CHAPITRE XIX
La Dordogne.
Le bassin de la Dordogne est uu des grands bassins de la France et l'un des plus importants. Sa rivière naît au Mont-Dore qui lui doit son nom, et dès sa naissance elle est formée de deux ruisseaux, la Dore et la Dogne. On a beaucoup discuté pour savoir lesquel de ces deux ruisseaux est la Dore, et très-souvent on a transposé les deux noms. Ramond lui-môme s*est trompé à.cet égard dan*^ son premier mémoire sur le nivellement barométrique, mais il a reconnu plus tard son erreur et a rectifié sa transposition.
La Dore a ses sources multiples au pied du cône ou plutôt de la pyramide qui termine le pic do Sancy. Ce sont de petites sources s'échappant do la pelouse, ou sortant sous un bloc de trachyte à l'élévation de 1720 mètres, entre le pic de Saocy et le pan de la Grange sur un terrain incliné <pie l'on désigne» sous le nom de Marais de la Dore.
En effet, ces source ^ froides et la fonte des neiges y imbibent un terrain tourbeux. Los arbres no croissent plus à cette élévation; quelque^ Sîuiles nains et i)articulièrement le Saliv Lapponum^ représentent les végétaux arborescents, mais en revanche le*? plantes herbacées sont a])ondanto^ et remarquables par réclat de leurs fleurs.
A mesure que la neige fond sur ce plateau , Therbe jaunie change de couleur et la Soldanelle des Alpes ouvre ses fleurs
stiAx pétales frangés; de> filets d'eau froide gaguent les parties t^o.sses du terrain et l'on entend des ruisseaux couler sous la neige, >' former de petites chutes et sortir sou^ une arcade glacée. Ces I>i*emières eaux de la Dore, une fois réunies, font de longs cir- <5 laits sur le gazon, charriant déjà dos sables, qu'elles amoncèlent il chaque détour. TautAt leur Ht s'élargit et forme un petit bassin, d'autrefois il devient étroit et profond; Teau avance dans un oa.nal creusé dans la tourbe et dont les bords rapprochés et couverts du feuillage de TAnémone des Alpes, cachent presque entièrement le liquide qu'il conduit. Après ces détours, on voit la. Dore s'élargir, le sol s'abaisser graduellement, et l'eau couler Î50US les touffes verdoyantes du Geum monianum. De jolis f^oupes de Populage aux grandes fleurs dorées, mêlés à la Cardamine des prés, et à la Renoncule à feuilles d'aconit, croissent l>éle-mêle sur le bord de l'eau. LaFontinale, constamment agitée par le cours du ruisseau , balance ses longs rameaux toujours baignés par l'eau pure, et résiste au courant qui s'efforce de l'entraîner. L' Adenostyles au large feuillage, réfléchit dans ce clair ruisseau, ses belles grappes de fleurs purpurines, tandis que la Violette des marais, s'élevant à peine au-dessus de la pelouse, ouvre timidement ses fleurs près des godets orangés du Narcisse des montagnes.
C'est au milieu de toutes ces plantes que le sol manque loutà-coup(1663], Teau s'élance sur la tranche d'un filon de trachvte et rejoint bientcjt une surface polie sur laquelle elle glisse pendant quelque tr»mps et atteint enfin un cirque proftmd (1628) que l*ou ne peut apercevoir du haut. Elle tombe dans un bassin entouré do rochers escarpés, et s'en échappe en formant une seconde cascade. Le ravin tout entier est l'ouvrage de la Dore. Klle a mis à nu des couches colorées en rouge par du f-M*, des <:;ondres ponceuses, une roche alunifère avec globules de soufre aatif, et une foule de variétés de trachyte.
Arrivée au pied du pic deSancy, sur un lit de caiUoux arrachés Nur son parcours, la Dore reçoit la Dogue sur sa rive droite, ayant parcouru tout au plus un kilomètre.
Quant à la Dogne c'est à peine si elle atteint 800 mètres. C'est un ruisseau que l'on voit naître sur les pelouses élevées entre
le puy de Cacadugnc ot le pan de la (îrange 1^1714). Elle descend rapidement et presque directement sous d'énormes touffes de Gtnista purgans, puis elle entre tout-à-coup dans un ravin ombi*agé de vieux Sapins où elle glisse sous une magnifique végétation. Dos Sorbiers et des Alisiers aux fruits rouges forment le premier ombrage du profond ravin où la Dore a reçu le nom de Cascade du Serpent, C'est un ruban d'argent, qui ne s'élance pas, mais qui glisse sur la mousse, qui disparait sous les fleurs pour se montrer encore, et qui finit enfin par atteindre le bas de la forêt. On ne peut se figurer le fourré et la beauté du parterre où la Dogne cache momentanément ses eaux. Ce sont des So7ichi(S alpins aux longs épis de fleurs bleues, des AncoUes, desEpilobes aux épis purpurins, des Dorouic; aux rayons d'or, la Renoncule à feuilles de platane et la Reine des prés aux blancs panaches, les fleurs roses et les larges feuilles de VAdenostyles, le tout ombragé de Sapins séculaires dont toutes les branches laissent pendre les longues barbes grises des Usnea,
La Dogne rejoint la Dore au pied de la montagne dont elle descend, au milieu de buissons de Hêtre et de débris de toute nature (1358). La Dordogne formée de la réunion des deux noms et des deux ruisseaux, coule sur le même lit de débris et se trouve bientôt augmentée par le ruisseau tumultueux qui descend sur sa rive gauche et qui a recueilli toutes les eaux de la Gorge des Enfers. Un peu plu"=! loin, sur la même rive, vient le ruisseau de la vallée de la Cour ou du Cliergue qui s'échappe par l'échancruçp d'un vaste filon de trachyte, désigné sous le nom de PortaiL II est facile de reconnaître qu'avant l'usure du Portail, l'eau stationnait dans la partie basse de la vallée et y formait un petit lac liini>ide. A cette même époque l'eau de la Dordogne l'etenue dans la haute vallée du Mont-Dore a dû y dormir dans un premier lac dont la digue formée de conglomérats trachytiques a été bientôt emportée. Sur la même rive , un très-petit ruisseau qui a sa source à la base nord du puy du Cliergue, glisse sous les vieux Sapins de la montagne, et traverse les prairies pour se rendre à la rivière, en face de la grange Bellon.
Sur la rive droite, trois petits cours d'eau alimentent la rivière entre la jonction de la Dogne et le village des Bainsdu-Mont-Dore.
Le promiep prend naissanoe sur les pentes occidentale.'^ du- tol* de Cuzeaii, et coule dans te fond de la vallée du jtoe Barbtt. Fje seeond descend du plateau de Langle et le Iroisiètne est te i^uisseau de la Grande-Cascade.
Le chemin qui conduit du village des Bains au pic de Sancy est traversé par Teau de cette cascade un peu aVant sa jonction àlaDordogno. De très- loin on aperçoit cette chute. Le ravin qui la reçoit, la coupure de la nappe de trachyte d'où elle ^'ékmce, le^ blocs entassés sous lesquels Teau di<îparaît aussitôt qu'elle teuehe le sol, tout présente l'image de la destruction et de l'action séculaire du torrent. Si Ton veut contempler de ]f)liis près ceK^e énorme bw»che on profite d'un petit Sentier qui pararit peu riassurant aux personnes qui ne sont pas familiarisées avec les mauvais pas des montagnes. On remarque etf montant une foule de filets d'eau qui sortent, comme autant de sources, des Wocs de rochers qui cachent leur véritable origine; ils forment une infinité de cascades en miniature et disparaissent encore sous de grosses masses représentant autant de ponts jetés par la nature sur te lit du torrents L'eau s'écoule avec rapidité; elle ralentit enfin son cours en traversant une petite portion de la praitie qui «xîcupe tout le fond de la vallée , elle arrive à la Dordogiie au milieu des fleuri.
Si l'on vont monter jusqu'à la chute, on remarque que te sentier tracé sur le bord du ravin s'efface peu à peu , puis il dispa^ rait au mili<Mi de gros blocs de pierre d<mt le nombr'» augmente i mesure que l'on approche de la cascade. Enfin oA arrive au point où Teau frapj)ant le rocher avec fore?, couvre les environs d'une abondante rosée ; ou ressent une brise fraiche due au mouvement des couches d'air, d<»placées par la chute du liquide. L'humidité et la fraîcheur entretiennent des tapis de M<msses qui s'étendent sur les blocs de trachyte amoncelés. Les interstices que laissent cei blocs sont couverts du feuillage élégant de plusieurs Saxifrages, de quelques Graminées et de plantes diverses, parmi lesquelles on distingue la Balsamine impatiente aux tiges translucid?^s; toute la végétation du ravin semble concentrée dans cette atmosphère humide ; ailleurs et sur Tune ou l'aufre rive, oii ajierçoit à peine quelques bufissôÉS rabougris.
deux ou trois arbi'os verts qui luttent contre la déclivité du sul , des lambeaux de pelouse^dout les éboulenients diminuent tous les jours l'étendue, et les troncs décrépits de quelques vieux Sapins qui augmentent encore la scène de dévastation que l'on a sous les yeux.
L'impulsion que reçoit Teau au raonieut oîi elle se précipite, et la coupe bien perpendiculaire du plateau tracliytique , produisent un écartement considérable entre la base du rocher et le point où le ruisseau touche le sol , en sorte que Fou passe facilement sous la votlto liquide qui peut au besoin abriter contre la pluie.
On voit de près que le mui* vertical du rocher est une de ces longues coulées de trachytc descendues du roc de Cuzeau. Elle repose sur une couche de cendres grises , également d'origine volcanique. Les blocs si nombreux qui gisent au pied du rocher sont de même nature et s'en détachent surtout après les fortes gelées et pendant les pluies d'orage.
Dans plusieurs endroits , le sol meuble sur lequel repose la coulée de trachyte a été miné par des infiltrations et précisément derrière la chute d'eau, on voit une grotte qui se prolonge sous le rocher. Le Saxifrage à feuilles rondes forme de larges touft'es à son entrée près des bleus Myosotis.
Le rocher qui manque si subitemont sous le ruis^^eau dr la cascade offre une espèce de cirque qui fait un angle rentrant dans la vallée du Mont-Dore; on voit clairement que ce cirque et le ravin tout entier ont étc'^ creusés à la longue par la chute de l'eau.
Déjà, avant d'arriver au village des Bains ^1040 au village , la Doniogne coule en murmurant sur un lit do cailloux r^^iulés et dans la direction sud-nord, au milieu do prairie^ couvertes de Heurs. Elle continue ainsi jusqu'au hameau do Queureuilh où elle reijoit un petit lilet d'eau venant du Mout-Dore, ot un pou plus loin, sur sa rive droite, vient affluer !<• ruisseau du lac do (tuérv ou ruisseau de l'Enfer ^975) ; il conduit autant d'eau c|uo la Dordogne et va la recueillir sur les hauts plateaux des montagnes.
(^e ruisseau en n'^unit phisieui*s autre <. Une de se*? sources -^
^^*st-:
nomme la Font de-la-Paressudas. Elle est située sur le trachyte derrière le puy Gros et le filet d'eau qu'elle produit reçoit la Forttaine-dii-Puy-May qui est très-rapprochéc de la première. Il en résulte le ruisseau du Puy-May qui, après un cours sinueux sur les pelouses joint le ruisseau des Mortes, lequel naît à la base dtt puy d'Auroux et va alimenter le lac de Guéry. Avant de descendre dans le lac, il rencontre des faisceaux de prismes plionolitiques contre lesquels il s'élance et se brise (1264) , arrosant de sa poussière d'eau les grandes plantes que nous avons déjà citées à la cascade du Serpent. Un filot d'eau arrive encore au lac de Guéry dans le petit marais où se trouve son dégorgeoir. Le ruisseau qui sort du lac, ruisseau d'Enfei: ou du lac de Guérv% prend bientôt un cours rapide et descend dans une vallée des plus pittoresques où souvent les vieux Sapins et la végéta' ion active des plantes herbacées cachent entièrement son cours. La nouvelle route de Clermont au Mont-Dore, après avoir côtoyé le lac de Guér\\ descend avec ce ruisseau dans cotte même vallée.
Le ruisseau de Rioupeyroux, naissant h la Croix-Morand (1420) tu milieu des marais, afflue sur la rive gauche du ruisseau d'Enfer à deux kilomètres en aval du lac. Le cours d'eau s'enfonce de plus en plus sous les arbres verts et bientôt il est rejoint sur cette même rive par le ruisseau du bois de la Chaneau, dont la source la plus éloignée et la plus élevée sort du trachyte à la base du puy de Trigoux. Le ruisseau du bois de la Chaneau au moment de rejoindre le ruisseau du lac, se précipite et forme la petite cascade de Rossignolet. Elle coule sous les arbres verts, et arrose une riche végétation, et réunissant ses eaux à un ruisseau qui naît bien au-dessus du village dos Bain<5, au pied du puy de Mareuilh , forme le ruisseau de Queureuilh , lequel rencontrant la tranche d'un petit plateau basaltique s'élance sur ses prismes et forme la jolie cascade de Queureuilh.
H est assez curieux qu'une masse de basalte soit venue se faire jour aa milieu des nap{)es do trachyte qui couvrent les plateaux du Mont-Dore. Sa coupe escarpée j)eut avoir 15 à 19 mètres de hauteur ; le basalte repose sur une masse de tufs ponceux qui s'étend dans tous les environs et que l'eau a mis souvent h découvert. Le rocher offre des prismes inclinés conti-
nuelleineiit huinectés par l'eau du ruisseau qui s'élauce du «commet, et se divise en une rosée l(%ére qui donne une teinte p!us sombre encore au basalte ferrugineux dont il est formé. On aperçoit au sommet, Teau qui se précipite dans des eanayx étroits et inclinés, et qui arrive tout-à-coup frapper un faisceau do prismes, qui la divi<?e en deux parties très- inégales. Une j^etite portion coule sur le rocher, formait une infinité de petites gerbes, tandis que la masse presque entière du ruisseau, s'élance du côté oppo'^^, blanchie par le choc qu'elle a «*prouv<'', et tomije en écume bouillonnante dans un b^^ssiu d'eau limpide que l'on voit à la base de l'escarpement. Un mélange de Hêtres et d'ai'bresvert>: couronne les prismes dont nous avons parlé, et le ruisseau coule d'abord sous cos arbres avant de s'élanc?r. Les fissures du rocher sont aussi tapissées de verdure, de jolis buissons de Genêts en décorent .tou:tes les corniches et descendent jusqu'au bord des e^ux. Ce qui conter ibue le plus à rendre ce site agréable est un petit bois de vieux Sa[)ins, à travers IcKjuel on descend pour arriver au pied de la cascade. Une i)elouse d'un vert pur, couvre; le sol protégé par leur ombrage, et de vieux troncs mutilés joSveiïi encore quelques branches vigoureuses qui cherchent k ;braver les outrages des temps. On |>evit descendre jusqu'au ruisseau qui s'.échappe du bassin de la cascade et va joindre la petite rivière. I^'eavi en sort avec bruit, ayant s<juveut à franchir de gros prismes basaltiques tombés du sommet, et dont ielle a corrodé les angles et les arêtes. Elle fuit sous les larges feuijles des Pétasites (Petasites alba) et sous les radeaux feuilles qui s'étendeat au-dessus de sa suface. Si l'on remonte, au contraire, jusqu'à la partie supérieure de la coulée de };)asalte, on trouve le ruisseau encaissé par de gros blocs de lave, et formant une série de petites chutes déterminées par la disposition c*tagée du terrain. Les fouilles découpéeç des Fougères s'incliineût jusqu'à la surface du liquide, et de grands arbre$ forment audessus une tente de verdure impénétrable aux rayons du soleil. Une autre cascade exiî^te bien au-4e ssus de la première, ainsi i}^*iun cirque assez vaste tout couvert d'arbres et de buissouH fffffûk Ij^squels on distingue l'Aiisier au feuillage ^jrgeaté. On est idars si*r le platoau ^o Langb où se trouve, comme nous
Cascade de la Vernie
Tavons dit, au pied du puyMareilh, la principale source du ru^seau.
Un filet d'eau descend sur la rive droite du ruisseau du Lac, des barons de la Mou tille, et s'est creuse dans les conglomérats tiachytiques un profond ravin au-dessous de Pailloux. Un autre Triant des flancs du puy Gros passe à la Fougère, et enfin après avoir dépassé Prentigarde et Malsur, le ruisseau de Guérv confie ses eaux à la Dordogne.
La vallée du Mont-Dore tourne alors brusqupment à l'ouest suivant la direction du ruisseau du Lac; elle se rétrécit et la Dordogne, un peu encaissée longe la base d'une forêt de Sapins, et passe en-dessous du village de Geuostoux (OIT.
A Genestoux, vient un ruisseau (rive droite] tlescendant du puy Gros et un peu au-delà (rive gauche), arrive celui du Cliergue ou de la cascade de la Yernière. Ce rui>seau sort d'une dépression cratériforme située à la base du puy du Cliergue derrière la montagne du Capucin (1436). 11 entre bientôt dans les bois du Capucin en dessous du plateau de Bozat et va alimenter les scieries qui sont situées au fond de la vallée. Il passe en dessous de Sagnove et de Rigolet-Bas, continuant à creuser son lit dans les conglomérats ponceux, puis il entre de nouveau dans las J^is où Ton peut aller admirer deux jolies cascades, celle du . PUt-à-Barbe et celle de la Yernière. Ces deux cascades coulent 41111 des tufs tracliytiques endurcis, dont les parties les moins •'^ illérables font saillies et divisent à l'infini l'eau du ruisseau. f (jfi première est la plus élevée ; le ruisseau resserré par des * jtcois couvertes de mousses, s'élance tout-à-coup dans un cirque sik il tombe d'une grande hauteur. L'eau ne dévie pas dans sa diute, elle tombe perpendiculairement au milieu d'une ténébreuse forêt et dans un site des plus sauvages et des moins içoessibles. Il est presque impossible de suivre le cours de l'eau fuand elle s'échappe du bassin du Plat-à-Barbe. Elle forme encore quelques chut(;s des plus jolies. Il vaut mieux reprendre la ' jEOUte, et, à environ un demi-kilomètre du Plat-à-Barbe, ]>énétrer de nouveau dans la forêt pour admirer la cascade de la Yernière. Elle est cachée par des bouquets de Hêtres qui croissent sur les deux versants delà vallée, et qui se réunissent h de vieux Sapins,
Tout ii sombre sous cjs voûtos feuillëes, tout est huiuide *=3t couvert de rosée ; les fleurs de la forùt à demi-pcuchées, att^^^®^^ longtemps uu rayon de soleil \x>\it se relever et jouir de ^=^ *^" miore. On est, en efl'et, sous des voûtes de verdure qui dé -^*^y®^^ la chute du ruisseau. Le sentier d'abord ombragé par de ^^^^ Hêtres, fait quelques détours, et Ton entend déjà le bruit ^ ^^ cascade ; on voit môme à la dérobée une petite partie de * ^^ écumeuse qui s'en échappe, puis tout-à-coup, un détour u- ^f^^ brusque vous place sur le bord d'un cirque embelli par la ^onte (lu ruisseau et l'amphithéâtre d'arbres verts qui augine^ ^^^''^^ encore la teinte sombre de ces lieux.
La cascade n'a guère que 6 mètres de hauteur; ses eaux ^^^^ séparées en deux parties par un rocher proéminent et couvc?-**^ ^*^ Mousses. La portion la plus considérable tombe à gauche, ^^ ^^^ feuilles de plusieurs plantes qui croissent au bord de son bo-^^"^ éprouvent un balancement continuel produit par l'air qui^^ ** chute déplace. L'autre portion du ruisseau coule d'abord ct^^^"* une petite rigole où le rocher lui fait éprouver une foulo "^ soubresauts; puis elle glisse comme un ruban, nofiErant j^l^^ que des ondulations dues au Mousses qu'elle arrose Ce x^ ^^ qu'en arrivant au bas qu'une petite saillie de trachyte la. ^^^ dévier de sa chute perpendiculaire. La cascade est ress^*^^ entre deux murs do rochers qui s'élève presque verticalerti-^^fnt, mais ils sont couverts de végétaux de toute espèce et do lon^ *^^ Mousses d'un beau vert. Quelques iilets d'eau sortant des p^MTOis de ces rochers vienn(»nt se réunir dans l'espèce de bassia ^"' reçoit celles de la cascade. Ils entretiennent la fraîcheur de p ^"" sieurs toutfes de Fougères qui se développent avec vigueur cfe^Q^ cotte atmosphère humide.
Au-dessus de la cascade s'élève un magnifique amphithoà^^"^ de Sapins de tout âge, que l'on peut atteindre avec quelque dit--^" culte. On y voit de nouvelles cascades et s'il était possible de 1^^^ franchir et de remonter pendant quelque temps le cours de C^^^^ ruisseau accitl^Mité, on arriverait au pied do la cascade du Piaf îi-Barbe.
Dès que le ruisseau du Cliergue peut s'échapper des voûte de verdure sous lesq\ielles tombe la ea^^cade, il court daur
les prairies et rejoint bientôt laDordogne. En face de cet affluent, et pajr conséquent sur sa rive droite , le ruisseau de la Banned'Ojrdenche arrive à la rivière ; celle-ci s*écoule dans une vallée qui s'élargit et arrive à la Bourboulc, étalant ses cailloux roulés sur des conglomérats ponceux. Ici, comme sur plusieurs points do la. haute vallée duMont-Dore, ces dépôts trachytiques consistent en couches de trass blanc d'une extrême finesse dans lesquelles sont restées les empreintes des plantes qui vivaient autrefois dans ces localités. Cet amas de matériaux si ténus et ces empreintes de feuilles indiquent des amas d*eau et d'anciens la.cs étages dans la vallée de la Dordogne. Un de ces lacs existait s^ans doute du village des bains à Queureuilh et au-delà. On *^i doit les trass qui sont à l'ouest de la vallée; un autre était plxis bas vers le point où aboutit le ruisseau du Cliergue que lioixs venons de décrire, et tout nous porte à croire qu'à la Bour- *^^^^le même se trouvait encore une de ces pièces d'eau si Ton juge par les amas de tufs ponceux adossés au rocher de gra- Ces mêmes tufs blancs sont traversés par le ruisseau de ^ ïi-oche-Vendeix qui descend des pelouses et des hautes forêts ^^^viées au-dessus du hameau qui porte ce nom et qui, après avoir P^^sé en dessous de Fenestre, atteint la rive gauche de la Dor- ^Sne en face de la Bourboule.
^n quittant la Bourboule, la Dordogne s'est creusé un profond '^^'lon dans le granité, c'est le dégorgeoir de l'ancien lac de ^ Bourboule, dans lequel des trass volcaniques plus ou moins ^^Vxisteux se sont déposés. Un bassin a été rempli, comme ^ Adenat, mais il contenait très-peu de matière organique, bien HU'on y ait trouvé des empreintes de feuilles appartenant à ^lie végétation difierente de celle qui existe actuellement.
De nombreuses dégradations ont eu lieu dans le dépôt de cet ^Ocien lac depuis qu'il a été débarrassé des eaux. On voit de tous <iôtës les assises de trass blancs adossées aux terrains primitifs ©t la verdure qui s'efforce de les recouvrir.
Dans la vallée de Saint-Sauves , la Dordogne autrefois considérable a laissé çà et là dos traces d'alluvions anciennes et près du pont de Saint-Sauves, des alluvions remaniées à une époque plus récente. La rivière a eu peine à se frayer un passage dans
cette vallée ; elle a dû ouvrir des digues fermées par le gra On voit partout des monticules de cette roche qui semblent a été frappés et arrondis dans le sens du cours d'eau. Ce sont mamelons, des cônes, des pyramides dégradées qui donnent coup de charme et d*originalité à la vallée. De vastes éboulem ont eu lieu; on les distingue de loin au milieu des fourrés décorent tous les versants. Rien n'est plus joli que ces la Dordogne avec ses bois , ses prairies et ses ruisseaux.
Au pont de Saint-Sauves (779), arrive (rive droite) , le ruisseau de LongeroUes qui coule sur le granité et celui d
Vaux qui sillonne le grés rouge. C'est qu'en eflfet la Dordo. côtoie un massif de cette dernière roche, puis elle s'enfonce 4 dans une vallée primitive et boisée où elle ne reçoit que des r^ seaux insignifiants sur sa rive gauche et entre autres celui Massanges. Après cela, et pendant plus de quinze kilomètres! Dordogne coule entre les cantons de Tauves et de Bourg-La?5 Dans ce long trajet viennent aboutir des ruisseaux et des peti rivières, les uns sur la rive gauche venant du canton de Tau v^^^^^» les autres sur la rive droite, recueillis sur le territoire du caa*^-^*-^^ de Bourg-Lastic.
Amixents de la rlvo g;auclio ou du. canton de ^Tauvo^^ "^
C'est d'abord le ruisseau des Plantades qui nait au-dessus Chameille sur terrain primitif et poursuit son cours sur le m^ terrain dans une vallée sinueuse et boisée où il reçoit à le ruisseau de Gioux. Celui de Plantade passe à sa jonction B l'extrémité du terrain houiller de Singles. Le second missel' bien plus important que le précédent, est celui de Mortagne; source la plus éloignée, distante de 15 kilomètres de son embo chure est la Font-Jouanoux sortant du basalte dans la commu de Latour. Elle coule à l'ouest sur le basalte, passe entre le M< et la Guièze (995) et entre dans le canton de Tauves au pied dbasalte de la Vialle (896). A partir de ce point, le ruisseau a c; son lit dans les roches primitives, il va arroser les prairies pente situées au sud de Tauves (884), et il s'engage dans le bo communal d'Auzolles. Deux filets d*eau naissant au-dessoi^
Serrette et de Ribbes, atteignent sa rive gauche, pendant que IcL nye droite reçoit un cours d'eau trcs-développé, prenant son gine près des Chaumettes-Basses sur le grand plateau de basitué entre Tauves et Méjanesse, et venant joindre le ruisde Mortagne, à sa sortie du bois d*Auzolles après avoir pa,ssé aux Granges (912), et au moulin de Gioux. Le ruisseau 6L^ Mortagne fait encore quelques détours sur le terrain primitif, pxxis il entre sur le terrain bouiller (588) , où il a dû former un p^tit lac signalé par des alluvions anciennes et modernes. Qiaelques monticules do cailloux roulés appartenant à Talluvion ancienne indiquent l'ancien niveau auquel les eaux ont pu s'él^^rex. Le ruisseau de Perret, naissant au-dessus de ce village et pa^fsant à la Guinguette sur terrain houiller, se jette sur la rivo fça.iiche du ruisseau de Mortagne, lequel rejoint la Dordogne ^M. dessous du bois de TAvèze.
A. deux kilomètres plus bas, et toujours sur la môme rive, ^^^^^t la rivière de Burande qui atteint la Dordogne au hameau iat (Puy-de-Dôme).
Aflluonta do la rivo droito ou du canton.
do nourg-Xjastic.
Dordogne coule au fond* des bois presque toujours sur
lin primitif, un instant sur terrain houiller, au moulin
^^ Chalameyroux , et alors seulement lui arrivent successi-
'^^'ïxient quatre filets d'eau qui descendent perpendiculairement
^^ dallées latérales. Le troisième, un peu ramifié, }>orte le nom
™ îéal*de-la-Forêt , et le quatrième descend du plateau de
*^^fcdel, commune de Savennes. C'est en dessous de ce village
^ très-près du moulin de Marmitoux que le Chavanon confond
*^^ eaux arec celles de la Dordogne qui entre dans la commune
^ Port-Dieu (Corrèze). Elle reçoit dans cette commune quelques
^'ïiiselets insignifiants sur sa rive droite, et après un cours de 3
^^ 4 kilomètres revient de nouveau limiter, dans le canton
A® Tauves, la commune de la Bessette, de celle de Moustier-
P^-Dieu dans la Torrèze, Elle y quitte le terrain primitif
pour traverser un petit bassin bouiller, et recueille da le Puy-de-Dôme le ruisseau des Rigauds qui coule en gran partie aussi sur le terrain bouiller.
La Dordogne abandonne alors pour toujours le départent du Puy-de-Dôme , et sert de limite aux départements du Can et de la Corrèze. Plusieurs ruisseaux descendant des terrai do gneiss de la Convze y aflluent sur sa rive droite , et sur rive gauche ; près de lîeaulieu (Cantal), se trouve la joncti d'un petit cours d'eau dont les sources sont dans le can de Latour près de Bagnols. C'est le ruisseau de Panou ou ruisseau de la Garolette qui prend naissance dans une pression oblongue et marécageuse située sur le grand plat basaltique de Lafago au-dessus de Bagnols , canton de Lato Il reçoit au moulin d'AuzoUes le petit ruisseau de Lacba^j puis il descend du nord au sud pendant 8 kilomètres cl les communes de la Bessette et de Trémouille-Saint-Lo puis il entre dans le Cantal, commune de Beaulieu, où il atte la rive droite du ruisseau du Bos ou de Cliavignier.
Ce dernier s'étend sur un grand espace du canton de Lato Sa source est au pied du double pic basaltique d'Ussamat la commune de Chastreix. 11 admet bientôt les eaux do Fretav petit ruisseau naissant sur le basalte à Barjoux, près d'Ussam puis il descend en petites sinuosités près de Bagnols , où trouve, sur sa rive gauche, rafilùent du ruisseau de Margat v nant de Jouvion et ayant formé un lac au-dessous de Freydefon Un peu plus loin, c'est la jonction du ruisseau de Beth, ayac:::^^^ aussi formé un petit lac à Greloux et un autre au-dessou ^ d'Antigioux, et eulin toujours sur la rive gauche , le ruisseai^"^^. du Moulin-du-Curé provenant du bois de Rosier et celu ^"^ de Rochemare. Après avoir recueilli toutes ces eaux, le ruisseai^^ ' de Bos, entre directement dans la Dordogne (rive gauche), — ^^^ le terrain houiller de la commune de Beaulieu (Cantal).
La Dordogne traverse plusieurs bassins houillers (427) si en partie dans le département de la Corrèze, on partie dans oelui>^ du Cantal ; elle contourne le grand plateau des Orgues-de-Bort C^^ grossit à un kilomètre de la ville par sa réunion à la Grande-Ra sur sa rive gaucho.
sji
Le coude que fait la Dordogne autour de Bort est considé- ^ble; elle remonte ensuite vers le nord-ouest, prend la Diège sur sa rive droite au-dessous de Roche-des-Pe3nroux, et plus loin la. rivière de Trioussonne dont les ramifications étalées sur une grande surface granitique du département de la Correze lixî apporte son contingent d'eaux pures.
En sortant du territoire de Bort, elle atteint de nouveau la limite du Cantal à Saint-Thomas, et à partir de là nous allons IsL suivre et indiquer ses principaux affluents en j)ronant [)our ^uide M. de Lalaubic; nous reconnaîtrons d'abord avec lui que ce bassin est le plus important du département du Cantal, car la Dordogne suit ses limites d'abord do Test à l'ouest, puis du nord-est au sud-ouest, sur une longueur de 70 kilomètres et s5ort de ce même département au-delà de Ferrières, commune de Toumiac. Elle traverse alors la partie méridionale du département de la Corrèze, les départements du Lot , de la Dordogne, de la Gironde, et se joint à la Gironde vis-à-vis du bec d'Ajnbez.
Si la Dordogne naît au Mont-Dore , le département du Cantal est sillonné par l'important réseau de ses nombreux affluents.
Le massif du Cantal est, sans contredit, le point de la France
le plus intéressant pour l'étude de l'hydrographie. C'est un
centre d'où rayonnent les plus admirables vallées, occui)ées par
les plus charmants cours d'eau. Si du sommet du puy Mary l'on
*e dirige sur le col de Cabre, le Liorant et le puy de Batailleuse,
^^ a sous les pieds ces kmgs sillons, tantôt hérissés de rochers,
^^ntdt et plus souvent ornés par la verdure des forêts et des
prairies. Les ruines des vieux Manoirs, les éboulements des
niontagnes, les nombreux villages suspendus sur les flancs ou
^chés sous les ombrages des vallées , offrent les tableaux les
plus riants et les plus variés. L'eau, dans sa course rapide des
^nimets dans la plaine, se soumet à tous les accidents du sol.
Nulle part, on ne voit des cascades plus belles, plus nombreuses,
0tis magnifiquement encadrées. Nulle part , on ne voit de plus
"^Ues prairies au milieu desquelles s'arrondissent les gracieux
^Aiudres des rivières argentées qui semblent se reposer dans
^*8 beaux jardins de la nature des fatigues et des accidents de
l®ur descente.
Il nous serait inipussiblo de décrire avec détail tous les co d*eau de cette contrée merveilleuse. Nous sommes restés souve en admiration profonde devant toutes ces beautés , mais no n'aurions pu en donner une idée suffisante si nous n'avions ' recours aux élégants tableaux tracés par les auteurs qui écrit sur le Cantal. Nous avons profité des articles dissémi dans le dictionnaire historique et statistique dûs à MM. ribier, de Lalaubie, Robin, Paul de Chazelles, de Sartig^^ — Durif ; nous avons mis à profit les études de M. Douillet la Haute- Auvergne. Néanmoins, nous avons restreint nos d crip tiens à un certain nombre de cours d'eau, j>our éviter des pétitions, car si chaque ruisseau peut fournir des détails varî les termes pour les exprimer restent pour ainsi dire les mê et fatigueraient le lecteur. Il n'en sera pas ainsi si , au lieu se rapporter à nos descriptions, il prend la peine de visiter 1 même ces profondes cassures des ravins, d'y sui^TO l'action sive de l'eau et d'admirer, comme nous l'avons fait avec de plaisir, les ravissants tableaux de la Haute-Auvergne.
« La Dordogne, dit M. de Lalaubie, reçoit dans le Can les eaux de sept rivières ; co sont :
i> 1^ Le ruisseau de la Tialle ou ruisseau du Pont-de-Pr>^ prend sa source dans les Bruyères de l'Artense, près Marcr^ commune de I^nobre; il se joint à plusieurs autres fait:> ruisseaux, et descend dans la Dordogne à l'angle sud-oua. de la commune de Beaulieu qu'il limite.
» 2^ La Rime, dont nous décrirons le cours et qui est & la Ccre et la Maronne l'un des trois principaux affluents la Dordogne dans le département du Cantal.
» 3<* Le troisième bassin, tributaire de la Dordogne, est celu laSumène. Cette rivière s'échappe du bois deCornhill, sit sur les pentes occidentales du suc d'Eron, et où se trouve source dite Font-Suniène, Elle descend vers le nord jusqu'd' environs de Neuvialle, commune de Saint-Etienne ; de là, se? pente vers l'ouest en baignant les chefs-lieux des commun d'Antignac, Ydes, Bassignac, ot tournant, du côté de Vendes, plateau de Veyrières et d'Arches , elle atteint la Dordogne l'extrémité de ces deux communes. A l'exception du ruiss^< de Neuvialle et de quelques autres cours d'eau sans importaa^'^'
fi les affluents de la Sumène viennent du midi et sont envoyés
rive gauche. Parmi eux, il faut mentionner :
Le Viouzou qui prend sa source dans les montagnes de
coule au nord-ouest, passe au-dessous de Chastel-
-Ihac et 'de Vebret, et se jette dans la Sumène près de ce der-
village.
Le ruisseau de Marliou, originaire des montagnes qui
i^cÛLient Saint- Vincent ; il descend vers le nord, et s'enfonce
les gorges d'Auzers, se réunit plus loin au ruisseau de Mar-
qui vient des plateaux de Trizac et joint la Sumène près
I^rades , commune de Bassiguac.
rivière de Mars ou de Chevade, que l'on appelle en patois '^yro Cabado; elle se forme dans la forêt du Falgoux, au du puy Mary, incline son cours vers l'ouost-nord-ouest , .e les villages du Falgoux et de Saint-Vincent et se confond la Sumène au-dessus de Vendes.
-4<> Le quatrième bassin , bien moindre que le précédent, est du Labiou, ruisseau qui descend des plaines du Vigean, de Grégorie, prend la direction ouost-nord-ouest, passe ^^^ "Vigean et se jette dans la Dordogne en vue du château ^^ I^ontfort.
^ S« La Rivière d'Auze baigne le cinquième bassin ; née dans *^ ixiontagne de Fontanès, commune du Falgoux, son cours *^ dessine de Test à l'ouest; les villages de Salins et de Brageac *p dominent. Elle forme la cascade de Salins , reçoit le ruisseau ï^Qgeoles et celui de la Champ qui la joignent au bord mé- ►xial et se réunit à la Dordogne près de Ferrières. ^ 0« Le sixième bassin ou celui de la Maronne est l'un des P*^ss importants dans l'hydrographie du Cantal. Cette rivière, ^*^^lixîée vers le sud-ouest jusqu'à la limite du département ï^'^^^^cS sa source à la montagne de Pratmau , dans le haut do ^ ^c>xmnune de Saint-Paul, baigne ce village, le bourg de Saint- ^■"^*^n-Valmeroux et celui de Sainte-Eulalie, atteint les com-
, ^^s de Loupiac, de St-Christophe et de St-Martin-Cantalès,
^■^"^ les chefs- lieux sont voisins de son cours, sert délimite
, ^^partement depuis le pont do l'Estourreau jusqu'à l'extré-
r^^^ de la commune de Roufïiac, continue à serpenter vers
, ^Vi.d-ouest, dans le département de la Corrèzc, prend le nom
^^asteyroux et se jette dans la Dordogne au-dessous d'Ar-
it.
» Le seul courant qui aboutisse à la rive droite de la Maro est la rivière d'Incon , sortie du puy Dondon , commune Drignac; elle serpente du nord au sud-ouest, reçoit le ruis5 de Barriac ou d'Escladines et celui d'Ecliou et joint la Maron aux Estourreaux.
> Les afiluents de cette rivière sont, au contraire, nombre sur la rive gauche. Ainsi le ruisseau du Rat ou de Vieilmu qui prend sa source sur les pentes ouest du Puy-Violen forme une très-haute cascade au Chaumeil, et réuni au Mairi se jette dans la Maronne au Clodar, commune de Pontaages.
» La rivière d*Aspre dont les deux rameaux originaires , Chavaspre et le ruisseau de Chavaroche, prennent naissan le premier au Bois-Noir, commune de Fontanges, le second puy de Granizier, ou de THomme-de-Pierre , même oonunoi^ et qui après avoir baigné Fontanges se réunit à la Maronne p du Cledar. Ensuite c'est le ruisseau de Saint-Remy, puis la B trande venant du puy de Chavaroche. Cette rivière passe Saint-Projet et à Saint-Chamant, en se dirigeant vers l'oue^ elle est grossie par la Doirc qui descend des escarpements l plus élevés de la commune do Tournemire, serpente sous ce vil lage et sous celui de St-Cernin et termine son cours au Rouffet*. Elle reçoit encore la rivière d*Aize ou de Soulane, originaire d la commune d*Anglards et dont les ruisseaux de la Coëno ou du Bruel, de la Vaurette, d*Ayrens, de St-Victor et de Meuoire viennent enfler les eaux. La Bertrande a son embouchure dans la Maronne, à Exponts, commune de Saint-Martin -Cantalès. ^
> Les autres cours d'eau qui affluent à la Maronne, sont : le ^^ % ruisseau do Saint-Rouffy, originaire de Saint-Rames, commune ^^^^^ j do Saint-Santin ; le ruisseau de Cayrou, originaire des environs de Fraux, conmio de Roufïiac; le ruisseau de Vialard né près do Montvert et qui limite le département dans la direction de Test au nord-ouest.
» 7® Vient enfin le vaste bassin de la Cère. Cette rivière prend naissance à la Font-de-Cère (col du Liorant); elle descend dans la direction du sud-ouest, jusqu'auprès de Bex, commune d'Ytrac, remonte ensuite au nord-ouest jusqu'à la limite du département, vers Bousquet , commune de Siran , sépare cette commune de la Corrèze, sur une longueur de 8 kilomètres, en allant du nord-est au sud-ouest, continue son cours ainsi dirige entre
es départements do la Corrèze et du Lot, péuètre entièrement ce dernier département, baigne la belle plaine de Biars et J9a ville de Bretenoux , et se jette dans la Dordogue près de ««sette ville. La Cère a pour principaux affluents sur la rive
roite :
> Le ruisseau de Fournols qui vient du puy de la Poche ; lui de Polminhac et le ruisseau de Maniou, originaire de
Ja montagne de Laforce, près Faliès.
» La Jordane qui descend du puy de Batailleuse, coule parallèlement à la Cère, baigne Mandailles, Saint-Julien, I^scelle, ^aint-Simon, Aurillac, et au-dessous de cette ville, dans !lcs prairies d'Arpajon, se réunit à la Cère.
> La rivière dWuthre qui nait sur la pente de la montagne dos
3lamels, ondule vers le sud-ouest jusqu'aux environs de Jussac,
«'incline au sud jusqu'au-dessous du Pontet, commune d'Ytrac,
<ït s'avance ensuite à l'ouest jusqu'à son embouchure située
^u-dessous de Lacapelle-Viescamp; elle baigne Marmanhac, les
])rairies des villages de Laroq\ievieille et Jussac, et reçoit les
Tuisseaux de Girgols, de Reilhaguet, de Nozelolles ou Rieusec.
La Cèro reçoit encore : le ruisseau d'Auze, déversoir des landes
de Saint-Paul, passant près de ce village et terminant son cours
en face de Saint-Gérons , le ruisseau de Sagnabous, venant
du village de ce nom et j)assant au pont d'Ourgon.
> Les cours d'eau qui atteignent l'autre rive de la Cère sont : le Viaguin qui descend du plomb du Cantal; le ruisseau de Couffins, issu des hauteurs qui avoisinent Vezac; la rivière de Roannes , formée dans les landes des comnmnes do Prunet et de Lacapelle-en-Vezie, par la réunion do plusieurs ruisseaux. La source la plus lointaine de cette rivière est celle do la Croixde-Puoch, commune de I^capelle-de-Fraisse ; elle reçoit le ruisseau des Berties , voisin de Saint-Mary et déverse ses eaux dans la Cère au-dessus de Sansac.
» La Cère est encore alimentée sur cette même rive, par le ruisseau du Montai ou des Moines, sortant de la commune de Roumegoux et passant non loin de Glenat pour aboutir au*dessous de Saint-Gérons, et enlin j)ar la rivière d'Escalmeh qui prend sa source au pied d'une montagne voisine de la Vittarelle, commune de Parlau; elle coule du sud au nord, borne le département, pénètre dans le Lot, regagne la limite du Cantal
et ne l'abandoniie plus qu'à son embouchure , située au-delà de Longuetire, commune de Siran; elle est grossie par le ruisseau de la Ressègue dirigé dans le même sens, et qui arrose la commune de Saury. » (Dict. hist. et statist. du CarUal, 1. 1, p. 316 à 320).
La Dordogne, grossie par les rivières du Cantal, entre dans le département de la Correze où elle poursuit son cours sinueux sur les granités jusqu'à Saint-Martial, puis sur les micachistes et sur les gneiss. Elle entre alors dans le département auquel elle a donné son nom , passe à Bergerac et à Liboume et se jette sur la rive droite de la Gironde au bec d'Ambènc en dessous de Bordeaux.