côté l'Engoniole, dont la Bource est dans le département de la Lozère et qui, après avoir parcouru environ cinq kilomètres dans le département de la Haute-Loire, dans la direction du .sud au nord, longe l'escarpement basaltique de la Fare, et se jette dans la Loire, un peu au-delà de ce village. Le fleuve, déjà grossi, coule alors à peu près de Test à l'ouest jusqu'à Arlempdes, où il retrouve sur sa rive gauche, et bientôt sur ses deux rives, les tranches plus ou moins prismées d'immenses plateaux de basalte.

D' Arlempdes à Brives, la direction de la Loire est sensiblement sud-nord, mais avec de nombreux détours qui allongent tôaucoup son trajet. Elle coule néanmoins plus bas que les "^salles dont elle a dû démanteler les coulées, et sur terrain pnraitif jusqu'au-delà de Solignac, où elle essaye d'enlever les ^Tains tertiaires du creux du Puy.

A. peine le petit fleuve a-t-il dépassé Arlempdes, qu'il reçoit à *"^ite le ruisseau de Goudet, et à gauche la Bèthe, naissant "*^s une vallée toute entourée de basalte et arrosant dans son ^^rs de cinq kilomètres une partie de la conunune de Brignon. ^^ même côté descend l'Aunac, qui prend un peu plus bas le ^^m d'Ourze ou d'Ourzie. Sa source se trouve dans les plaines ^^i^cageuses de Chacornac , qui dominent le lac du Bouchet ; ®"^ traverse la commune du Brignon, du sud-ouest au nord-est, ^ Se jette dans la Loire, après avoir formé la belle cascade de *^ Baume qui a près de trente mètres de chute perpendiculaire ; ^ï^ cours est de huit kilomètres, et presque toujours sur des ^^ains laviques.

Un peu plus bas, sur la rive droite, se trouve le conâuent de la Colempée qui va chercher ses eaux jusque daus les montagnes volcaniques de Prézailles, au-dessus de Monastier. Scm cours est de dix kilomètres, presque toujours sur terrain primi* tif , dans de profondes vallées bordées de basaltes des deux côtés. Son point de jonction est au-dessous de Chadron.

La Gagne, qui descend sur la rive gauche, est la première rivière qui coule sur les terrains tertiaires où la Loire se maintient également pendant un certain temps. Elle prend sa source, comme rOurze, au pied de la chaîne des montagnes de Seneujols, coule de l'ouest à Test; et, après avoir parcouru environ neuf kilomètres, tombe dans la Loire, au-dessous du cheflieu de la petite commune de Cussac.

£n dessous de la Roche rouge, masse volcanique des plus curieuses qui sort du granité, la petite rivière de la Gagne est encaissée dans le granit. Plus haut le ravin qu'elle a creusé est encore plus profond, les rochers y sont polis et l'on reconnait, conmoLC dans la Loire au défilé de Pejrredeire, Taction violente de corps frappants, de projectiles poussés par l'eau. Le cours de la rivière paraît interrompu sur quelques points, mais on aperçoit bientôt, dans la roche, une rainure dont l'issue donne lieu à un rapide ou à une petite cascade.

La Gagne est souvent bordée de prairies, ombragée de vieux arbres et dominée par les colhnes couvertes de Pins. On voit sur sa rive droite les éruptions basaltiques de Servissac, dont les débris sont descendus jusque dans son lit.

La Loire s'approche beaucoup de la ville du Puy. Elle fait un crochet très-marqué à Farges, où, très-probablement, elle a été détournée par les grandes coulées basaltiques qui descendent da côté du Monastier ; puis çlle passe à Coubon , coulant .toujours sur le terrain tertiaire. La rivière de Laussone vient la joindre sur la rive droite très-près de Coubon. « La largeur de la Loire à Coubon, est, terme moyen, de 50 m. ; à Retoumac, de 70 m-, et à Bas, de 85 m. Sur ce dernier point elle a, dans les hautes eaux ordinaires, une largeur moyenne de 110 m. et xme hauteur moyenne de 2 m. 50 ; dans les fortes crues elle s'élève à 6 m, , à Coubon l'élévation des plus fortes eaux ne dépasse guère 4 mètres. » (Deribier.)

Uae autre rivière, qui s'appelle aussi la Gagne, est formée par la réunion d'un grand nombre de ruisseaux qui descendent de la commune de Saint-Front. Le plus considérable est fourni par le trop-plein du lac qui porte ce nom. La Gagne recueille aussi les eaux de la magnifique et longue vallée de Montusclat, et de toute la région montagneuse et volcanique des environs de Fay-le-FVoid.

Cette vallée de Montusclat est une profonde cassure dont les pentes escarpées sont garnies d'arbres verts. De nombreux rochers y font saillie couverts de Mousses et de Myrtilles. Des chemins en zigzag, tracés dans la forêt conduisent aux parcelles de prairies arrosées par le ruisseau. Les coulées de basalte sont arrêtées sur le bord de cette vallée sauvage, parce que le creusement du précipice est postérieur aux éruptions volcaniques.

La Gagne coupe ensuite la route départementale du Puy au Monastier, au pont de Perard se jette dans la Loire sur la rive droite après un cours de 25 kilomètres depuis sa sortie du lac i» Saint-Front.

La Loire continue sa marche en serpentant autour du grand plateau basaltique du Mont, reste à une certaine distance de la ville du Puy, passe sous la route de Fay-le-Froid et vient recevoir la Borne sur sa rive gauche au delà de Brives ou elle a mis les arkoses à découvert.

1a Borne est composée de deux rivières réunies. C'est d'abord Je Dolaison, qui descend des montagnes basaltiques de Seneujols ®^ y prend sa source. Il arrose les communes de Saint-Christophe et celle de Vais où son cours est utilisé comme moteur par une foule d'usines, ainsi que par les tanneries et les ateliers de tein- ^*"* *rès-voisins du Puy. Après un cours de 16 kilomètres , il ^ jô^te dans la Borne.

Cette dernière sort de l'étang de Malaguet, et se réunit à la petite fiome dans la commune de Vernassal; elle passe àLissac, puis Sous le vieux pont de Borne.

^^"^essous du vieux château de Saint-Vidal , la Borne qui déjà, plxisieurs fois, a séparé des plateaux basaltiques, semble avoir (ii,^ im pl^g gigantesque travail en coupant une immense

coulée qui descend du volcan de Sainte- Anne ou de celui de Saint-Vidal. Nous avons pu le 17 septembre 1869 pendant les eaux très-basses, conséquence de la sécheresse de la saison, parcourir ce défilé dans le lit même de la rivière ; en marchant sur des sables et des gra>'ier5, en sautant de pierre en piene, on parvient avec quelques difficultés à la base des escarpements basaltiques.

Dénormes murs sont formés de prismes inclinés dans des directions diverses, il semble qu'il y ait plusieurs lits de basaltes superposés. Dans ces remparts volcaniques se trouvent des enfoncements, des sinuosités, et surtout des fissures et des corniches, dont la végétation s'est emparée. Des toufies de fleurs sont suspendues au-dessus du courant, de fraîches Fougère5 insinuent leurs racines entre les prismes de lave, et des Lierres étendus cachent les ruines de la nature sous leur verdure éternelle.

Plusieurs masses basaltiques isolées surplombent le lit d< la Borne , et d'autres masses tombées sur le sol auraient bientô encombré le lit de la rivière si, dans ses débordements, elle m brisait et n'entraînait avec violence tout ce qui peut lui fair« obstacle.

l'n peu plus bas , elle pas^e près de la source minérale de Estreys, elle corrode des marnes ou des bancs d'argile sableus< et passe encore sur les basaltes d'Espaly et à la base des brèche volcaniques avant d'entrer au Puy. Elle a creusé son lit au pie des Orgues et au-dessous des prismes inclinés ou même hori zontaux de la croix de Paille. Le cours de cette rivière est u des plus pittoresques que l'on puisse imaginer.

I^ Borne entre dans la ville du Puy sous le pont d'Estroulhas elle en sort après avoir passé sous les ponts des Aiguilles c de Borne et après un cours de 40 kilomètres, elle se réunit la Loire à 2 kilomètres de la ville.

€ Le cours développé de la Loire, depuis sa source jusqu' l'embouchure de la Borne, est de 63,927 mètres. L'élévation ah solue de la source de ce fleuve est de 1,400 mètres; celle d l'embouchure de la Borne est de 586 mètres, différence de nivea 814 mètres, le calcul donne une pente moyenne de 12°*", 7 pa mfttre, c'est-à-dire 11 m*^tres 25 à peu près par kilomètre.

> La vitesse moyenne de la Loire , lors des eaux ordinaires , entre la limite du département de rArdèche , et le confluent de la Borne, est de 3 mètres 80 par seconde ; dans les hautes eaux de 8 mètres 40. La vitesse moyenne de la Loire, entre la rivière de Borne et Retoumac, est, lors des eaux ordinaires, de 2 mètres 70; dans les hautes eaux, de 4 mètres 30.

> Enfin sa vitesse movenne , entre Retournac et la limite du département de la Loire est, lors des eaux ordinaires, de 1 mètre 9bf et de 3 mètres 50 dans les hautes eaux. » (Deribier.)

La Borne entre dans la Loire par la rive gauche; la Sumène

J pénètre par la rive droite à Peyredeire ; ses eaux viennent

de loin, du mont Mégal près de Queyrière ; elles coulent de Test

A J ouest, traversent les communes de Saint-Julien, de Saint-

Pierre-Eynac et de Saint-Germain , et font leur jonction après

lui cours de 20 kilomètres au moins.

La Loire pour sortir du bassin du Puy, et pour entrer dans celui de l'Emblavés, a été obligée de lutter contre une immense digue de granité. Si celle-ci a été vaincue, il faut nécessairement admettre qu'une violente secousse, ime cassure sans doute, lui a pT^paré les voies. La vallée qu'elle suit est étroite et sinueuse, et do tous côtés, sur les deux rives, s'élèvent des murailles de graaite déchiquetées, des aiguilles, des obélisques, œuvres de destruction et de disgrégation. Les Chênes, les Pins sylvestres, quelques buissons d'Alisiers, des Genêts aux rameaux verts et aax fleurs orangées décorent ce long passage où la route, le fleuve et le chemin de fer ont dû se disputer l'espace. On ne voit devant soi que rochers inaccessibles; on croit tout passsage fermé et l'on se demande par quelle issue la Loire pourra s'échapper; puis, tout à coup, un détour se présente et l'on suit la fente infléchie et souvent brisée au ibnd de laquelle l'eau li' écoule avec une certaine vitesse. Partout le granité qui constitue le lit du fleuve et les parois, jusqu'à la hauteur de 7 ou 8 mètres, offrent des surfaces usées, arrondies et moutonnées, principalement dans le sens du courant. On reconnaît sans peine que pendant les inondations, après les averses et lors de la fusion des neiges, l'eau entraînait avec rapidité des matériaux qui choquaient tous les obstacles, détruisaient les angles des

rochers et s'arrondissaient eox-mémes en polissant des roches de dareté égale ou supérieure. On comprend cet immense travail quand on songe à Télévation de la source de Ja Loire, aux nombreux affluents qu'elle a reçus déjà en entrant dans k défilé de Peyredeire, et à la vitesse que lui imprime Tinclinaisot du terrain. Après son trajet, entre Peyredeire et la Voûte, laLoirf s'est étendue de nouveau et a rempli un autre bassin désigni sous le nom d'Emblavés. Il est certain qu'un lac y a ©xisti et que les couches de terrain tertiaire qui s'y montrent encon quoique dégradées se sont déposées dans ce joli bassin.

Le Ramel est le premier ruisseau qui arrive dans l'Emblavés un peu plus loiu c'est l'Arzon, tous deux sur la rive gauche L'Arzon a sa source dans le département de la Loire, près de; limites du canton de Craponne. 11 coule sur le terrain primitif il traverse les communes de St-Jean-d'Aubrigoux, de Juliange de Beau ne, de Chomelix et de Vorey. Son embouchure est i C9 dernier village et son cours dépasse 30 kilomètres.

Après le brusque détour de la Loire à Vorey , elle sort di bassin d'Emblavés par le profond défilé de Chamalières, creu» aussi dans les roches primitives. Elle gagne Retoumac en sui vant de grands escarpements de granité et de trachyte, et s'échappe enfin de la région montagneuse par cette gorge étroite.

A quelques kilomètres de Retoumac , et sur la rive droite, h Terrasse fait sa jonction. C'est une petite rivière qui prend sî source dans les montagnes du Mégal et arrose les parties basse des communes de Bessaraorel, Glavenas et St-Julien-du-Pinet arrondissement d'Issingeaux. Elle se réunit au Ramel, et après un c^iurs de 20 kilomètres se jette dans la Loire à Ranc , commune de Saint-Maurice-de-Lignon.

Avant la Terrasse et sur la même rive, nous avons omis h rivière de Beaulieu qui arrose une partie de l'Emblavés. Elk naît dans les bois du Pertuis, commune de Saint-Hostien , traverse en partie les communes de Saint-Etienne-Lardeyrol , de Rosières et de Beaulieu, et arrive dans la Loire après 15 kilomètres de parcours.

Avant d'atteindre le Monistrol , la Loire prend les eaux de la Dunière et du Lignon , toujours sur sa rive droite. La Dunière,

fomiëe «Ile-même des rivières de Riotard et de Grournier, q\û sie renaissent an village de la Dunière, coule de Test à Touest, •€* rencontre le Lignon après avoir parcouru 20 kilomètres.

Le Làignon , qu'il ne faut pas confondre avec an autre que

nous retrouverons plus loin, oonle partout sur le terrain primitif

dans la direction sud-nord. C'est une rivière importante dont

fe source, ou plutôt les sources sont au pied du Mëzenc Ses

®aux arrosent les communes de Chandeyrolles, de Saint-Front,

des Vastres et du Chambon. Le Lignon reçoit la Sérigoule

^ Tence; puis la Dunière, comme nous Tavons dit, et fait sa

jonction avec la Loire, au-dessus du pont du Lignon, vis-à-vis

C^onfolent, après un parcours très-sinueux dont le dévelop-

P^ïiaent est de 60 kilomètres au moins.

-A.n-delà de Monistrol, la Loire continue son coûts et ses

^^^^^^ï^breuses sinuosités dans une profonde vallée dont elle a

^s^ les roches primitives. Elle reçoit TAnce sur sa rive gaudie,

^^^^ciessus de Bas, et l'Ance a elle-même reçu le tribut de

"^^drable qui vient de Saint-Pal-en-Chalençon.

Svir la rive droite on voit le confluent de la Sumène, homod'un autre affluent de la Ix)ire que nous avons décrit. Snmène prend sa source dans les montagnes de Saint- ^^ ^^ixest-de-Malifaut (Loire), marche de Test à l'ouest, arrose partie des communes de Saint-Romain-Lachalm et de ^*it-Victor-Malescourt; et tournant vers le ïiord, traverse la ^te impériale du Puy à Lyon, au pont Salomon, pour se dans la Loire un peu au-dessus de la limite à\i département la Haute-Loire. Le Pontet qui coule sur terrain primitif e sur la rive gauche entre Aurec et Bas-en-Basset. ^i nous jetons maintenant un coup d'oeil en arrière sur le si pittoresque du fleuve naissant, nous remarquerons ?^^ la Loire, à partir de sa source, se dirige du nord au sud J^Sfjvi'à la forêt de Bauzon. Tournant du sud-est au nord-ouest, 1^ arrive à la limite du département de la Haute-Loire, com- ^^^ de Lafare, après avoir parcouru, depuis sa source, 26 ki- ^^'^^^tïes; elle suit la même direction sur une étendue de 12 ki- ^^^^tres, coule ensuite du sud au nord, d'Arlempdes à Vorey, l^^Urcourt 50 kilomètres ; changeant encore de direction poir

la quatrième fois, elle tourne du sud-ouest au nord-est et 5u>rt du département à une demi-lieue d*Aurec, entre le village des Perrots et Saint-Paul-en-Cornillon , après un cours total de 138 kilomètres environ de longueur développée. Si Ton compare cette étendue à la distance la plus courte du Gerbierde-Joncs, à la limite au-dessous d'Aurec, qui est d'environ

60 kilomètres, on jugera des nombreuses et fortes inflexions de ce fleuve dans le département.

Deribier, auquel nous empruntons ces dernières lignes, donne 416 mètres pour altitude de la Loire à sa sortie du département; le dépôt de la guerre donne 413, différence qui peut tenir à la station choisie. La différence de niveau entre ce point et le confluent de la Borne et de ce fleuve sera de 170 mètres. La longueur du cours développé de la Loire entre ces deux mêmes points est de 74,444 mètres ; de ces données on déduit une pente moyenne qui n'est plus que de 2"", 2 par mètre, ou de 2", 2 par kilomètre. (Deribier. DescripL statisL de la Haute-Loire^ p. 44.)

Une fois entrée dans le département auquel elle a donné son nom, la Loire chemine encore dans dos gorges profondes sur des roches primitives qu'elle n'a domptées qu'avec peine et en faisant des détours nombreux. Elle entre par Saint Just et Saint- Rambert dans la plaine de Montbrison ; elle abandonne complètement les roches primitives et développe son cours peu sinueux sur des terrains tertiaires et alluviens parsemés de ces petits cônes basaltiques que nous avons décrits dans nos époques géologiques de l'Auvergne.

Cette plaine occupe l'emplacement d'un ancien lac autrefois rempli par les eaux de la Loire et de ses affluents. C'est le troisième grand lac en suivant le cours du fleuve qui avait déjà rempli le creux du Puy et le bassin de lEmblavès.

L'ancien lac dont nous parlons maintenant avait la forme d'une ellipse dont le grand axe est à peu près occupé par la Loire. De nombreux affluents y arrivent, mais nous n'indiquerons plus que les principaux : A gauche, c'est la Mare qui arrive près de Montrond , et à droite, la Coise dont la jonction s'opère à Montrond même. La Toranche et le Garollet affluent sur la rive droite ainsi que l'Oise qui se verse à Feurs.

Un cours d*eau trè»-luug desceudant de la chaino du Forez ,

le Vuerj, passe à Montbrison, traverse une grande partie

du bassin et joint le Lignon à Yizery près de Poneins. Celui-ci

est le véritabla Lignon dont les bords et Tcau pure ont été

chantés par le marquis d'Urfé qui a placé dans ses prairies et

^^~>^^jk9 ses ombrages les scènes pastorales du roman de TAstrée.

II a. sa source à une certaine distance de Noi rétable, sur la crête

d^^s montagnes du Forez. U reçoit un grand nombre de ruisseaux

^^ cl© petites rivières, et débouche sur la rive gauche de la Loire

^*^— dessous de Feurs.

-A. Balbigny, la rivière fait un coude 'prononcé, et tout près de

*^» lui arrivent, sur la rive droite, les rivières de Chanasson,

^^ Sault, du Mont, de Bernaud, de la Revente qui descendent

^^-■-^ les terrains de transition. La rivière d*Aix, affluent assez

^^^^^^^dérable, se jette dans la Loire à Gallonnière au-dessous de

-^^ Saint- Rambert, à l'entrée de la Loire dans son ancien lac, ^ ^^^tude est de 369 mètres; elle est à 306 quand elle s*engage

les défilés qui doivent la conduire dans le bassin de ^-o^anxie. Elle a donc 66 mètres de peute d*une extrémité de Tanlac à l'autre extrémité. De nombreux étangs sont restés ^-^sséminés dans cette plaine de Montbrison , dont la ville oc- Tun des bords.

I^«a, Loire a eu à lutter de nouveau pour s'échapper de son lac ; a dû couper de grands massifs de terrain anthraxifere , lesquels elle a dû se détourner souvent et où elle présente ^^ i^ombreuses sinuosités. Ello reçoit dans ce trajet une foule ^^ I>^tits ruisseaux et de torrents et arrive enfin dans la plaine >anne, un peu au-dessous do Villerest.

V^ute cette plaine de Roanne était couverte autrefois par les : de la Loire ; c'était un grand lac ovale, bien plus étendu celui de Montbrison, et dan<5 lequel les lorrains tertiaires ^t^nt aussi déposés. La Loire les ronge H les traverse au- ^^^'^>d*huî en les recouvrant d'alluvion. Ce lac dont une baie ^"^^ndait jusqu'à Paray et à Charolles, ne parait pa^ avoir été vers le nord et communiquait avoc les grandes nappes luqui couvraient le Bourbonnais? et l'.iuvergne; peut-être,

cependant, une barrière jurassique enfermait-elle les eaux du lac de Roanne. Les affluents dans cette plaine sont assez nombreux. Le Renaizon rient rejoindre à Roanne même, sur la rivé gauche; l'Oudan amène ses eaux sur la même rive, et le Rhins, après un long parcours, a son confluent un peu plus bas sur la rive droite. Viennent ensuite à gauche TOudan, la Tessonne, TArcel, FArçon, les Vouzances grande et petite, TOlde, le Boudon, TAcolin; à droite, le Rhodon, le Trambouzet, le Jamossin, le Chandonet, le Mardin, le Reconce qui arrive près de Digoin, et à Digoin même la rivière plus importante de TArroux qui rient d'A'utun. La Loire côtoie alors le terrain de Trias, situé sur sa rive droite ; puis on rencontre plusieurs affluents tels que les rivières de Roche, de Doulin, de Vezou, de Borne qui passe à Bourbon-Lancy, de Somme qui afflue un peu au delà, et FAron qui se verse à Decize. Un peu après, la Loire baigné la ville de Ne vers et continuant sa course sur une grande plaine d*alluvion, admet T Allier sur sa rive gauche

Les eaux de la Loire à leur entrée dans le bassin de Roanne, ont une altitude de 276 mètres, qui n'est plus que de 176 au Beod'Allier. H y a donc 100 mètres de pente entre Roanne et la jonction des deux rivières.

Avant cette jonction la Loire, comme l'Allier, a dû se frayer un passage à travers les terrains de lias du département de la Nièvre, terrains qui peut-être, comme nous l'avons dit plus haut, formaient au nord un obstacle à l'écoulement des eaux de ces deux rivières- Une fois réunies près de Nevers, eHes abandonnent le plateau central après avoir laissé partout des traces de leurs érosions et de celles de leurs affluents, et après avoir façonné des milliers de vallées. La Loire s'étend alors majestueusement dan^ les plaines, reçoit des affluents d'une partie de la Franfce et verse dans l'Océan, une masse d'eau considérable.

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