‹ L'eau sur le plateau central de la FranceChapitre 17 sur 43 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Suite de» knuenim de rallier.

I^* Andolot.

Un des affluents de la rive gauche do TAllier, est la petite :»ivière d*Andelot dont le cours tout entier est situé entre la Sioulo et TAUier. Quelques naissants d'eau se rendent sur terrain primitif dans l'étang de Giat, commune de St-Agoulin près Aigueperse. Le trop-plein de Tétang commence TAndelot ; il recueille, en quittant le département du Puy-de-Dôme et en entrant dans celui de l'Allier, le déversoir de Tétang do la Chapelle. II coule sur terrain primitif recevant à droite et à gauche, mais surtout à gauche, plusieurs ruisselets qui se dirigeaient vers Gannat.

L*Andelot, qui, dès le moulin du Pré, est entré sur les calcaires tertiaires, traverse Gannat et prend en sortant un petit affluent venant sur la rive gauche des communes de St-Etienne et de Mazerier; à Monteignet arrive sur la rive droite le ruisseau de Toulène dont les sources sont à Jayet et à St-Genès-du-Retz, dans le canton d' Aigueperse.

La rivière coule en ligne droite, , et toujours sur terrain tertiaire, de Monteignet àFourango'?, et là elle reçoit à gaucho le ruisseau de Saulzet, et à droite le Chalon et le Souchet dont la source est au bois Garrot sur la limite des départements do l*Allier et du Puy-de-Dôme. La rivière suit son cours en plaine,

passe à l'Anglard, à Brou, à Saint-Didier, et reçoit ses dernières eaux sur sa rive gauche ; elles descendeat des étangs des bois du Vernet. C'est à Villemouse que TAndelot atteint la rive gauche de r Allier.

I^o Siclion.

Le grand massif de Montoncelle, situé au point de jonction des trois départements de l'Allier, de la Loire et du Puy-de- Dôme est le point d'où partent, en divergeant, de nombreux ruisseaux et de petites rivières. Parmi celles qui touchent 1*? département du Puy-de-Dôme se trouve le Sichon. Naissant dans le grand mass;if de porphyre du canton de Saint-Remy, et coulant pendant très-longtemps dans une longue vallée granitique qui sépare le Puy-do-Dôme [commune de Lachaux canton de Chàteldon) de la commune de Ferrières (Allier), c'est à peine si dans ce trajet, les terrains granitiques du Puy-de-Dôme envoient au Sichon quelques filets d'eau sur sa rive gauche. Il recueille pourtant, avant d'entrer définitivement dans le département de l'Allier, le ruisseau de la Fontaine ou des Etangs qui verse dans la rive gauche et qui sépare encore la commune d'Aronnes (Allier) de la commune de Lachaux (Puy-de-Dôme).

Après avoir arrosé déjà une grande étendue de prairies, le Sichon rencontre des masses de rochers qui, pendant longtemps, ont dû s'opposer à son passage ; mais le temps que la nature ne compte pas, a détruit en partie ces obstacles, et ses eaux glissent entre deux murs verticaux dont elles ont poli les surfaces, s'élancent et retombent en écumant sur les roches qu'elles ont amoncelées sous leur chute : le Gour- Saillant est le nom que l'on donne à cette cascade. L'eau descend de rocher en rocher, se divisant sur les angles ou s'arrondissant en lames transparentes sur les degrés naturels qu'elle a formés, et continue longtemps encore à blanchir de son écume les débris accumulés dans le lit du Sichon. Près de la chute principale existent plusieurs gouffres creusés par les efforts réitérés de cette masse liquide qui amortit son impulsion de chaque instant contre des — sdiistes tendres et facilement attaquables. On voit même plu —

sieurs cavités arrondies , occupées chacune par un caillou qui semble y avoir établi sa demeure.

Le gour Saillant est situé au milieu des bois ; les arbres descendent jusqu'au bord de Teau et leurs branches, étendues audessus de la chute, sont continuellement arrosées de vapeurs. On peut avec précaution descendre dans la gorge profonde où elle se précipite et s'y reposer à l'ombre des Trembles sur des tapis de Mousses, entourés des buissons fleuris de la Viorme et du Chèvre-feuille. Une pente assez raide, couverte de taillis de Chêne auxquels on s'accroche, pennet de descendre encore et de suivre les bords de la rivière au milieu de charmants paysages. La vallée s'élargit , on se trouve dans une enceinte de verdure, resserrée à ses deux extrémités, et dont le fond formé de cailloux roulés par les eaux et couvert d'une active végétation, était celui d'un ancien lac. Lors de notre dernière visite, une lisière de hautes Fougères bordait les bois qui couvraient les versants de cette enceinte, et leur élégant feuillage se mêlait aux fleurs des Scabieuses et des Centaurées. Un sentier très-étroit nous permit d'entrer dans un taillis épais principalement formé de Charmilles, d'Érables et de Noisetiers. Les pentes des collines se rapprochaient et formaient un passage rétréci qui nous conduisit encore dans un autre cirque qui fut aussi un lac comme le précédent. On reconnaît facilement, en faisant cette promenade, qu'avant de se rendre dans la plaine et de se jeter dans l'Allier, le Sichon traversait autrefois une série de bassins ovales que ses eaux remplissaient ; en sorte que les lieux cou- Arerts de fleurs et d'arbrisseaux où nous marchions alors, étaient Vine série de lacs qui se déversaient les uns dans les autres par c3es conduits étroits, mais qui, ayant enfin usé leurs digues, avaient perdu leurs eaux et s'étaient desséchés.

Au-dessus des grandes Fougères dont nous avons déjà parlé, s'élevaient en guirlandes allongées , les tiges sarmenteuses de la Clématite sauvage; près de l'eau se balançaient les Thyrses dorés de la belle Lysimaque; l'Eupatoire et la Digitale attendaient la fin de l'été pour épanouir leurs fleurs.

En descendant toujours on arrive au hameau des Grivats qui est souvent le terme des promenades des buveurs d'eau de Vichy

qui perdent en s arrêtant dans cette localité tous les sites remarquables du haut val du Sichon.

Vient ensuite le Saut-de-Ia-Chèvre, illustré par une légende, et enfin le Sichon arrive à Cusset où il touche le Jolan. Il arrose un joli vallon qui conduit à Vichy, puis se rend sur la rive droite de la rivière d'Allier.

I^a l^ivière de Stioule.

La Sioule est uue pittoresque rivière qui prend sa source dans les montagnes du Mout-Doro, qui développe ses sinuosités dans le département du Puy-de-Dôme et qui se joint à l'Allier dans le département qui porte ce nom. C'est Taffluent le plus considérable de la rivière d'Allier.

La source de la Sioule est le joli cratère-lac de Servières (1202), situé au milieu des basaltes au pied du puy de Combeperrot j)rès du hameau de Seniores (1162), canton de Rochofort. Il y a bien, à peu de distance de ce lac, deux sources assez importantes sortant des trachyles, à Tune desquelles on a donné le nom de fontaine de Sioule; mais ces deux sources, bientc^t réunies, forment le ruisseau d'Orcival (886) qui, au-delà de ce bourg, est quelquefois nommé Sioulet , bien qu'il existe une rivière de ce nom dans le canton de Pontaumur. Ce ruisseau d'Orcival va se jeter dans la Miouze.

La véritable Sioule, en sortant du lac de Ser\'ières, est un faible ruisseau d'eau pure qui s'écoule sur des basaltes, puis il entre sur des argiles sablouses où il a facilement creusé son lit (924). Il reçoit bientôt un petit ruisseau (rive droite) qui naît d'une source à Vernines-Aurières, et passe à la Pontésie avant d'atttûndre les argiles sableuses et de se réunir à la Sioule. Cette source de Vernines-Aurières a aussi la prétention d'être source de la Sioule. Des allu viens et des prairies s'étendent des deux côtés du lit de la rivière à partir de la jonction de ces deux ruisseaux. Ces alluvions s'élargissent un peu plus bas à Voissieux (865), puis à Saint-Bonnet. Au-delà de ce village le cours d^eau continue sur les argiles dont il a enlevé uue partie, et court enfin sur la roche primitive qu'il est parvenu à débarrasser

du dépôt argileux qui la recouvrait. Ce joli ruisseau, méritant à peine le nom de rivière, arrive au Pont-des-Eaux au milieu des arbres et des prairies (rive droite).

Le niveau du lac de Servières est à 1202 mètres ; Pont-des- Eaux est à environ 800 mètres ; il y a donc une différence de 402 mètres entre ces deux points peu éloignés, ce qui explique 1 a rapidité et le murmure des eaux qui coulent sur un plan 531 incliné. Les eaux de la Sioule s'augmentent ici du tribut des x^uisseaux d'Aurières et de Récolène, courant sur des terï*ains primitifs et par conséquent aussi pures que celles de 1 a Sioule.

Une grande coulée de lave descendant du puy de Barme, domine la rivière au Pont-des-Eaux ; et cette rivière quitou- <^lie la lave en un point, au moulin de Monteribeyre, a pu con- "•-ribuer aux escarpements de lave prismée qui la dominent. Pen- ^a.iit très-longtemps ce cours d*eau suit le bord de la coulée ^ont la roche résistait à ses attaques, et ses contours multipliés ^a.ns les argiles sableuses l'amène à Olby, village important, ^^onstruit sur une des coulées du puy de Barme et probablement ^ur la plus ancienne. Les eaux du vallon de Chez-Pierre et celles ^e Confolans, sortant de la magnifique source de Tétang du Fung, ^'ajoutent à Olby à celles de la rivière (rive droite).

En étudiant le sol aux environs d^Olbv, on est bientôt con- "Vaincu de l'existence d'un ancien lac très-étendu, comblé par des argiles sableuses, et par conséquent antérieur aux éruptions vol- <ia.niques. Ce lac s'étendait très-loin et était probablement ali- ^ni^enté par des cours d'eau dont nous ne pouvons reconnaître les traces. De puissants lavages ont divisé et emporté les argiles qui indiquaient ses contours ; mais on retrouve partout d.es témoins sous les couches volcaniques qui ont protégé ce dépôt. Quant à l'origine de la Sioule actuelle, elle date nécessairement (\p l'époque volcanique puisque sa source est dans ^n cratère-lac dont l'explosion a eu lieu sous une couche épaisse de basalte. On a, du reste, la preuve de la direction assez i^cente de cette rivière, en remarquant qu'entre Saint-Bonnet ^t Voissieux, elle a coupé un plateau de basalte et qu'elle a tou- ^^é à la lave du puy de Barme. Ce que nous avons dit de Tabon-

dance des eaux de TAlIier quand les Couses lui amenaient l'eau de fusion des neiges, peut s^appliquer à la Sioule dans les parties hautes de json cours et expliquer ainsi son action destructive sur les basaltes, sur les tufs ponceux et sur les argiles ter^ tiaires.

Au-delà d*01bv, la rivière fait de nombreux crochets dans les argiles. Elle était gênée par le plateau basaltique de Couhai dont elle a suivi tous les contours et malgré la distance de plus d'un kilomètre qui sépare ce plateau de celui de Bouchet, nous ne sommes pas éloignés de croire que leur disjonction est le résultat de l'action prolongée des eaux. Dans cette supposition, des lacs partiels, postérieurs au grand lac tertiaire d'Olby, auraient persisté longtemps jusqu'à l'usure ou à la rupture des barrages.

La Miouze qui descend aussi des montagnes et qui a reçu dans son trajet un bon nombre de ruisseaux, vient se jeter dans la Sioule près de Pont-Armurier, au-delà d'Olby (rive gauche), et augmente très-notablement le cours d'eau ; à leur confluent des alluvions se sont déposées. Le courant devient moins rapide jusqu'à Pontgibaud, et la Sioule, moins pressée, déploie de nombreux méandres sur des terrains plats qui indiquent un beau lac très-allongé et dont nous allons bientôt (682-677-670) connaître la cause. De petits ruisseaux qui descendaient dans ce lac, entre la jonction de la Miouze et Pontgibaud, arrivent aujourd'hui directement dans la rivière. Sur la rive gauche celui de Grelles, courant sur les granités et sur les basaltes , celui de Veissières qui prend sa source à Augère, et passe en dessous de Roure, celui de Tixeron dont le trajet est très-court. Sur la rive droite viennent les belles eaux de Mazayes qui sortent de sources abondantes situées à l'extrémité de la coulée de Côme.

Quand on est placé sur les hauteurs qui avoi^^ent Pontgibaud et notamment sur le plateau basaltique de Laudines, on croit voir encore le lac allongé que la Sioule alimentait de ses belles eaux. Deux prolongements du lac existaient au sud des deux côtés d'un petit cap de granité qui fait encore saillie et supporte le village et le plateau basaltique de Saint-Pierre-

ie-Chastel. L'eau du lac est remplacée par une vaste prairie nivelée, indiquant parfaitement le fond d'un bassin et se couvrant au j>x*intemps des fleurs globuleuses du Trollius, des épis pOLirf>xés de la Sanguisorbe et de nombreuses Graminées. On ^st entonné de voir la rivière arrondir et multiplier ses courbes -i XI terrain qui semble ne présenter aucun obstacle et lui perr^ de marcher en ligne droite. Sa pente, depuis le monticule ^^iJnt-Pierre jusqu'à Pontgibaud, sur une distance de deux S3 kilomètres, est seulement de deux ou trois mètres, aussi coule bord à bord et remplit son lit. C'est le seul moment )S de cette capricieuse rivière qui allonge continuellement liemin comme si elle quittait à regret les montagnes qui ^ ^ ^^^ ^*zit donné naissance.

obstacle qui a créé l'ancien lac de Saint-Pierre-le-Chastel, "^Duve à Pontgibaud, c'est le barrage de la vallée par ^re de deux cônes volcaniques : le puy de Côme et le puy >uchadière. La pente de la vallée étant extrêmement douce, [ue nulle , après la lutte d'une lave incandescente ne pouplus se renouveler et un cours d'eau recevant sans cesse >uveaux aliments, le liquide s'est étendu et à formé le lac. ti s'écoulait par-dessus la lave ; mais sa persévérance, aidée m laps de temps prodigieux, a fini par vaincre la résistance .e lave prismée dont les fragments ont cédé au choc et à •ion destructive do la rivière. On la voit aujourd'hui lutter -^zr^re contre ces mêmes obtacles, bondir et écumer et courir — ^^elà de ces rapides où elle ne doit pas tarder à rencontrer

Nouvelles barrières à franchir.

ï^a naissance de la Sioule dans un cratère basaltique, son

^^^Trage par une coulée de lave moderne, nous donne l'âge

^'Xact de cette rivière. Cet âge est placé entre les basaltes et les

*^^ves modernes, et ce fait nous montre une fois de plus que la

^^nfigurati^ actuelle du sol de l'Auvergne, n'a été complétée

Qu'après les dernières éruptions volcaniques. Mais quel laps

cle temps entre la formation de la digue de ce lac et sa coupure

actuelle ! car ce n'est pas une digue de quelques mètres qui a

^té usée, c'est un courant de lave pris sur une longueur de plus

fi'un kilomètre. L'eau longe bien le bord de la lave à Pontgibaud,

mais en aval elle traverse le courant et le coupe en deux. Peut-être a-t-elle i)rofité de la jonction de deux coulées : celle de Côme et celle de Louchadière ; peut-être est-elle parvenue à tracer sa marche au contact des deux laves qui ont pu laisser entre elles un léger sillon? Il a fallu néanmoins un bien grand nombre de siècles pour arriver à l'état actuel.

Quoique Pontgibaud abonde en objets intéressants et en magnifiques points de vue, nous recommandons au touriste comme au naturaliste cette course bondissante de la Sioule au milieu des laves, ces sources si pures de Tétang de Péchadoire, et cette verdure flottante des Callitriches et des Renoncules aquatiques qui vivent comme les truites dans ce cristal mouvant.

Au-delà du village de Péchadoire (661), la Sioule se dégage des laves et coule dans une vallée primitive qu'elle a creusée ou du moins agrandie. Dans son cours très-sinueux, elle a coupé le gneiss et le stéaschiste et elle a mis au jour des eaux minérales et des filons de galène argentifère que Ton retrouve des deux côtés de la vallée.

Près de Péchadoire , la Sioule reçoit le petit ruissseau de Villelongue et celui du Cheix (rive droite tous deux) , et celui de Bromont (rive gauche).

La rivière coulant sur le terrain primitif passe à la base du volcan de Pranal et longe la coulée, laquelle en plusieurs points, composée de lave fragmentaire pseudo-basaltique, ofire une série de petites grottes peu profondes, agréablement tapissées de Fougères , de Saxifrages et de Géraniums. On voit distinctement la lave repo:?er sur une couche de cailloux roulés , ancien lit de la Sioule, et Ton peut apprécier, par une différence de niveau assez considérable , le temps qu'elle a dû employer pour descendre où elle est.

Après les grottes de Pranal, on suit, non sans difficultés, le cours de la Sioule, et Ton arrive près d'une source minérale qui a déposé un massif calcaire ; et si Ton remonte sur la coulée de lave on trouve la cheminée de Chalusset un des évents scoriacés de la lave qui descendait du cône de Pranal. La Sioule suit toute la longueur de la coulée qui s'arrête au moulin

des Combes. Là vient se jeter le ruisseau de Mazieres dont la. source est au nioulin de i*Etang-Grand , et le ruisseau de V^orgne, tributaire du premier (rive droite). Le ruisseau de Gadont la source est au moulin de Villemont , vient après très-long parcours verser ses eaux dans la Sioule au-delà ^M^ontfenny.

n amont et en aval de ce dernier village, jusqu'à la Char- , on ne peut se faire une idée des courbures de la rivière ; ooudes viennent à se toucher, puis ils se déroulent pour se rocher encore, retardant ainsi le cours de l'eau. Ce sont dos filori55 de porphyre injectés dans le gneiss qui sont la cause de <=^^s gracieux méandres. L'eau a vainement essayé de s'y frayer ^^ï^ pa^ssage ; elle les a dénudés, enlevant les gneiss ou les micas- ^liist^squi cédaient à son action, et elle a patiemment contoiarix^ les porphyres quartzifères qu'elle n'a pu entamer.

I^i^n de plus pittoresque que cette partie de la vallée do

*^ Sioule, surtout si l'on peut par une belle soirée de l'été ou

"^ l'automne contempler ce paysage des hauteurs voisines et

^*^^^-^^x:Mnent du monticule porphyrique de CoëfTes qui domine

^lorxtLlermy.

-"^ là se déroule un des points de vue les plus pittoresques

^ Î^Si-ys. A une profondeur immense on voit la Sioule se replier

',^^ ^Ile-même en longs festons. On croirait voir trois rivières dis-

ixot^s courir ensemble au milieu des prairies séparées , comme

^ ^^->urbes de la Sioule, par des promontoires do porphyre,

^viAr^rts de Sapins au feuillage argenté et de buissons de Hêtres

^^^ l'automne jaunissait déjà.

l^^^xit autour de cet immense bassin contre les parois duquel ^^ux luttèrent si longtemps, s'élèvent des parois abruptes,

* ^*^uefois nues et arides, quelquefois couvertes de forêts sus- ^ ^d.vies sur l'abîme. On cherche par où peut s'échapjier l'eau

* ^ I>énètre dans celte enceinte, on ignore même par oii elle I>\x y entrer. On cherche si on pourrait descendre soi-même

^ ^^ ce lieu retiré qui semble oublié du monde; l'imagination

' ^^^ndonne à de douces rêveries, les illusions arrivent, le parfum

^ *^ campagne s'élève jusqu'à vous ; les exhalaisons odorante^;

^^l^appent des arbres verts, mais le soleil qui se couchait et

dont les rayons mourants se retiraient leutement de cette bell< enceinte, les nuages qui s'empourpraient cl !e veut du soir qu commençait d'agiter et de rafraichir le feuillage, tout nous indi quait l'heure du départ et nous laissait le regret de ne pouvoi TÔver plus longtemps aux détails du tableau sublime que la nui allait effacer (37 septembre 1832).

Bien longtemps encore au-delà de Coëffes et de Montfermy la Sioule se contourne au point de toucher ses coudes, évitan autant qu'elle le peut les saillies de porphyre, entamant t gneiss beaucoup moius dur. Elle vient baigner la colline su laquelle on voit encore lesruir.es d'une Chartreuse, située dan un des sites les plus sanvages de l'.^nvergne. De [«liti mis seaux d'eau vive traversent les bois de la Chartreuse pour s rendre à la Sioule, et leurs bords sont garnis au printemps de fleurs dorées du Ckrysosplemiun allernifolium. Cette plant y forme de véritables prairies,

La Sioule contourne le massif primitif de Saint-Jacques-d'An: bure, et reçoit sur sa rive gauche son principal affluent qui e: le Sioulet (468) arrivant du canton de Pontaumur.

La rivière entre alors sur le terrain de granité quittant gneiss en dessous de Comps, et elle continue ses sinuusîlplus larges et moins coudées, n'ayant plus guère à dompter ■ liions de {)orphyre, mais ayant à user uu granité très-dur.

A environ un kilomètre au-delà de l'arrivée du Sioulet, et s" la llH^mo rive gauche, vient le ruisseau de Lassiouve dont ttimrcu est au-dessus de Montpied dans la commune de Saiit 1 ' ri om-des-Cham ps ,

Kn descendant de Chez-Sabin près de la Chartreuse, on jo« d'ailinirablos points do vue sur la Sioule et sur les précipice au fond dosquols elle a tracé son cours. Elle coule avec rapidîv iillu écume et rencoutre ù chaque instant de longs promontoir: du rochurs tantôt nus, tantôt boisés qui l'obligent à sedétotr lior ut il suivre de longs circuits. C'est au fond de cet efifrays raviu que l'ou aiieri;oit ses eaux vertes et pures quand l'oralia los a pas troubléoii. Bientôt elle va sejoiudre au Sioulet (46' ut un petit basuii d'alluvioii ost le n^-sultat de la jonction de (Z iIquk rivi^rot ; puis la Sioulu augmentée reprend son cours Irii» 'T' Imi gorges les plus sauvage*.

I^ix aussi, près du confluent du Sioulet, ou voit dt^seendi-H daris la Sioule (rive droite), dans le fond d'une vallc'^e profonde, Jo ruisseau de la Ganne do Pt)clierie, dans la (?onunune do Comps.

En face de la commune de Besserve, vient, sur la même rive clr<->ite, le ruisseau de la Viou qui sert de limite entre les comiï:i\ines de Comps et de Saiiit-Georges-de-Mons. Sa source est pW-s de Bourdelles, et le ruisseau qu'elle forme s'engage f:>ioiit<^t dans une vallée profonde et sinueuse dans les bois de la. Bessette et de Fougères. A mesure qu'il de^^eend, lo ruisseau frrossit par l'adjonction dos eaux qui sortent de l'étang de Gourclon et de plusieurs autres sources situées dans les bois. Ce rviiîS5>cau arrive dans la Sioule près du moulin de Geuestoux, ^t h, quelques pas du moulin descend aussi le ruisseau du |>«v Ciilbert.

Kn descendant de Moiitfaucon, vers la rivière, on est frappé aussi de toute l'horreur de ces gorges sauvages et dénud('es. On ^ ^ix face de soi des rochers déchinVs, de grands éboulis sans ^race^s de végétation. La Sioule ne se montre plus que par frag- ^^nt:s, au fond de la profonde cassure qu'elle parcourt.

I^C3 petites vallées latérales viennent s'ouvrir dans son lit, sur

'* ï'i^e gauche, dans les communes de Saint-Priest et Sauret-

"^5i^erve. Elle reçoit le ruisseau de Colis dont la source se

^'^^^^^"v^e au-dessus de Villefranche, dans la commune de Biolet,

^^ cl^ns le canton de Saint-Gervais. Le ruisseau se rend à

^^^i-ïig du Cheix, puis à l'étang de Laussedat, et enfin à l'étang

^'^^Od près de Saint-Priest. Il reçoit avant l'étang Grand le

P^^i t, ruisseau du moulin Rouge et sur le côté de l'étang (irand,

^ *^tXLSSeau des Paris. A partir de ce dernier étang, il prend Ic^

de ruisseau de Colis ; il passe près des sources minérales ^ ï^lufTevent et arrive à la Sioule après do nombreuses circon- ^ ^-^1 Votions dans une vallée granitique.

V'^ient ensuite le ruisseau de Chalamont qui est déjà une j>e-

^to rivière. Entre Muratel et le Reverdet à l'extrémité nord du

'^^ton de Saint-Gervais, il commence par un ruisselet qui va

^^ï^tôt creuser une profonde vallée dans le granité. De nom-

'^ï^vix cours d'eau sortant de^ sources et des étangs des cantons

de Pionsat et de Saint-Gen^ais lui apportent leur tribut. En dessous de la Bâtisse, il prend le ruisseau de l'étang du Moulin- Haut, et passe au nord de Gouttières où il reçoit un petit supplément né sur terrain houiller. Plus bas arrive le ruisseau de Laveix , et un peu plus bas encore le trop-plein du bel étang de Mamont couvert de ses Nénuphars blancs et des épis roses de la Renouée amphibie.

A un kilomètre de Saiut-Priest-dcs-Champs , le ruisseau de Fourches se joint à celui de Chalamont. Il a son origine à la base du bois de Pionsat au-dessus du Bois-du-Mas dont il conserve le nom pendant une partie de son trajet. Il pa<?se tout près de Saint-Julien-la-Geneste et recueille, près du Mont, le ruisseau de Chantoranne do:>cendant du bois de Piern^ Brune.

A partir de Saint-Priesl jusqu'au-dessous de Sauret-Besse^^•e^ où le Chalamont se jette dans la Sioule, c'est une petite riviènaux eaux pures et profondément encaissée dans le granité. Eik descendant dans ces précijnces près de Besserve, nous ren contrions des grou{)es de Noisetiers couverts de Chè^Te-feuiU (Lonicera periclymenum), qui répandait ses suaves émanations Rien ne nous parut jamais plus sauvage que cette descentrji au milieu des buissons et des ro(*hers. Des masses énormeas de granité faisaient saillie dans la vallée ; nous étions pouK: ainsi dire suspendus au miUeu de toutes ces crêtes granitiqu qui montraient leurs profondes décrhirures. Non-seulemen nous pouvions suivre le cours d'eau en amont et en aval , ains que les j)enles abruptes de la vallée de Chalamont, mais nonavions aussi à nos pieds la Sioule tumultueuse et ses eaux vertes l'œil suivait ses rochers , tantôt nus et d'une affreuse aridité tantdt recouverts d'une fraîche végétation où le Genêt mêlai encore hdh énormes buissons dort^s à ceux de la Viorme garni de HOM l)lan<!lHis couronnes (i?-4 juin 1856).

Ija Sioulu fait de grands détours sur le gaanite au fond d préoipicHm situés sous Sauret-Besserve. Elle double encore u OAp de» poq)hyre en dessous de Bouchet et de Queuille. El longo l«w orAtos do gneiss qui sont en dessous de ce dernier vi lag6| et court pondant longtemps au fond de précipices eifrayan

no recevant jusqu'à Chàteauneuf que de faibles ruisseaux provocant de sources peu éloignées et n'amenant directement à la. rivière que des quantités d*eau insignifiantes.

J^SL Sioule, en coupant à Chàteauneuf des terrains de gneiss €5 1 de porphyre , a permis la sortie de plusieurs sources minérctlos importantes; on en voit qui bouillonnent dans le lit même «*i-i cours d'eau et souvent, pendant les crues, quelques-unes dc^s principales sources sont inondées.

A.U Bordas arrive le ruisseau des Cubes (rive gauche) qui coule ^l^oLxxs la jolie vallée que suit la route de Saint-Gervais, et dont los sources sont près de cette localité dans l'étang des Ouches, *^t^ xin peu an-dessus, sur la rive droite c'est le ruisseau des ^=^«i-iaehes, en face de la dernière source minérale. Un peu plus ^*>ii:â » sur la même rive, vient le ruisseau de la Ganne-de-la-Vil- ■^^t.€^ n'ayant, comme le précédent, qu'un cours très-limité.

CDu remarque à Chàteauneuf, le coude le plus complet de ■^^ Sioule. Elle contourne un massif de porphyre sur lequel ^^^ t;rouvent la chapelle de Saint-Cirgues et le hameau de Méritis, ^^■-■^gulière presqu'île autour de laquelle la rivière forme un au-

• * ^^.u presque complet.

Le ruisseau de Braynant, venant de Sainte-Linge et de

^inte-Christine, arrive sur la rive gauche un peu au-delà

* '^ Chàteauneuf, il descend, en murmurant à Chazelette, passe ^^ ^^-^dessous de Grand- Mont et au-dessous d'Ayat, toujours sur

*^ éÇranite ou le porphyre.

La rivière coule ensuite sans obstacle et sans détours pendant

* it. 5 kilomètres, séparant les cantons de Saint-Gervais et de ^^^nat et baignant pour ainsi dire les maisons du ])etit village ' *^ I-tisseuil où se trouve le confluent du ruisseau de Verrint (rive **^^^ite), lequel descend assez rapidement au millieu de bois

ï^n. ruisseau assez important , séparant la commune d'Ayat

* • •^ celle do Menai , arrive ici dans la rivière (rive gauche] en ^^-^^ de la commune d« Saint-Reniy-de-Blot. C'est le ruisseau

^ ^ Bord, qui lui-même réunit ceux de Verdure, de la forêt ^^ Chazel , de la Chabassière , du Bouchât et des chaunu?^

— lU.H - - ^^

xj

Apn.^s Lissuuil, la Sioule scdéroule on lar^s oudiilatious dauH le cnntun de Menât oîi elle est toujours proi'oiid(^inent enciûsséc. Elle coule sur des gneiss, ])asso sous le dykc basaltique de "^ t^i^ Veudoges, et au pied des ruines de Cliàteau-Rocher, vieux manoir féodal élevé à pic au-dessus d*un effroyable précipice qui levait f>lre une succursale de sos oubliettes. Quoique dcmaiitelr, j'est encore une ruine imposante, |X)sée sur uu promontoire de gneiss, et dégageant d'un vieux Lierre qui cherche à renvahir, ses tourelles j^resque dthuolies. Ce sont de ces ruines qui sombi(Mit jK>sées ex|)rès jx^ur orner le paysagCî et rappeler de niôlanroliques souvenirs.

.V]>rès uu nouveau coude de la rivière, le ruisseau des Fayolle< ^'

y amène ses eaux (rive droite; et nous arrivons au {mjiU de Menât, i . I

Iji vallét^ s'éhïrgit un peu, la Sioule est jdus calme, moins sau- f — i

vage. l'n vieux jmmU en partie détruit par les inondations fait jj

communiquer plusieurs habitations, et près de là se trouve le r%\

|H.)nt de la route impériale de Clermont à Montluçon (365).

Un ct)urs d'eau descendant toujours des gneiss se jette dans la Sioule au-dessous du pont. C'est celui de la Faye dont la soun.M? est dans le canton do Montaigut et dcmt le trajet est trèslong et tr<*s-j)ittoresque à trav(>rs des bois et des prairies. Il a luimême pour attluents le ruisseau de Passage, celui des Grands

Rifs, celui du Paulin, crelui do l'Arte, et celui de la Mer quitra-

verso le petit bassin tertiaire de Menât. Etait-ce ce dernier qui alimentait l'ancien lac aujourd'hui rempli par de; lignites? Cela^^^"^ "< t'st douteux ; il devait exister alors des conditions qui ne se S4)n^^^. "^^^ pas maintenues, et le d<»pot de lignites aujourd'hui (.'0UjH»en deur,^. '''/

par le petit ruisseau «le la Mer est certainement antérieur ^ ^J^J^ ^^ rours actuel di» la Siouh\

Cette dernière a roncontn» un peu au-delà de rendu »it où pont est eonslruit un barrage do porphyre (pie cette fois ell e(»ui>é au lieu do je contourner. On voit partout dos rochbizarn^s ot pittoresques, des pyramide^, dos rochers (X>u]'his à pii dans les lissure>; dosijuels le l^iis imphijite ses racines ot la r^r n-

viènî <N)ule, ainsi eiieaisscH», jus<prau hameau de Chaniiieau^^ i\,

puis la vallt'o s'/'largit un peu, ei se trouve l>onlée do blu»^ j^^rs de granité.

Xout près de Chainpeaux, arrive le ruisseau des Côtes, réuui ail ruisseau des Fossés, coulant tous deux sur le porphyre (rive gauche) , puis le ruisseau des Bourgots , près de Lavaux (rive droite) et faisant limite du département du Puy-de-Dôme et do l'Allier, et le ruisseau des Fontaines (rive gauche).

l^eudant dix kilomètres, la Sioule sépare le département dta Puv-de-Dôme de celui de TAllier et arrive à Ebreuil.

Plusieurs tributaires affluent pendant ce trajet. Sur la rive

dr^->ite le ruisseau de Saint-Gai qui traverse cette commune,

i^e^lui des Vignes très-insignifiant, celui de la Fayette et celui

<ltE5S Iiichères, qui tous descendent des ravins du terrain primitif.

I-*Cï dernier passe près de Saint-Quintin et recueille les eaux de

la" commune de Marcillat.

S iir la rive gauche ce sont les ruisseaux des Granges et de Souvifçny, la Serpe, petite rivière dont les sources sont placées dans les Ixjis de Nadde et dont le confluent est en face de St-Quintin, •J»* elle abandonne seulement le teriain primitif.

La, Sioule passe sur le côté de la ville d'Ebreuil où elle a en-

«-'f >re formé autrefois un lac ainsi que le témoigne la petite plaine

alluviale où cette ville est située. Plusieurs affluents venaient

atissi se rendre dans ce lac avant que la rivière se soit frayé uQ

passage au milieu des granités ; telle est la Veauce ayant reçu

^ -Oouême sur sa rive gauche, tel est le ruisseau de la Cigogne,

''^** la rive droite. Mais avant la formation de ce lac d*époque

»^llu.viale, une baie ou un véritable golfe du grand lac de la

^^ï^iagne existait à Ebreuil et déjà un cours d*eau, autre, sans

^^vxte, que la Sioule, y avait abandonné d'énormes quantités

^ ^i^gile sableuse. En descendant dans eo beau bassin d'Ebreuil,

^ "^'''ert pur des prairies, Tabondance des arbres feuilles et le

^^^^bre des grands Peupliers forment le cortège des eaux pures

^^ I3. Sioule qui serpente aujourd'hui sur le fond desséché de

^^cien lit qu'elle remplissait autrefois.

^ît Sioule fait ensuite plusieurs coudes au milieu des gneiss; ^^ passe sous les escarpements de Nouvialle, qui sont proba- *^Hient son ouvrage, et sur lesquels on aperçoit à une grande auteur, le pont aérien du chemin de fer de Montluçon; elle re- ^^ille à droite le ruisseau de l'Etang, à gauche celui de Jenzat

et Mjrt du terraiu |iriijiitif, pour n'y plus reiiirfT, près du v de Salles. Elle devient alors une paisible rivién» omlant (juillement sur le terrain tertiaire et sur les allu^-ions. Elle à Saint-(ferniain,-de-Salles, à Perseuat, à Bayet laissant louche de grands plateaux couverts de calcaire à Phrv'gai un peu au-delà de Martilly lui arrive la Double .rive drojtcl lort contingi?nt fourni par les départements du Puv-de-Dôi de r Allier. De< collines form»>es d'anciennes alluvions quelles elle a îsans doute contril)ué se montrent à Touesi l'est de Saint-Poun;ain. La Sioule passe entre elles à Test \ille où elle recueille encore une petite rivière rive droite^ n'a plus que trois kilomètres à parc«)urir pour sejetter dans l\ ilont elle est le principal afiluent. Elle se charge encore des tic rOusonan, |>etîte rivière, dont le lit est presf|ue entière primitif, et n^joint l'Allier sur les cailloux roulés que les rivières dé|xïsent en commun près du hameau de la Ber( à une altitude d'environ 230 mètres.

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